Dodge Magnum, avoir du culot, c'est ça !

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2007

Il n’y a que Chrysler qui pouvait mettre sur le marché une voiture comme la Magnum. L’entreprise de Auburn Hills au Michigan avait déjà eu le culot de présenter la troublante Plymouth Prowler, la sublime Dodge Viper, la belle Chrysler Crossfire sans oublier les Chrysler PT Cruiser et autres 300 et Charger. La Dodge Magnum, une familiale que l’on pourrait croire créée par George Barris, le créateur de la Batmobile originale, a autant de punch visuel que toutes les voitures mentionnées ci-haut. Et elle est abordable en plus !

Même si on commence à moins se retourner au passage d’une Magnum, reste que les versions R/T et, surtout, SRT-8 ont de quoi flanquer le torticolis. Si la Dodge Magnum et la Chrysler 300 partagent le même châssis et les mêmes éléments mécaniques ainsi qu’une bonne partie de l’habitacle, Dodge a su donner à sa voiture une personnalité propre. Bien entendu, il s’agit d’une familiale alors que la 300 est une berline mais les différences ne s’arrêtent pas là.
La grille avant diffère totalement tandis qu’à l’arrière, la partie vitrée plutôt étroite (qui, lorsque teintée, fait ressembler une Magnum noire ou grise à un corbillard !) se conjugue avec un hayon dont la partie supérieure forme une partie du toit. L’ouverture ainsi créée est particulièrement grande et permet le transport d’objets très volumineux et très hauts. Ce hayon, un peu lourd à soulever était source de bruits, du moins sur un de nos véhicules d’essai en janvier dernier. De plus, l’essuie-glace arrière ne couvre pas toute la largeur de la vitre et le bouton extérieur servant à ouvrir le hayon est toujours sale en hiver. À l’arrière, l’espace réservé aux jambes se montre très adéquat mais pour la tête, on repassera. La place centrale, sans appuie-tête, fait preuve du même confort qu’un 2x4 mais, en contrepartie, les vitres arrière s’ouvrent entièrement, une rareté dans l’automobile contemporaine.

Moins originale à l’intérieur

À l’avant, les sièges se révèlent confortables et suffisamment larges pour accueillir des joueurs de football. Devant le conducteur, on retrouve de belles jauges, encore plus belles la nuit puisque légèrement bleutées. Cela compense le manque d’originalité du tableau de bord et du volant qui sont, à peu de choses près, conformes à ceux des 300 et Charger. La plupart des commandes sont bien placées sauf le détestable levier du régulateur de vitesse qu’à peu près tout le monde confond avec le levier des clignotants.

La Dodge Magnum se décline en deux niveaux, soit propulsion (roues arrière motrices) et AWD (rouage intégral). Trois moteurs sont proposés, soit deux V6 de 2,7 et 3,5 litres ainsi qu’un V8 de 5,7 litres. Le 2,7 litres de 190 chevaux et 190 livres-pied de couple est suffisamment puissant, mais si vous comptez charger des objets lourds dans la soute à bagages ou tirer une remorque, il vaudrait mieux penser au 3,5 litres de 250 chevaux et 250 livres-pied de couple. Et là, la puissance est amplement suffisante sans trop gruger dans votre portefeuille lors des pleins. Ce moteur est standard avec la version SXT à rouage intégral. Mais avec une voiture comme la Magnum qui hurle son caractère sportif à qui veut bien la regarder, il faut quelque chose de musclé. Pour cela, on retrouve le R/T avec son V8 5,7 litres Hemi de 340 chevaux et 390 livres-pied de couple. Dire que les accélérations et reprises sont enlevantes serait un euphémisme. On peut même brûler une paire de pneus dans le temps de le dire ! Évidemment, la consommation d’essence s’en ressent passablement même si ce moteur jouit de la technologie MDS qui désactive la moitié des cylindres lorsqu’ils ne sont pas nécessaires. Sur une autoroute et à vitesse constante, ce système fait des merveilles. Mais si vous jouez le moindrement de l’accélérateur, vous en perdez les avantages.
La transmission intégrale est proposée sur les versions SXT et R/T. L’intégrale, combinée à un système antipatinage très autoritaire, se débrouille fort bien dans la neige. Même si la Magnum est un gros véhicule que l’on croirait indisposé par la conduite sportive, il n’en est rien. La tenue de route se révèle très saine, gracieuseté d’un châssis rigide et de suspensions bien adaptées qui ressemblent à celles utilisées sur certaines Mercedes-Benz au milieu des années 90.

Une Magnum « lâchée lousse »

Puisque vous vous êtes rendu jusqu’ici, je vous réserve une petite surprise. Une grosse, en fait. La Dodge Magnum SRT-8, quoi qu’en disent les « verts », demeure l’une des plus belles surprises de l’industrie américaine. Le gros Hemi de 6,1 litres développe pas moins de 425 chevaux et 420 livres-pied de couple. Sa sonorité profonde émeut toujours l’amateur de muscle cars. Solidement campée sur ses suspensions abaissées et ses Goodyear Eagle F1 245/45R20, la SRT-8 impose le respect. Avec une telle puissance, pas étonnant que cette future voiture de collection ne soit proposée qu’en version intégrale. Seul regret, l’absence d’une transmission manuelle à six rapports. Essayée sur un parcours délimité par des cônes, la SRT-8 a affiché un comportement à la fois sportif et prévisible. Il est possible de débrancher le contrôle antipatinage et s’amuser à placer la voiture à l’accélérateur. Et quand vous appuyez trop sur l’accélérateur, vous voyez les « p’tits gars » courir après leurs cônes…

Fortement typée, la Dodge Magnum ne passe pas inaperçue, surtout dans son ensemble ”police pack”. Malgré ses quelques défauts, cette familiale excentrique représente une valeur sûre.

feu vert

Silhouette spéciale
Véhicule polyvalent
Bon choix de moteurs
Prix intéressants
Version SRT-8 démentielle

feu rouge

Silhouette spéciale
5,7 et 6,1 litres très assoiffés
Tableau de bord ordinaire
Peu d’espaces de rangement à l’avant

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