Ferrari California T 2015, celle dont on peut rêver !

Points forts
  • Style dynamique
  • Couple disponible sans délai
  • Performances grisantes
  • Prestige de la marque
  • Modèle un peu plus pratique que les autres Ferrari
Points faibles
  • Prix et quantité des options
  • Entretien onéreux
  • Manque de support latéral des sièges
Évaluation complète

Le constructeur Ferrari a joué d’audace en 2009 lorsqu’il a introduit la California, un modèle doté d’un tempérament adouci et qui devait séduire une clientèle à la recherche d’une voiture racée, mais mieux adaptée à la vie quotidienne que ses super sportives. Celle dont le nom évoque le célèbre état américain devenait non seulement la plus abordable des Ferrari, mais également la seule de la gamme à disposer d’un moteur V8 situé à l’avant, marquant ainsi un changement de philosophie important.

Le pari semble avoir été payant puisque la California T, dont la production annuelle est la plus importante chez Ferrari, demeure commercialisée depuis ce temps et a permis d’attirer une toute nouvelle clientèle dans les salles de montre puisqu’une large proportion d’acheteurs de California en sont à leur première Ferrari.

Nous avons eu la chance de découvrir les charmes de ce roadster italien lors d’un essai effectué en marge du dernier salon de l’auto de Los Angeles… et quoi de mieux que la Californie pour découvrir la toute dernière Ferrari California!

Ferrari California T… pour « turbo »

Il faut croire que la California T permet à Ferrari de dépeindre plusieurs changements philosophiques importants puisqu’elle marque une nouvelle ère pour le petit constructeur de Maranello, celle de la turbo compression. Cette année, la voiture a droit à un moteur de plus petite cylindrée mais gavé par turbo compression, ce qui permet de rehausser sa puissance et son couple, tout en réduisant les émissions et sa consommation. Eh oui, Ferrari n’échappe pas à la tendance et compte étendre le principe de la turbo compression à plusieurs autres modèles comme la 488 GTB, la dernière-née de l’écurie qui a été dévoilée récemment dans le cadre du Grand Prix de Montréal. Quelle était la  dernière Ferrari à utiliser un turbo? C’était la F40.

La California troque son V8 atmosphérique de 4,3 litres contre un tout nouveau moteur V8 biturbo de 3,9 litres développant la bagatelle de 552 chevaux pour un couple de 557 lb-pi. Avec une puissance en hausse de 70 chevaux – 185 lb-pi dans le cas du couple –, la California T dispose maintenant de chiffres propres à Ferrari, d'autant plus qu'elle couvre le 0-100 km/h en 3,6 secondes seulement, un chrono drôlement rapide pour une voiture dite de grand tourisme.

Style plus racé

Côté style, cette sportive profite de nouvelles lignes qui rehaussent son caractère et qui marquent une plus grande affiliation avec la F12berlinetta, notamment grâce aux phares avant et aux feux arrière. Les lignes sont un peu plus angulaires et on apprécie les diffuseurs d’air sous le pare-chocs arrière qui abaissent la carrosserie et procurent plus de dynamisme. Le quadruple échappement est maintenant placé à l’horizontale plutôt qu’à la verticale, un autre changement apprécié des amateurs. Bon point également pour les jantes en alliage Diamond de 20 pouces qui laissent entrevoir les étriers de freins peints, en option, du même bleu que la carrosserie. Dans le cas de la California T, toutes les couleurs sont optionnelles (à 12 500$ US), sauf le rouge Rosso Corsa qui est de série.

Un des principaux attraits de la California T, c’est la possibilité de profiter d’une conduite à ciel ouvert en quelques secondes. Une commande sur la console centrale permet de ranger le toit rigide dans le coffre. Bien entendu, cela ampute l’espace de chargement, mais on obtient le meilleur de tous les mondes, soit le style d’un coupé sport et le plaisir d’un cabriolet.

