Alfa Romeo 4C 2016: Reculez! Elle mord!

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2016

Quand un manufacturier souhaite réintégrer un créneau qu’il a abandonné il y a longtemps, il opte habituellement pour l’une des deux voies suivantes : construire un modèle grand public abordable, ou faire un coup d’éclat en lançant une machine spectaculaire que peu d’autres marques oseraient présenter. De toute évidence, Alfa Romeo a choisi la deuxième option pour sa 4C.

Cette voiture constitue une excellente réponse à la question : que conduiriez-vous si vos seuls critères étaient une tenue de route super aiguisée et un look exotique saisissant? La 4C affiche une personnalité impertinente et indéniablement remarquable, mais qu’a-t-elle d’autre à offrir pour se distinguer du peloton des voitures sportives?

Du caractère à revendre

Le caractère est un aspect que l’on néglige souvent lors de l’évaluation des automobiles modernes de haute performance. Chose certaine, la 4C n’en manque pas. Précisons qu’elle est résolument non fonctionnelle en tant que véhicule de tous les jours : elle n’a pas de coffre digne de ce nom (seulement une cavité sous le hayon, coincée entre le pare-chocs et le moteur central), les rebords de la caisse structurelle en fibre de carbone sont tellement larges qu’on a peine à prendre place, et les sièges ne s’inclinent pas du tout parce que... il n’y a pas assez de place pour les incliner.

Le caractère affirmé de la 4C continue à se manifester une fois qu’on a appuyé sur le bouton de démarrage. La boîte automatisée à six rapports avec double embrayage n’a pas de position « Park », ce qui fait que le coupé se déplace selon la pente du sol dès qu’on enlève le pied de la pédale de frein. La direction n’est pas assistée, ce qui vous permettra de développer la force musculaire d’un débardeur au niveau des épaules en conduite à moins de 10 km/h. Quant au système d’échappement, il est constitué d’un simple tube qui va des collecteurs d’échappement aux sorties arrière : pas de silencieux final, pas de « résonateur » intermédiaire, rien! Voilà qui complique les discussions philosophiques avec votre passager quand la 4C roule à bonne vitesse.

Ça vaut le coup

Vous vous souvenez de ce coloc un peu étrange que vous tolériez parce qu’il vous trouvait toujours des billets pour les parties des Canadiens? Tout ce qui rend l’Alfa Romeo 4C si terrible pour un usage au quotidien disparaît instantanément quand vous réalisez que c’est précisément cela qui vous permet de vivre une expérience à haute teneur en adrénaline, comme on en vit de moins en moins à bord des voitures sportives modernes.

Des boutons dans la console centrale permettent de choisir entre trois modes de conduite : dynamique, naturel et tous climats. Choisissez le mode dynamique et vous voilà prêt à utiliser les palettes au volant afin de monter les rapports. Votre récompense : faire grimper le régime du quatre cylindres turbo de 1,75 litre jusqu’à la zone rouge. Avec ses 237 chevaux et son couple de 258 lb-pi, le moteur propulse la 4C avec autorité, et peut accélérer de 0 à 100 km/h en 4,5 secondes. Le tout avec la trame sonore impétueuse du turbocompresseur qui s’emballe juste derrière votre tête. Les amateurs du genre seront comblés.

Le plaisir viscéral engendré par cette Alfa Romeo est renforcé par le sentiment intense de connexion à la route. Cet attribut provient en bonne partie de la légèreté de la machine, et du fait que la direction n’est pas assistée, comme nous avons mentionné plus tôt. La répartition du poids est légèrement accentuée vers l’arrière (9 % de plus), ce qui permet à la 4C de sortir des virages comme si elle était propulsée par un lance-pierre tandis que ses pneus de 19 pouces s’agrippent à la route avec fureur. Il n’y a que la pédale de frein, à la réponse sèche, qui ne donne pas le même feedback sensationnel que le reste de la mécanique.

Au lieu d’essayer de fabriquer une voiture sport parfaite, Alfa Romeo a décidé de construire une machine avec une personnalité extrêmement affirmée, un bolide d’à peine 1 000 kg prêt à dévorer la route. Il n’est pas exagéré de dire qu’avec sa carrosserie de fibre de verre aux lignes sculpturales, la 4C est l’un des plus beaux véhicules disponibles au pays. Et à l’usage, on réalise que son caractère particulièrement aiguisé est au diapason de son look impressionnant, ce qui fait ombrage à plusieurs de ses rivales hautes performances nettement plus raisonnables, mais moins électrisantes.

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