Hyundai Veracruz, Marcel ! le standing !

En attendant l’arrivée de la Genesis, une berline ultraluxueuse à moteur V8, le Veracruz est le véhicule le plus luxueux de la gamme Hyundai. Et sans s’éterniser dans les comparaisons, il faut se souvenir qu’il y a deux ans à peine, la voiture de haut de gamme de ce constructeur était la XG350 ! Celui-ci veut se classer parmi les cinq grands de cette industrie et pour ce faire, il lui faut être présent dans tous les créneaux, y compris les plus luxueux. Avec le Veracruz, le numéro un coréen s’attaque donc à un marché en pleine progression, celui des VUS intermédiaires de luxe. Un objectif qui aurait été jugé délirant il y a moins de cinq ans et qui semble on ne peut plus légitime de nos jours.

Non seulement la silhouette du Veracruz comprend l’élégance requise, mais sa fiche technique et la qualité de sa finition impressionnent. Dans la note Lors du dernier Salon de l’auto de New York, plusieurs voitures-concepts dessinées en Corée chez General Motors, Kia et Hyundai nous ont prouvé hors de tout doute que les stylistes de ce pays n’étaient pas dénués de talent, bien au contraire. L’élégance de la Veracruz est indé-niable, même si on peut lui reprocher un certain conservatisme et quelques emprunts, notamment les glaces latérales dont le profil ressemble à s’y méprendre à celui du Honda CR-V. Malgré tout, c’est dans la note, et l’évolution à partir du Santa Fe est indéniable. Étant donné qu’il s’agit de la première incursion de Hyundai dans ce créneau, cette prudence est plus que justifiée. Une silhouette trop innovatrice ou trop agressive aurait sans doute chassé les acheteurs potentiels, déjà incertains d’afficher les couleurs de Hyundai dans la catégorie. D’ailleurs, de nombreux sondages auprès des clients potentiels ont aidé les stylistes à choisir les lignes du véhicule.

La même prudence est de mise pour l’habitacle alors que tout est sobre et de bon goût, tout en se limitant à adopter un aspect commun à savoir de l’aluminium brossé, de gros boutons de commandes et, bien entendu, trois rangées de sièges comme l’exige la tendance du jour. Et même si les communiqués de presse font état que « chaque place de la 3e rangée est accessible aisément d’une seule enjambée », une fois assis, c’est un peu à l’étroit pour les « grands six pieds ». En passant, les représentants de Hyundai ne se sont pas fait prier pour souligner que l’habitabilité et l’espace de chargement sont supérieurs à plusieurs véhicules de cette catégorie, notamment le Toyota Highlander, le Nissan Murano, la BMW X5 et la Mercedes-Benz GL, rien de moins ! Par contre, malgré une grande attention aux détails, il est impossible de commander un système de navigation et il n’y a pas de caméra de recul au catalogue, tandis que le système audio est dénué d’une prise auxiliaire pour les lecteurs MP3. Pour terminer ce chapitre, mentionnons que la qualité de la finition et des matériaux est à la hauteur sinon supérieure à la concurrence.

Santa Fe + Azera = Veracruz

Même si Hyundai a des ambitions quant à la catégorie des véhicules de luxe, sa direction sait également compter. Un tel projet aurait été impensable si les ingénieurs n’avaient pas disposé d’éléments de départ. Il leur fallait une plate-forme déjà performante, et celle du Santa Fe leur a permis d’en tirer profit pour concocter le Veracruz. Mais à moins que celui-ci ait servi de base au Santa Fe qui serait une version plus petite de la première ? À vous de conclure ! Mais quoi qu’il en soit, ces deux VUS urbains se partagent des éléments mécaniques communs en fait de plate-forme, de suspension et même de rouage intégral. En effet, le système utilisé sur le Veracruz est une évolution de celui du Santa Fe, mais son temps de réaction est plus rapide, nous a-t-on dit. Et à l’usage, ce mécanisme s’est révélé adéquat pour une utilisation sur routes en terre, ou recouvertes de neige ou de glace. Il faut toujours se rappeler que ces deux VUS n’ont pas la prétention d’aller se mesurer aux 4X4 purs et durs du marché.

Comme il se doit sur un véhicule de ce prix, les suspensions sont indépendantes à l’avant comme à l’arrière. Ceci afin de pouvoir proposer une meilleure tenue de route, une bonne insonorisation et plus de confort. Le groupe propulseur est constitué du moteur V6 3,8 litres de l’Azera. Ce moteur est couplé à une boîte automatique à six rapports, ce qui est loin d’être la norme dans la catégorie alors que plusieurs modèles concurrents doivent se contenter d’offrir un rapport de moins. Cette transmission Shiftronic permet de passer les vitesses en mode manuel si on le désire. De plus, elle est reliée au rouage intégral avec couple sur demande qui assure une gestion quasi instantanée du couple lorsque l’adhérence ou la traction diminue. Il est également possible de verrouiller le mécanisme afin de faire face à certaines circonstances plus délicates comme de la glace vive ou un enlisement. Dans cette catégorie, nombreux sont les propriétaires qui tractent une remorque, un bateau ou une tente-roulotte. Le Veracruz ne peut égaler les modèles à moteur V8 de la catégorie, mais sa capacité de remorquage est de 3 800 livres (1 588 kg). Qualifiée de remorquage récréatif par le constructeur, cette capacité devrait tout de même répondre aux besoins de bien des gens.

En douceur

Si la silhouette et l’habitacle vous ont conquis, il ne vous reste plus qu’à prendre le volant pour vous convaincre de rouler en Hyundai pour les mois à venir. Si les deux premières prémisses sont respectées, les chances sont bonnes pour que les acheteurs intéressés adoptent le Veracruz car la tenue de route ne comporte aucun irritant ou si peu.
Les accélérations sont correctes, la boîte automatique passe les rapports avec douceur tandis que les temps d’accélération sont dans la bonne moyenne. Il m’a fallu 9,7secondes ou boucler le 0-100 km/h et 1,2 secondes de moins pour effectuer l’incontournable 80-120 km/h. Sur la route, la conduite est sans histoire, la direction est un peu trop engourdie à mon goût, mais ce n’est quand même pas trop mal. Tout se fait en douceur avec ce véhicule, aussi bien en fait d’insonorisation que de tenue de route. À part un sous-virage marqué souligné par un crissement des roues avant dans les virages ultraserrés, la tenue de route est généralement neutre et personne ne se fera une frayeur à son volant.

Le Veracruz est somme toute un véhicule bien fabriqué, doté d’un équipement très complet et dont la fiche technique est dans la moyenne de la catégorie. Sa tenue de route est sans historie et son groupe propulseur plus que correct. Reste à voir maintenant si cette hausse dans le standing du monde automobile sera suivie par les acheteurs. Après tout, il n’y a pas si longtemps, cette marque était immédiatement associée à des véhicules bon marché… C’est le défi que la direction de Hyundai a voulu relever.

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