La Toyota Camry Hybride 2015: Y trouve-t-on son compte?

Points forts
  • Construction sérieuse
  • Mécanique éprouvée
  • Confort assuré
Points faibles
  • Moteur de base souffreteux
  • Remaniements modestes
  • V6 cher
Évaluation complète

Mes collègues ayant déjà brossé un tableau assez complet de la nouvelle Toyota Camry 2015, je me suis permis, en accord avec mon engagement écologique, de traiter de la version hybride de cette berline de taille intermédiaire qui règne au sommet des palmarès de ventes de voitures en Amérique du Nord depuis de nombreuses années.

Toyota, rappelons-le, a été le premier constructeur, en 1996, à exploiter la technologie du moteur thermique combiné à un petit moteur électrique afin de réduire la consommation de sa gamme de modèles. On pourrait en conclure que cela lui donne une longueur d’avance sur la concurrence, mais ce n’est pas le cas. Même que le géant japonais pourrait se tourner vers l’hydrogène pour satisfaire sa clientèle en quête de voitures vertes. D’ailleurs, le catalogue en est déjà parsemé avec une flopée de Prius et plusieurs autres modèles.

Parfaire le plaisir de conduire

En attendant, la Camry 2015 s’enveloppe d’une nouvelle silhouette à laquelle on a donné un peu plus de tonus afin de faire ressortir sa vocation de voiture semi-sportive. Le premier indice est cette cascade de diodes électroluminescentes qui donnent un air plus viril à l’avant de la voiture. La calandre, quant à elle, n’est pas sans rappeler celle des dernières Lexus.

À l’intérieur, de petits changements d’ordre esthétique, dont des surpiqures françaises sur les cuirs, ont rendu l’ambiance plus luxueuse. Dans le but de mieux démarquer un modèle qui ressemble drôlement à l’ancien, Toyota n’a cessé de nous répéter que seul le toit de la version antérieure avait été conservé.

Quant à cette chose impalpable que l’on appelle l’agrément de conduite, sachez que l’on ne roule pas dans l’une de ces berlines allemandes qui dominent ce marché, mais bien dans un produit tout ce qu’il y a de plus Toyota. Comme pour la dernière Corolla, on a cherché à rendre la conduite un peu plus engageante. Toutes les composantes étaient là et il suffisait de faire certains resserrements ici et là ou de serrer la vis si vous aimez mieux.

Toyota n’a donc pas eu recours à des innovations majeures, mais à des solutions déjà éprouvées, garantes de fiabilité. C’est ce qui nous vaut des éléments de suspension raffermis même en mode Éco, tout comme une direction à assistance électrique offrant une meilleure sensation de liaison au sol et un freinage peaufiné.

Jusqu’à 45 km/h sans essence

Sous le capot de la version hybride mise à l’essai, on trouve toujours un moteur 4 cylindres de 2,5 litres d’une puissance bonifiée par la présence d’un moteur électrique pour un total de 200 chevaux. Le même moteur sans assistance extérieure doit se contenter d’un maigre 178 chevaux, ce qui est bien près de ne pas faire le compte dans une auto de ce format. Avec l’hybride, un pied droit léger permettra de demeurer en mode électrique jusqu’à environ 40 à 45 km, ce qui laisse le moteur thermique totalement inactif et par conséquent sans consommation. En conduite tout à fait normale, on peut s’attendre, selon les chiffres de Toyota, à siphonner autour de 5,9 litres aux 100 km, soit à peu près 2 à 3 litres de moins qu’avec la version non hybride à moteur 2,5 ou du moteur V6 de 3,5 litres.

L’échelle de prix va de 28 410 $ pour une LE hybride de base jusqu’à 34 500 $ pour la mieux équipée du groupe, la XLE. La surprime est sensible pour ces modèles bimoteurs quand on peut prendre livraison d’une Camry régulière sans aucun ajout pour 24 990 $. En revanche, on est assuré d’une voiture qui a atteint sa pleine maturité et dont la fiabilité est hors de tout reproche. C’est un peu aussi le prix à payer pour faire sa petite part pour l’environnement.

Une étrange rampe de lancement

Pour une compagnie qui prêche l’économie, on pourra trouver insolite que la nouvelle Camry ait fait ses débuts en ce bas monde à Charlotte en Caroline du Nord, là où se situent les installations de Joe Gibbs Racing, l’équipe de course qui gère les activités de Toyota dans les épreuves du circuit Nascar. Cette commandite de plusieurs dizaines de millions de dollars a fait de la firme japonaise la seule compagnie non américaine à disputer les courses de la coupe Sprint. Chose assurée, il existe des différences notoires entre les motorisations de la Camry de monsieur Tout-le-Monde et celles évoluant en Nascar. Que diriez-vous par exemple d’un moteur quatre fois plus puissant, de plus de 850 ch contre les modestes 200 ch de notre hybride? Quand on parle de « stock-car », disons que le terme n’est pas tout à fait approprié.

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