À l’ère techno

À bord, on découvre un habitacle qui adopte le style des autres modèles, notamment le volant avec ses commandes intégrées. Au centre, on remarque un nouvel écran tactile qui permet de régler le système de sonorisation et de navigation alors qu’un peu plus haut, un nouveau cadran circulaire situé entre les buses de ventilation nous informe de l’état du turbo. On peut modifier les informations affichées en touchant simplement du doigt la bordure en aluminium du cadran. Grâce à sa configuration 2+2, la California T vous permet d’être accompagné de votre famille ou d'avoir tout simplement un peu plus d’espace à l’arrière.

On peut être emballé par le style de Ferrari, mais c’est surtout sur la route que l’on découvre ses véritables vertus. Une fois le bouton du démarreur enfoncé, difficile de ne pas être enchanté par le chant du moteur, la véritable carte de visite de toute Ferrari. Cette sonorité devient encore plus marquée dès que le véhicule franchit les 4 000 tr/min. Imaginez maintenant au  régime maximal de 7 500 tr/min! Afin de pallier la réduction de cylindrée, les ingénieurs ont  réussi à maintenir la riche sonorité en utilisant notamment des collecteurs d'échappement en acier forgé dotés de tubulures de longueurs égales, une technologie normalement réservée aux moteurs de course.

Puissance au besoin

Ce qui est impressionnant, c’est que le couple est livré sans aucun délai. Ferrari a réussi à éliminer un des principaux défauts de la turbo compression en utilisant un vilebrequin plat inspiré de la F1 et des turbines à double volute (twin scroll). Bref, le moteur répond au moindre de vos désirs grâce à un accélérateur ultra précis. Le freinage demeure mordant et efficace en tout temps grâce aux disques en céramique proposés de série. Il faut d’ailleurs s’y habituer, car les freins qui répondent aussi efficacement sont rares.

Malgré ses prétentions plus politiquement correctes, la California T ne sera pas prise au dépourvu sur un circuit. À  3 583 lb (1 625 kg), elle est l'une des plus lourdes de son écurie avec la FF, mais les ingénieurs ont su minimiser les effets du poids en positionnant le moteur derrière l’essieu avant, permettant ainsi une répartition des masses quasi-idéale, 47 % à l’avant, 53 % à l’arrière. L’adoption d’un carter sec permet aussi de placer le moteur plus bas (40 mm), ce qui abaisse le centre de gravité du véhicule améliorant le dynamisme et la maniabilité de celui-ci.

Pas facile de s’habituer au clignotant que l’on active grâce aux deux boutons situés sur le volant, mais on apprécie le fait de pouvoir garder ses mains sur ce dernier en tout temps. Si Ferrari a abandonné la boîte manuelle depuis plusieurs années, on a peu de reproches à faire à la boîte automatique à sept rapports à double embrayage. Elle est d’une efficacité et d’une rapidité exemplaires et le véhicule est maintenant beaucoup plus agréable dans les embouteillages, qui sont fréquents en Californie.

Le bonheur passe par la Manetinno

La Manetinno, la commande rotative rouge sur le volant, permet de sélectionner différents modes de conduite, dont Confort, Sport et ESC Off. Ce dernier ne doit être utilisé que si vous êtes certain d’être en mesure de bien contrôler le bolide, car, à ce moment, toutes les assistances électroniques sont désactivées. Comme vous l’imaginez, nous nous sommes contentés du mode Sport, histoire de demeurer bons amis avec nos assureurs. Ces modes modifient la réponse de la direction, de l’accélérateur et du moteur en fonction de vos goûts.

Rivalisant principalement avec des véhicules comme la Mercedes-Benz SL 63 AMG, la BMW M6 et la Aston Martin Vantage, la Ferrari California T a réussi le pari de démocratiser un peu les célèbres modèles du constructeur de Maranello. Avec son prix de base un peu plus décent et plus facilement disponible sur le marché de l'occasion, la California T est sans aucun doute celle dont on peut rêver.

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