Maserati Ghibli 2016 : une autre vision du luxe

Points forts
  • Lignes sensuelles
  • Prestige intact
  • Sièges avant très confortables
  • Belle sonorité en accélération
  • Tenue de route de haut calibre
Points faibles
  • Fiabilité douteuse
  • Valeur de revente tout aussi douteuse
  • Beaucoup de pièces Chrysler/Dodge
  • Comportement pourrait être plus agressif
  • Rapport prix/équipement déficient
Évaluation complète

La marque Maserati, après avoir longtemps été l’enfant pauvre du groupe Fiat (avant qu’il devienne FCA – Fiat Chrysler Automobiles), ne veut plus jouer les seconds violons. Pour épauler les imposantes, et dispendieuses, Quattroporte et GranTurismo, l’auguste marque italienne peut maintenant compter sur la plus raisonnable Ghibli. Et d’ici quelques mois, le VUS Levante, le premier de la marque, devrait amener beaucoup de dollars dans les coffres de Maserati. En attendant, nous avons fait l’essai de la Ghibli.

Selon moi, la Ghibli n’est pas la plus belle berline intermédiaire de luxe. Les Audi A6, Cadillac CTS ou Mercedes-Benz CLS sont au moins aussi jolies. Mais aucune n’a le charme et l’élégance de la Ghibli. Les Italiens savent mettre de l’émotion dans le design de leurs automobiles.

Ça se gâte un peu dans l’habitacle. Le conducteur d’un Ram 1500 n’y serait pas dépaysé tant l’association Fiat Chrysler est évidente. Il n’y a qu’à regarder le système d’infodivertissement Uconnect, baptisé ici Maserati Touch Control, pour s’en convaincre. Remarquez qu’il est mieux d’avoir un Uconnect qui fonctionne à merveille qu’un système maison italien inévitablement complexe. Et sans doute peu fiable.

Les sièges avant de la Maserati Ghibli 2016 procurent un excellent confort même s’ils offrent peu de possibilités d’ajustements. À l’arrière aussi, ils s’avèrent confortables, néanmoins, j’aimerais mieux voyager en Mitsubishi Mirage plutôt que de me taper la place centrale, entravée par un tunnel d’arbre de transmission d’une dimension olympique.

Photo: Alain Morin

404 chevaux, quand même

« Notre » Ghibli était dotée d’un V6 3,0 litres biturbo développant 404 chevaux et un couple de 406 livres-pied dès 1 750 tr/min, lequel était marié à une automatique ZF à huit rapports. Le rouage intégral était de mise puisqu’il s’agissait de la version S Q4 (S pour Sport j’imagine, et Q4 pour indiquer la présence des quatre roues motrices). Malgré un poids de 1 870 kilos, on s’attend à ce que les 404 chevaux amènent des performances époustouflantes, cependant, le chrono relativise les choses… Le meilleur 0-100 km/h que j’ai pu obtenir est 5,7 secondes, et il n’y a pas de mode Lancement. Ou s’il y en a un, il est bien caché. Une reprise entre 80 et 120 km/h prend, au mieux, 3,4 secondes. Ces données sont bien, très bien même, mais de nos jours, nombre de berlines les égalent. Un arrêt catastrophe à partir de 100 km/h se fait en 38,6 mètres, une distance tout à fait honorable. En passant, la Ghibli de base dispose du même moteur, mais il livre « seulement » 345 chevaux.

Les accélérations se font dans une exquise sonorité de l’échappement, surtout en mode Sport. La boîte de vitesses fonctionne avec douceur et se retrouve toujours sur le bon rapport. Elle gagnerait toutefois à être à double embrayage. Les palettes situées derrière le volant sont de bonnes dimensions et tombent sous la main. Cependant, le levier des clignotants est trop court et il faut apprendre à contourner la palette gauche pour l’atteindre. Pour une personne avec des doigts courts, cela pourrait devenir un irritant.

La direction est précise et procure un très bon retour d’information de la route. Or, elle le fait peut-être même un peu trop… Chaque passage de bosses et de trous était fidèlement transmis dans le volant, un peu comme s’il manquait une rondelle de caoutchouc (un bushing, en bon français) ou comme si les pneus avaient été beaucoup trop gonflés, ce qui n’était pas le cas. Si j’avais été propriétaire de la voiture, je serais retourné chez le concessionnaire immédiatement. Ce problème n’affectait sans doute que notre exemplaire... Souhaitons-le! Parlant des pneus, il s’agissait des optionnels Pirelli P Zero 245/40R20 à l’avant et 285/35R20 à l’arrière, entourant de superbes jantes Urano.

Photo: Alain Morin

Il manque un mode

Heureusement, la tenue de route est à la hauteur de la réputation des bagnoles sport italiennes. En courbe, on dénote peu de roulis. Si l’on pousse trop, l’avant glisse, un comportement typique des voitures à rouage intégral, mais il le fait de façon progressive et il suffit de relâcher lentement l’accélérateur pour corriger le problème. Par contre, en pilotant vigoureusement en mode Sport, le rouage intégral se comporte davantage comme une propulsion et il est alors facile de faire décrocher les roues arrière. Malgré tout, dans une voiture de plus de 400 chevaux dotée d’un excellent châssis, on aurait apprécié un mode Sport+ plus agressif.

Tout ça, c’est bien beau, mais il y a un prix à payer… Si l’on se fie au configurateur du site Maserati Canada, notre exemplaire, équipé comme il l’était, valait la rondelette somme de 104 145 $. Et à ce prix-là, il n’y a pas de régulateur de vitesse adaptatif, pas de sièges climatisés, d’assistance précollision ou de Launch control, et j’en passe… En plus, je doute énormément de la valeur de revente d’une Maserati.

Si vous désirez une voiture qui vous en offre pour votre argent, fuyez la Maserati Ghibli S Q4 2016. Si, par contre, vous aimez les belles mécaniques qui ont une belle sonorité, si vous appréciez les subtilités du design italien et si vous désirez conduire une voiture exclusive, cette Maserati est pour vous!

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