Dodge Charger 2016: Jouer la carte de l’agressivité

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2016

La berline grand format Charger a été redessinée en 2015 et, quand on l’aperçoit pour la première fois, on a l’impression qu’elle a été soumise à un rituel vaudou pour lui donner une allure « plus méchante ». Alors que d’autres fabricants automobiles tablent de plus en plus sur la conformité stylistique, la Charger poursuit son chemin en accentuant le côté féroce qui lui permet de se distinguer de ses rivales depuis des années. Ajoutez à cela la version ultra haute performance SRT Hellcat disponible depuis 2015, en plus des versions haute performance plus « raisonnables » comme les Scat Pack et SRT 392, et vous vous retrouvez avec un choix unique et séduisant de véhicules à quatre portières pour trimbaler la famille.

La différence est dans les détails

La nouvelle Dodge Charger conserve le même look d’ensemble, mais en réalité presque tous les panneaux de carrosserie ont été renouvelés (seuls ceux du toit et des portières arrière proviennent de l’édition 2014). On remarque aussi de nombreux détails très réussis, notamment la nouvelle calandre encastrée et les pare-chocs redessinés à l’avant et à l’arrière. Il faut aussi souligner le talent des designers de Dodge pour peindre avec la lumière : grâce à une utilisation généreuse des DEL, les modèles précédents affichaient déjà une présence nocturne distinctive. Sur la Hellcat, l’allure menaçante est renforcée par le capot galbé, l’aileron arrière et les prises d’air qui donnent un style encore plus musclé.

À l’intérieur, les améliorations sont encore plus marquées. On peut opter pour un revêtement en cuir avec coutures spéciales pour ajouter une touche de classe aux sièges extra enveloppants de la Hellcat. Toutes les déclinaisons ont droit à une nouvelle planche de bord, un nouveau bloc d’instrumentation et des matériaux améliorés partout dans le spacieux habitacle. De nombreux dispositifs de sécurité évolués sont disponibles, notamment un avertisseur de collision avant (couplé au régulateur de vitesse adaptatif) et des avertisseurs d’angle mort et de changement de voie. Il y a quelques années seulement, ces dispositifs étaient réservés exclusivement aux voitures de luxe. 

Douce, épicée ou très piquante

La grande majorité des Charger vendues au Canada seront propulsées par le moteur de base, un V6 de 3,6 litres qui produit jusqu’à 300 chevaux (en version Rallye avec double échappement) et jusqu’à 264 lb-pi de couple. Mais ce n’est pas tout. Contrairement aux autres berlines de cette catégorie, la Charger peut aussi être dotée de trois différents V8 pour combler les attentes des amateurs de performances. Avec la R/T, on obtient un moulin de 5,7 litres (370 chevaux, 395 lb-pi). Avec les versions Scat Pack et SRT 392, le V8 passe à 6,4 litres (485 chevaux, 475 lb-pi). Quant à la Hellcat, son moteur de 6,2 litres suralimenté produit pas moins de 707 chevaux, et un couple de 650 lb-pi. Il s’agit du moteur huit cylindres de production le plus puissant au monde. Toutes les Charger sont maintenant livrées de série avec une boîte automatique à huit rapports. La transmission intégrale demeure offerte en option, mais seulement pour les modèles à moteur six cylindres (à cause des faibles volumes de vente, la R/T n’est plus disponible avec le rouage intégral).

Si jamais l’envie vous prenait d’emmener votre Charger sur une piste de course, sachez que les versions SRT 392 et Scat Pack offrent un assortiment d’équipements incluant des freins plus gros, un dispositif de départs-canon et une suspension améliorée. Avec la Hellcat, on obtient un châssis modifié pour encore plus de rigidité, un choix de modes de conduite et une panoplie de dispositifs électroniques d’aide à la conduite. Avec des pneus appropriés, on peut réussir des accélérations de 0 à 100 km/h qui avoisinent les quatre secondes. Mais pour ce faire, vous devrez vous exercer abondamment parce que la puissance est livrée de façon explosive, c’est le moins que l’on puisse dire.

La Charger consolide fermement la position de Dodge en tant que marque de performance chez FCA. Elle crée un mouvement d’intérêt certain pour un modèle qui, l’année précédente, n’aurait peut-être pas été en haut de la liste pour bien des acheteurs. Plus important encore, cette Charger a ce qu’il faut pour soutenir le battage médiatique qu’elle reçoit, même dans le cas des modèles plus abordables. En additionnant les améliorations en matière d’aménagement intérieur, la liste d’équipements et le choix de groupes motopropulseurs, on se retrouve avec une gamme particulièrement intéressante pour ceux qui en ont assez des berlines trop ternes.

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