Ford Mustang 2016: Vitesse au sol ou supersonique?

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2016

À part sans doute dans leurs versions sans prétention, un grand nombre des Ford Mustang les plus ambitieuses passent la majeure partie de l’hiver bien au chaud, loin de la neige et de tout ce qu’elle comporte d’irritants pour des voitures à propulsion gonflées de chevaux-vapeur. Je me demande toujours d’où vient cette vilaine habitude quand on sait que nos grands-pères, il y a moult années, roulaient hiver comme été avec des propulsions sans en faire un drame pour la simple raison qu’il n’y avait rien d’autre sur le marché. Ce n’est pourtant pas si dramatique, surtout depuis l’avènement de toute cette panoplie d’anti ceci et cela qui vous oblige pratiquement à faire exprès de sortir de la route.

Je viens d’en avoir la preuve en ayant à faire l’essai d’une Ford Mustang GT de dernière génération, d’un jaune flamboyant, juste après une solide chute de neige. Je mentirais si je vous disais que la voiture se comportait tel un chasse-neige. Elle exige évidemment une adaptation aux conditions du moment, mais on est loin de la voiture suicide. 

Ground Speed

Cela dit, je m’empresse de féliciter Ford pour le sens de l’humour dont elle a fait preuve en inscrivant au bas de l’indicateur de vitesse les mots ground speed (vitesse au sol), comme pour laisser entendre que la voiture passe ensuite en mode supersonique. Cela rappelle le mode Insane de la Tesla Model S P85D. J’en profite pour préciser que le jeu de mots de Ford ne s’applique pas aux Mustang d’entrée de gamme, comme la version à moteur 4 cylindres turbo de 2,3 litres ou celle dotée d’un V6 de 3,7 litres, développant respectivement 310 et 300 chevaux. Ces deux groupes propulseurs n’en donnent pas moins du tonus à la Mustang pour ceux qui ne passent pas leur fin de semaine sur la piste d’accélération. Autre petite attention au département des gadgets, cette projection  lumineuse d’un pur-sang au sol quand on ouvre la portière. 

Pour les adorateurs de la Mustang, le V8 de la version GT est un incontournable tandis que les plus endurcis resteront aux aguets en attente des versions Shelby dont l’une estvcoiffée d’un V8 de 5,2 litres de 526 chevaux. Mais laissez-moi vous dire tout de suite que les 435 chevaux qui s’abritent sous le capot de la GT sont d’un commerce agréable, même en hiver. Je m’attendais d’avoir à me battre avec un engin furieux incapable de rester en ligne droite. Or, Ford a mis au point une Mustang civilisée, d’un raffinement certain, et ce, à tous paliers de son comportement. Elle étrenne notamment une suspension arrière à roues indépendantes qui a d’heureuses répercussions, tant sur la tenue de route que le confort. Même la boîte de vitesses manuelle à 6 rapports est d’un maniement moins ardu qu’auparavant. J’ai même pu la comparer à la Porsche 911 essayée la semaine précédente et elle devance sa rivale allemande en matière de facilité d’utilisation, ce qui n’est pas peu dire. Seule la proximité des rapports intermédiaires (3e et 4e) est quelquefois délicate.

Un moteur en feu

Sur de rares portions de route non enneigées, le moteur ne vous emporte peut-être pas à une vitesse supersonique, mais il donne l’impression d’être en feu avec un punch délectable. La réponse à l’accélérateur est immédiate à tous les régimes. Quatre modes de réglage peuvent être programmés: Normal, Sport, Track (piste) et Snow-wet (neige-pluie). Qu’en est-il du confort, un rayon où la Mustang GT n’a jamais fait de conquêtes? Disons qu’il est en progrès et que les sièges Recaro contribuent grandement à faire oublier la fatigue des longs parcours, tout comme la baisse du niveau sonore dans le coupé. Les places arrière sont le royaume d’enfants pas trop précoces tandis que le mécanisme servant à rabattre le dossier est une horreur à manipuler.

Le tableau de bord brille par son originalité, mais hélas, pas par la qualité des matériaux employés. La similifibre de carbone se détecte facilement. L’écran central recèle un tas de fonctions dont l’utilisation a été simplifiée. 

Il y aurait encore beaucoup à dire sur cette nouvelle génération de Mustang, mais, faute d’espace, je me contenterai de souligner qu’étant l’un des seuls à les avoir vu toutes passer, c’est de loin la mieux réussie. Le prix d’une GT raisonnablement équipée n’est pas si loin de celui de la nouvelle Corvette, ce qui pourrait bien lui valoir quelques infidélités. Mais comme le voulait une ancienne publicité, « c’est plus cher, mais c’est plus que du bonbon ». 

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