Chrysler Sebring, pas facile d'être pauvre

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2009

Jonglant depuis quelques années avec d’importantes coupures de budget, les ingénieurs et designers de Chrysler doivent faire beaucoup avec bien peu. La Sebring de deuxième génération, apparue en 2007, est issue de ce très fragile moule. Pourtant, on ne peut pas dire que la gamme Sebring soit réduite puisqu’elle propose une berline, un cabriolet avec un choix de deux toits, trois moteurs et deux transmissions ! Pas mal, non ?

Tout d’abord, autant la berline que le cabriolet se déclinent en livrées LX, Touring et Limited. Le moteur de base, un quatre cylindres de 2,4 litres de 173 chevaux, se retrouve sur la version LX. Il est accolé à une transmission automatique à quatre rapports. On ne peut pas dire que ce tandem soit le mieux réussi puisque la Sebring est une voiture assez lourde (1 500 kilos). Et ça, c’est pour la berline. Ajoutez 200 kilos pour la décapotable !

Vient ensuite un petit V6 de 2,7 litres qui développe 190 chevaux. Déjà plus en verve que son collègue à quatre cylindres, sa consommation d’essence n’est pas beaucoup plus élevée. Dommage qu’il soit, lui aussi, marié à l’automatique à quatre rapports. Une cinq ou, mieux, six rapports contribuerait à réduire la consommation et le niveau sonore. Ce groupe se retrouve d’office dans la livrée Touring. Cette dernière peut aussi recevoir, en option, un V6 de 3,5 litres, nettement plus puissant avec ses 235 chevaux. Ici, la transmission possède six rapports et il est possible de passer les vitesses manuellement, même si on se lasse vite de ce gadget, surtout utile lorsqu’une remorque est tirée. Habituellement, les données de consommation de Transport Canada sont assez optimistes. Pour mieux refléter la réalité, nous inscrivons toujours la consommation urbaine dans nos fiches techniques. Pour une rare fois, cette façon de faire nuit à la Sebring. Transport Canada donne le moteur de 3,5 litres pour 12,9 litres en milieu urbain. Si on fouille un peu, on découvre que sur la grand-route, il est possible de réaliser une moyenne de consommation très basse. Mais dès qu’on roule en ville, la situation se dégrade rapidement.

Le V6 de 3,5 litres est aussi l’apanage de la version Limited. Cette version s’est distinguée, durant une très courte période, par la possibilité d’opter pour le rouage intégral. Cependant, cette option n’était pas en demande ou pas au point : elle est déjà retirée du catalogue.

Ligne réussie...après deux ans !

Si la berline de la génération précédente faisait immanquablement tourner les têtes grâce à ses lignes aussi sobres que réussies, on ne peut pas dire que la nouvelle Sebring connaisse autant de succès à ce chapitre. Personnellement, je trouve que sa robe est loin d’être ratée. Il lui manque néanmoins un zeste de raffinement, peut-être dû à un manque de moyens financiers ou de temps ou des deux. Au début, je ne pouvais sentir, même enfermé dans un scaphandre à cent mètres de profondeur, les rainures longitudinales du capot. Deux années plus tard, il me semble que cette voiture serait fade sans ces rainures…

Même si le marché des cabriolets intermédiaires n’est plus aussi actif qu’il l’a déjà été, la demande est toujours là et Chrysler est très avisée d’y être représentée. Toutefois, on ne retrouve pas une, mais deux Sebring cabriolet ! Il y a tout d’abord le modèle avec le toit souple, plus économique, qui coiffe le modèle de base LX. Le toit rigide est optionnel pour les Touring et Limited. Dans tous les cas, il est à commande électrique. Même s’il ajoute près de 2 500 $ à la facture, le toit rigide est une bonne affaire. Dessiné par nul autre que Pininfarina, il fonctionne sans reproches, et s’avère moins inquiétant que celui, par exemple, de la Pontiac G6 cabriolet. Plus silencieux, il donne aussi droit à un peu plus d’espace pour la tête des occupants. Par contre, lorsqu’il se replie dans le coffre, il y a beaucoup moins d’espace pour les bagages. On ne peut pas tout avoir !

Loin des R/T et SRT !

On peut reprocher pas mal de choses à la Sebring mais on ne peut pas l’accuser de faire de la fausse représentation. Ici, pas de modèles R/T ou SRT. La Sebring est une boulevardière et ne s’en cache pas. De toute façon, le premier coin de rue tourné un peu rapidement aura tôt fait de rappeler les aventuriers du dimanche à l’ordre, puisque le roulis est plutôt prononcé, gracieuseté de suspensions plus axées vers le confort que la sportivité. Malgré tout, le châssis est rigide, surtout sur la berline. La direction est assez précise mais les freins, comme dans la plupart des produits Chrysler, n’impressionnent guère, surtout au niveau des distances de freinage, trop longues. Ici, le poids élevé de la Sebring y est sûrement pour quelque chose. Il y aurait encore beaucoup à écrire sur la Sebring.

Sur la piètre présentation de son habitacle, sur les versions bas de gamme, sur sa valeur de revente peu encourageante, mais aussi sur son confort relevé, son entretien mécanique facile et sur sa fiabilité. Il est vrai, pourtant, que lorsque comparée directement aux gros canons que sont les Honda Accord, Ford Fusion, Hyundai Sonata et cie, la Sebring ne paraît pas à son meilleur.  

FEU VERT

Cabriolet à toit rigide réussi
Moteur 3,5 litres économique sur la grand-route
Bon confort
Incitatifs respectables à l’achat

FEU ROUGE

Moteur 2,4 litres inutile
Finition très ordinaire
Beaucoup de plastiques dans l’habitacle
Valeur de revente faible
Freins laissant à désirer

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