Ford Taurus, au diable les préjugés

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2009

Nous sommes tous victimes de préjugés. Et tous, nous avons, à des niveaux plus ou moins élevés, des préjugés. Que ce soit envers un type de personnes, une chaîne de magasins, une ville ou une marque d’automobile. Une des marques les plus victimes de cet ostracisme est Ford. Il est vrai qu’on peut reprocher beaucoup de choses, et des pas belles, à Ford mais si des tests à l’aveugle étaient faits, nous serions sans doute surpris des résultats. Les produits Ford risqueraient de terminer en meilleure position !

La Ford Taurus (ex Five-Hundred) souffre beaucoup à cause de son écusson ovale qu’elle affiche avec évidence. Cette voiture fait partie d’une catégorie en voie de disparition, celle des berlines grand format. Pourtant, plusieurs personnes aiment les voitures qui offrent beaucoup d’espace, autant pour les humains que pour leurs bagages, et qui peuvent effectuer le trajet Québec-Floride dans un confort très relevé. Donc, la Taurus s’adresse à un public assez âgé pour apprécier ses belles qualités.

La Ford Taurus est une berline imposante et son style sobre lui donne des airs de « char de police », surtout lorsqu’elle est de couleur foncée. La ligne de toit arquée amène à penser à une Volkswagen Passat, ce qui est loin d’être une insulte. En fait, je trouve que la Taurus est plus agréable à regarder en « personne » que sur papier. La qualité de la finition varie énormément d’une voiture à l’autre mais, dans l’ensemble, on note une amélioration année après année. Par contre, il est très difficile de trouver une Taurus (ou n’importe quel produit Ford) qui affiche des interstices égaux entre les panneaux de la carrosserie.

Parle plus fort, t'es trop loin...

L’habitacle de la Taurus est vaste, c’est le moins qu’on puisse dire. Franchement, il y a des autobus qui riraient jaune s’ils voyaient un tel habitacle ! Trois adultes peuvent d’ailleurs s’assoir sur la banquette arrière sans aucun problème, même si la place centrale est un peu moins douillette car assez dure. Et avec les sièges avant reculés au maximum, il reste assez d’espace pour se dégourdir les genoux. À l’avant, les sièges sont confortables mais j’ai eu passablement de difficultés à trouver une bonne position de conduite même si le siège s’ajuste de plusieurs façons et que le pédalier est réglable en profondeur. Il faut noter que ce siège peut reculer très loin et ainsi accueillir des géants. Le volant, puisque vous me le demandez, est un tantinet trop grand à mon goût. Esthétiquement, le tableau de bord est sobre mais le petit écran avisant du statut du coussin gonflable du passager, placé en plein centre, à droite de la planche de bois, ressemble à un élément oublié, foutu là à la dernière minute.

Parlant de choses très ordinaires, soulignons que le vert blafard des jauges lorsqu’on roule la nuit fait dans le très ordinaire, merci. Quant à l’écran digital GPS, si la voiture en est dotée, le moindre rayon de soleil le met K.O. et on voit alors beaucoup plus les traces de doigts que l’information ! Malgré tout, la finition de l’habitacle de notre Taurus d’essai était mieux réussie que celle de la carrosserie et la plupart des matériaux sont de bonne qualité même si, parfois, ils ne paient pas de mine. Le coffre mériterait une page à lui seul tellement il est vaste ! Il est à peu près impossible de l’emplir complètement ! Si le seuil est un peu trop élevé, l’ouverture, elle, possède des dimensions impressionnantes. Les dossiers des sièges arrière s’abaissent mais ne forment pas un fond plat. Il est aussi possible de replier le dossier du siège du passager avant pour transporter de très longs objets.

Il ne faudrait pas oublier le moteur

Il faut admettre que le V6 3,5 litres fait un excellent boulot, épaulé par une transmission automatique à six rapports, s.v.p. Ce moteur de 263 chevaux et 249 livres-pied de couple assure à la Taurus des performances très correctes. S’il était un peu moins gourmand, personne ne s’en formaliserait. Durant notre essai, nous avons obtenu une moyenne de 12,8 litres aux cent kilomètres. Heureusement, comme sur la plupart des voitures américaines, il carbure à l’essence régulière. La transmission fonctionne avec une grande douceur même si elle ne semble pas trop apprécier le travail vite fait. La Taurus se décline en quatre modèles, soit SEL et Limited ainsi que SEL AWD et Limited AWD. Les SEL et Limited sont des tractions et les autres sont des versions à rouage intégral. Ce rouage n’ajoute que 85 kilos à la voiture, ce qui est bien peu par rapport aux avantages évidents qu’il apporte durant la blanche saison.

Conduire une Ford Taurus n’est pas une expérience dont on se souviendra longtemps. La direction est trop assistée et manque de précision, les suspensions sont très confortables, l’habitacle est silencieux. Franchement, on croirait lire les caractéristiques d’une Lincoln 1979 ! D’un autre côté, la Taurus affiche un comportement routier très contemporain. Elle négocie les virages avec aplomb, sans trop de roulis et sa stabilité en ligne droite impressionne. Les freins, malheureusement, présentent une pédale molle et des distances d’arrêt, en situation d’urgence, un peu longues. Il est fort possible que dès l’an prochain, la Taurus ait droit à une refonte majeure. Au passage, elle pourrait bénéficier d’un moteur Ecoboost. Il s’agit d’une nouvelle génération de moteurs Ford de plus petite cylindrée, turbocompressés et munis de l’injection directe de carburant. C’est, à mon avis, la plus belle chose qui pourrait arriver à la Taurus. En souhaitant sincèrement qu’elle demeure au catalogue.

FEU VERT

Habitacle très vaste
Comportement routier serein
Possibilité d’un rouage intégral
Coffre immense
Excellente visibilité

FEU ROUGE

Lignes soporifiques
Direction trop assistée
Consommation un zeste trop élevée
Finition aléatoire
Dimensions encombrantes

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