Jeep Wrangler 2016: Conjuguer l’aventure au passé, au présent et au futur

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2016

Le Jeep Wrangler est l’un de ces véhicules iconiques que tous – même les plus néophytes de l’automobile – reconnaîtront. Bien sûr, tout le monde n’est pas au courant de ses origines qu’on peut retracer jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, et rares sont les gens qui pourraient vous nommer toutes les générations du camion (CJ, YJ, TJ et JK, au cas où vous vous poseriez la question!). Toutefois, même ceux qui ne font pas la différence entre une Toyota Camry et une Mercedes-Benz Classe S pourront immédiatement discerner la silhouette si caractéristique du Wrangler dans la circulation, et vous diront qu’absolument rien ne peut arrêter un Jeep.

Conserver l’ADN intact

Voilà le plus grand dilemme de son manufacturier : chaque refonte, chaque modification doivent être longuement réfléchies pour ne pas nuire à l’image du Wrangler (on se rappelle lorsque la variante à quatre portières avait été lancée, plusieurs avaient crié au sacrilège). Voilà pourquoi, pour le meilleur et pour le pire, ce Jeep est carrément vétuste sur certains points : il est l’un des derniers à faire usage d’essieux rigides à l’avant et à l’arrière, par exemple; une technologie datant de l’époque des charrettes. Vrai que celle-ci permet au véhicule de grimper un flanc montagneux facilement, mais elle ne fait rien pour dorloter ses occupants...

Sur d’autres points cependant, le JK (le nom de la génération actuelle du Wrangler) fait preuve de modernité : depuis quelques années, il a droit à un moteur V6 Pentastar de 3,6 litres générant 285 chevaux et 260 livres-pied de couple. Cette motorisation (couplée à une boîte manuelle à six rapports ou à une automatique à cinq rapports) peut propulser le Wrangler avec autorité; en revanche, elle le fera au coût d’une consommation élevée — 14,1 litres aux 100 km en ville, selon le constructeur.

Un Jeep, ça décoiffe

Lorsque la température le permet, le Wrangler vous démontrera l’un de ses meilleurs atouts : il vient de série avec un toit amovible (mou sur les versions d’entrée de gamme, rigide sur les versions plus équipées), vous permettant de profiter du soleil et du vent sans obstructions. Comme à la belle époque, il est aussi possible d’enlever les portières et de rabattre le pare-brise, quoique cette opération demande plus de temps. Le Jeep Wrangler est d’ailleurs le seul de sa catégorie – mieux, le seul véhicule sur le marché — à offrir le plaisir d’une décapotable allié à la praticité d’un 4x4 et l’espace d’un quatre portes.

Quatre versions sont proposées, chacune en variante 2 ou 4 portes : la finition Sport se veut le Jeep dénudé, offrant l’expérience Wrangler à sa plus simple expression. Ici, pas de climatiseur et des roues de 16 pouces sont au programme. Si vous avez peur d’avoir trop chaud, il est possible de vous tourner vers le Sport S, qui ajoute la climatisation ainsi que des roues chromées et un volant garni de cuir. Vient ensuite le modèle Sahara, qui vous donne droit à des sièges en cuir, un système audio Alpine, des roues de 18 pouces et des ailes assorties à la couleur de la carrosserie, entre autres choses. Finalement, les fanatiques de conduite hors route craqueront pour le Rubicon, qui offre un rapport de pont plus approprié pour grimper une montagne, un essieu Dana 44 à l’avant, des protections supplémentaires sous le châssis ainsi qu’un dispositif déconnectant la barre stabilisatrice avant, donnant plus d’articulation à votre suspension. Par contre, ce modèle compromet considérablement l’économie d’essence et le confort.

Conduire un Wrangler est une expérience différente des autres véhicules qu’il m’a été donné d’essayer : on s’y sent puissant et en contrôle, dominant la circulation. La direction n’est pas très communicative et présente un flou assez notoire au centre, mais ce sont là des caractéristiques qui sont positives pour un véhicule hors route. La visibilité est bonne puisque toutes les surfaces vitrées sont rectangulaires et à angles droits, mais il faut noter que la vue arrière est handicapée par le pneu de secours. Finalement, on ne peut taire le fait que le toit en tissu n’est pas parfaitement étanche, ce qui peut surprendre lorsqu’on passe au lave-auto…

Le meilleur est à venir…?

Le Wrangler est appelé à changer sous peu; victime des temps modernes, il pourrait perdre son châssis de type  échelle, son moteur V6 et peut-être même passer à l’aluminium pour sa carrosserie. Rien n’est confirmé pour l’instant, mais si ces rumeurs s’avèrent exactes, le monde de l’automobile perdrait une de ses reliques… et ce serait bien dommage, puisque les défauts du Jeep Wrangler ne font qu’exacerber ses qualités.

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