Acura MDX 2009, traditionnel malgré tout

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2009

Lorsque le MDX a fait partie, pour la première fois, du catalogue Acura, il était pratiquement seul dans la catégorie des véhicules utilitaires intermédiaires sport de luxe. En fait, on n’y retrouvait, en 2001, que les Jeep Grand Cherokee, Mercedes-Benz ML320, BMW X5 et Lexus RX300, point à la ligne. Aujourd’hui, la réalité est bien différente et ce créneau est encombré, c’est le moins qu’on puisse dire ! Dans ce marché des plus prisés (sans doute que les prix de l’essence y feront un peu de ménage…), le MDX était dû l’année dernière pour une refonte majeure.

Ce qui nous avait d’abord étonné, pour ne pas dire affligé, lorsque nous avons vu le MDX de deuxième génération, c’était cette grille de calandre, immense et caricaturale, qui n’avait rien perdu de son intransigeance depuis le concept dévoilé au Salon de l’auto de New York en 2006. Avec le temps, certains s’y sont habitués. Mais au-delà de ce nez bizarre, que recèle le MDX ? Tout d’abord, une carrosserie à la fois imposante et subtile qui reprend la plupart des thèmes de l’heure. Les flancs sont lisses, les passages de roues marqués et les feux arrière stylisés.

Le Acura MDX, c’est aussi une mécanique. Et toute une ! Son V6 de 3,7 litres développe 300 chevaux et 275 livres-pied de couple. Même si le véhicule qu’il anime pèse au-delà des 2 000 kg, ses performances s’avèrent très intéressantes et sa sonorité, en pleine accélération, n’est pas vilaine du tout. On l’a marié à une automatique à cinq rapports au fonctionnement irréprochable. Ici, Acura paraît un peu pingre puisque plusieurs concurrents offrent six rapports. Mais puisque le niveau sonore tout comme la consommation d’essence (de la super, en passant…) sont plutôt bas, nous n’en ferons pas de cas. Cette transmission fonctionne avec transparence et possède un mode manuel, bien plus utile lorsque vient le temps de remorquer que pour ajouter une touche de sportivité. À ce sujet, mentionnons que le MDX peut remorquer jusqu’à 2 268 kg (5 000 livres).

SH-AWD, PLUS QUE DES LETTRES

Pour son VUS de luxe, Acura fait appel au système intégral SH-AWD (Super Handling – All Wheel Drive). Ce système, aussi sophistiqué qu’efficace, se sert du couple généreux du moteur plutôt que des freins pour diriger la voiture dans les courbes prises rapidement. Essayé sur une surface glacée, le SH-AWD a prouvé son efficacité, puisqu’il interagit avec le système du contrôle de la stabilité. Dans le cas du MDX, ce système assure une traction efficace en hors route bien que le véhicule se sente infiniment plus à l’aise sur la route. Comme ses comparses, le MDX repose sur un châssis monocoque et son comportement routier est aussi doux que celui d’une berline de luxe.

À la lecture des lignes précédentes, on serait porté à croire que le MDX est un sportif, au même titre qu’un Porsche Cayenne. Erreur ! Le MDX affiche une bonne tenue de route, mais le roulis est tout de même important. On se rend rapidement compte que les suspensions sont surtout programmées pour le confort et, à ce chapitre, c’est réussi ! La direction, bien que précise, est passablement déconnectée de la réalité. Les freins, dont l’ABS fait preuve d’une grande discrétion, présentent des distances d’arrêt correctes, sans plus. Lors d’un arrêt d’urgence, la mollesse de la pédale surprend.

Luxe et boutons

Il y a fort à parier que les gens se procurant un MDX s’intéressent passablement plus au luxe et à l’équipement dans l’habitacle qu’au comportement routier. Et les amateurs de boutons sont servis ! L’habitacle se montre assez vaste et l’élégance se marie avec le raffinement. Les sièges sont beaux, à défaut d’offrir un bon support latéral, et le tableau de bord, avec sa partie centrale qui descend vers la console, se veut du plus bel effet. Cette partie centrale compte un nombre incalculable de boutons qui servent à réguler le chauffage et la climatisation ainsi que le système audio, dont la sonorité est excellent. Mais le son n’est pas encore aussi riche que celui d’un système Mark Levinson de Lexus.

Le MDX est un véhicule sept places. Acura devrait plutôt dire qu’il s’agit d’un 6+1, tant la place centrale de la deuxième rangée de sièges est inconfortable. D’ailleurs, on ne peut pas dire que les sièges du MDX soient trop confortables… Quant aux deux places de la troisième rangée, elles sont difficiles à atteindre (et on peine aussi à s’en sortir !) et l’espace est très compté pour des adultes. Si vous prévoyez y installer des sièges d’enfant, faites un essai chez le concessionnaire, AVANT de signer le contrat. Tous ces sièges s’abaissent pour permettre le transport d’objets encombrants. Toutefois, même si le seuil de chargement est égal au plancher, il est assez élevé. Quant au hayon, il n’ouvre pas très haut, ce qu’apprécieront les petites personnes mais que détesteront les très grandes qui s’y frotteront douloureusement le coco, et la vitre n’ouvre pas séparément.

Acura, tout comme Honda, n’a pas pour politique d’en donner trop à ses clients. Même sur un véhicule de plus de 50 000 $ comme le MDX, on ne retrouve pas de cache-bagage, les sièges avant ne possèdent que deux positions de chauffage et le hayon n’est pas à commande électrique. Ce n’est pas que le MDX soit mal équipé, loin de là. Disons simplement qu’il n’y en a pas trop. Outre une grille avant différente, l’Acura MDX présente des améliorations substantielles et demande qu’on s’y arrête sérieusement. Son comportement routier, son confort relevé et sa légendaire fiabilité mécanique jouent en sa faveur.  

FEU VERT

Comportement routier rassurant
Habitacle luxueux
Mécanique au point
Moteur peu gourmand
Espaces de rangement nombreux

FEU ROUGE

Grille avant controversée
Faible rapport prix/équipement
Direction déconnectée
Troisième rangée utopique
Essence super seulement

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