Ford 500, Hé, taxi !

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2007

Êtes-vous déjà allé dans la ville de New York ? Dans la grosse pomme – tel est son surnom -, les voitures taxis pullulent, ces véhicules jaunes qui sont littéralement rois et maîtres de la circulation new-yorkaise. Avec ces autos, il faut pouvoir compter sur la fiabilité, la performance, et l’espace. On retrouve donc de grandes berlines en exclusivité ou presque. Pourtant, je n’ai jamais vu de Ford 500, et c’est bien dommage, car ses dimensions étonnantes constitueraient un avantage remarquable pour les chauffeurs de taxi.

Il faut d’abord savoir que la 500 n’est pas vraiment un pur produit Ford. On a plutôt utilisé la plate-forme de la Volvo XC 90, qui sert aussi au Freestyle, pour créer ce que l’on pourrait qualifier de  « berli-utilitaire ». Quand on la regarde, on se rend rapidement compte de la hauteur inusitée de l’habitacle. Au volant, le conducteur profite d’une position surélevée, lui donnant une visibilité digne des utilitaires sport de bonne taille. En fait, on se retrouve à dix centimètres au-dessus d’une position normale de conduite. Malgré tout, on a réussi à maintenir le seuil d’accès assez bas pour rendre les entrées et les sorties élégantes. Il est vrai que les premiers jours on a un peu l’impression que les fenêtres sont trop grandes tellement la visibilité est bonne !

Grands espaces

L’autre grande particularité du véhicule, c’est son espace intérieur quasi illimité. Assis à l’arrière, on se croirait dans une de ces anciennes voitures aux dimensions titanesques. En raison du plafond relevé, la tête dispose d’un dégagement hors du commun, alors que l’espace pour les jambes se calcule presque en mètres plutôt qu’en centimètres. Avec de telles dimensions, trois adultes se calent sans effort sur la banquette arrière. On a même soigné le rembourrage de ladite banquette, rendant la randonnée confortable peu importe sa durée. Évidemment, le coffre arrière profite d’un espace à l’avenant, capable de loger les valises d’une famille de cinq avec aisance. Le seuil de chargement est un peu élevé, mais cela se traduit par une profondeur unique dans cette catégorie et le coffre se transforme littéralement en caverne.

Le principal reproche que l’on peut formuler au véhicule cependant, c’est sa silhouette plutôt ordinaire, aux limites de l’austérité. On a parfois l’impression que l’on a un peu mélangé les genres, mais sans être capable de donner une personnalité propre à la 500. Et comme la ligne de toit est particulièrement haute et arrondie, on la croit de plus forte taille qu’elle ne l’est en réalité. Il y a un certain esthétisme dans le genre. La 500 a beau afficher une allure vieillotte, elle dégage tout de même du charme. L’inspiration directe des concurrents germaniques notamment a permis de développer le look.

Ce n’est pas rien

En 2007, la 500 n’a rien de bien nouveau à proposer. On avait promis une certaine refonte en raison de sa popularité chancelante, mais rien n’est encore au catalogue. On peut donc l’acheter en version traction ou intégrale, en livrée SEL ou Limited. Cette dernière offrant, comme on peut le concevoir, un luxe légèrement plus relevé, réunissant par exemple une sellerie de cuir avec sièges chauffants à réglage électrique, un système audio haut de gamme et des roues de 18 pouces en aluminium. Peu importe la version choisie cependant, c’est le moteur V6 Duratec de 3,0 litres qui propulsera votre 500. En mode traction, il sera jumelé à une transmission automatique six rapports nouvellement installée de série, alors qu’en mode traction intégrale, c’est une transmission à rapports continuellement variables qui acheminera la puissance aux roues.

Chose surprenante, cette dernière transmission se comporte avec aisance, enchaînant les innombrables changements de rapports presque à l’insu du conducteur. Une étonnante réussite que d’autres compagnies devraient s’empresser de copier. Ford pour sa part aurait avantage à fixer son attention sur d’autres aspects de sa grosse berline. La puissance par exemple, est nettement en deçà de ce que propose la concurrence, et le moteur peine parfois à fournir des accélérations dignes de ce nom. Sans parler des reprises qui sont maintes fois plus ardues. Autre note discordante, la finition de l’habitacle n’est certes pas à la hauteur, surtout dans une classe où la concurrence se distingue justement par cette qualité d’assemblage. La 500 éprouve de sérieuses difficultés à se tailler une place dans le créneau des grandes berlines. Elle possède pourtant une tenue de route intéressante, une gamme d’accessoires à la hauteur, et des dimensions au-delà des attentes. Mais il lui manque encore le charme.

feu vert
Visibilité sans reproche
Position de conduite relevée
Vaste habitacle
Traction intégrale efficace
Coffre arrière de grande dimension

feu rouge

Look de voiture taxi
Puissance à revoir
Finition bâclée
Reprises sans âme

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