Audi S4 2018 : la bête docile

Points forts
  • Moteur à la fois puissant et peu énergivore
  • Finition de l’habitacle impeccable
  • Excellent comportement routier
Points faibles
  • Abandon de la boîte manuelle
  • Commandes MMI mal situées
  • Apparence peut-être un peu trop sobre pour certains
Évaluation complète

FRANCFORT (Allemagne) – On aime les belles voitures, on aime la puissance, on aime le luxe, mais on ne veut pas se faire brasser la cage dans une auto sport peu confortable et peu pratique. Audi nous propose alors sa nouvelle berline sport compacte, la S4 2018.

Vous avez bien lu, on a roulé une 2018. En fait, la nouvelle Audi S4 sera mise en vente en Europe cet été, et fidèle à son habitude, le constructeur allemand attendra au début de 2017 avant d’en empiler sur un bateau en route pour l’Amérique. À ce moment-là, ça sera une cuvée 2018.

Ses rivales se nomment Cadillac ATS-V, BMW 340i, Jaguar XF S, Mercedes-Benz C 450 AMG Sport, Volvo S60 Polestar et Infiniti Q50 Red Sport 400. C’est loin d’être des pieds de céleri.

Par contre, la nouvelle S4 est un excellent exemple de voiture rapide, soigneusement finie, et belle sans être trop voyante. Comme l’actuelle S4, mais en mieux, évidemment. Et l'on a pu découvrir ses talents sur les routes de campagne autour de Francfort.

Au revoir supercharger, bonjour turbo

On voit rarement un constructeur introduire une nouvelle génération de voitures avec une motorisation moins puissante, surtout une marque de luxe allemande. Pourtant, Audi l’a fait avec les dernières S4 et S5, troquant leur merveilleux V8 atmosphérique pour un V6 suralimenté de 333 chevaux. On cherchait à réduire sa consommation d’essence, et aussi à diminuer les émissions polluantes, un détail important pour le marché européen.

Cette fois-ci, on augmente le nombre de chevaux-vapeur et on réduit la consommation encore plus, grâce à une nouvelle motorisation. À la base, c’est le V6 de 3,0 litres de l’actuelle S4, mais il a été sérieusement remanié avec, selon Audi, quelque 800 modifications. On a jeté au recyclage le compresseur volumétrique pour le remplacer par un turbocompresseur, et tant qu’à ouvrir le moteur, les ingénieurs ont installé de nouvelles culasses de cylindre, un collecteur d’admission intégré ainsi qu’un nouveau procédé de combustion.

Le résultat, c’est une puissance de 354 chevaux métriques et un couple de 369 livres-pied qui s’exprime à partir de 1 370 tr/min. En passant, c’est le même nombre de chevaux que procurait l’ancien V8 de 4,2 litres dans la S5 avant de passer au V6 suralimenté, alors on s’est rattrapé là-dessus. Le nouveau V6 3.0 TFSI se déchaîne dès le démarrage et achemine sa puissance aux quatre roues par l’entremise d’une boîte automatique à huit rapports. On pleure toutefois l’abandon de la boîte manuelle dans l'Audi S4 2018.

Notre pied droit au plancher, le système de conduite réglé au mode Dynamic, le V6 turbo laisse déferler de son échappement — aux quadruples embouts chromés — une sonorité riche et agressive, rouspétant à chaque montée en rapport. On s’ennuie toujours de la trame sonore du vieux V8, mais bon, à un moment donné, il faut s’en remettre. En revanche, le nouveau moteur de la S4 peut être docile aussi, quand on ne veut pas nécessairement attirer l’attention. Audi avance un chrono de 4,7 secondes pour boucler le 0-100 km/h, et une consommation de 7,3 l/100 km pour les versions européennes; on s’attend à ce que la cote mixte au Canada se situe plutôt aux alentours de 9,5 l/100 km.

Le fonctionnement du nouveau système quattro, introduit dans la plus récente génération de la A4 maintenant en vente au Canada en formats berline et familiale A4 allroad, diffère un peu dans le cas de la S4. Ici, le rouage envoie 60% du couple moteur aux roues arrière, et 40% à l’avant, pour une conduite plus dynamique. Toutefois, lorsque le système détecte une perte d’adhérence, il peut redistribuer jusqu’à 85% de la puissance disponible soit aux roues avant, soit aux roues arrière.

De plus, un différentiel sport est offert en option dans les S4 européennes, lequel répartit la puissance entre les deux roues arrière, si jamais l'une d’entre elles perd son adhérence alors qu’on lance la voiture dans les courbes. Pour l’instant, Audi n’a pas encore décidé si ce dispositif équiperait les S4 au Canada, que ce soit de série ou en option.

Quand même, la S4 tient la route comme elle se doit. La direction est très bien dosée, selon le monde de conduite choisi, et lorsque l’on a envie de se payer la traite sur les routes sinueuses loin de la ville, la voiture colle à la route, grâce à sa nouvelle plateforme qui semble extrêmement bien équilibrée.

Par rapport à la A4, la caisse de la S4 a été abaissée de 23 mm pour réduire le roulis, et des amortisseurs à réglage automatique sont offerts en option, notre voiture d’essai en était d'ailleurs équipée. Toutefois, il faudra attendre de conduire la S4 sur nos routes concassées du Québec avant de se prononcer sur le confort de roulement. En Allemagne, toutes les routes sont belles.

Habillée chez le tailleur

La S4 profite d’une apparence musclée et taillée au couteau, sans être extrovertie comme certaines de ses rivales. Elle dispose de quelques couleurs exclusives auxquelles les A4 plébéiennes n’ont pas droit, comme le rouge Misano et le bleu Navarro. Par contre, il sera difficile de distinguer la S4 d’une A4 munie d’un ensemble S line.

Comme dans tout produit Audi, on ne s’attend à rien de moins qu’un habitacle doté d’une finition soignée, et à cet égard, l'Audi S4 2018 ne déçoit pas. Le tableau de bord et les panneaux de porte sont rehaussés de garnitures en aluminium et en Alcantara, la qualité des plastiques est évidemment irréprochable, et les commandes sont d'une sensation de solidité absolue. Les sièges — garnis d'un cuir doté d'un motif matalassé, très chic — sont très bien sculptés pour la conduite sportive.

À l’instar des autres récents produits de la marque, la S4 disposera de l’affichage numérique Audi virtual cockpit, avec son écran configurable de 12,3 pouces. L’écran installé sur le dessus de la planche de bord est également d'une bonne dimension, et le système MMI se contrôle bien avec la molette multifonction ainsi qu'avec les quelques boutons l’entourant. Malheureusement, ces commandes sont placées devant le levier de vitesses, et l’on doit étendre le bras pour les toucher. Au moins, Audi a finalement compris qu’il n’y a rien de plus convivial que des rhéostats pour régler la température.

Enfin, le coffre est volumineux pour une compacte avec un volume de 480 litres. Pour encore plus de polyvalence, il y a aussi l'Audi S4 Avant, la familiale, mais on ne l’aura tristement pas au Canada. Il n’y a que les journalistes automobiles qui tripent sur les familiales, le reste de la population préfère les VUS. On finira bien par vous convaincre…

Bon, combien coûte ce bijou de petite berline sportive? Aucune idée. Audi Canada prendra le temps de négocier le PDSF avec la maison-mère d’ici à ce que la S4 apparaisse chez ses concessionnaires (pardon, les terminaux Audi). D’ici là, on ne peut que supposer un prix d’environ 58 000 $, soit un peu plus que la S4 actuelle. Ça serait également un tarif concurrentiel par rapport à ses rivales, qui possèdent toutes de belles qualités dynamiques, de beaux habitacles et des motorisations puissantes. Toutefois, pour l’ensemble de l’œuvre, la S4 sera difficile à battre.

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