Land Rover Range Rover Sport 2014: L’art du compromis réinventé

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2014

Jusqu’à la refonte de cette année, le Range Rover Sport n’était essentiellement qu’un LR4 déguisé, portant des habits de Range Rover sur un vulgaire châssis en échelle. Cependant, le modèle 2014 est construit sur une plateforme monocoque en aluminium, et conçu pour ressembler au très élégant Evoque. Méchant changement!

Comme avec le Range Rover, la différence la plus notable est sans doute le poids qui a été considérablement réduit en raison du châssis en aluminium. La perte de poids exacte dépend du modèle et du moteur, mais le Range Rover Sport V8 suralimenté aurait supposément perdu 340 kilogrammes.

Ainsi, même le nouveau modèle de base V6 offre un excellent rendement. La puissance maximale est de 340 chevaux et grâce au compresseur Eaton, le couple grimpe à 332 livres-pieds. C’est suffisant pour que le Sport 2014 doté d’un V6 soit plus rapide pour atteindre les 100 km/h que le V8 à aspiration naturelle de l’an passé (7,2 secondes pour le nouveau V6 et 7,5 pour le V8 de 2013). Grâce à la magie du compresseur, le couple se manifeste à bas régime, évitant le recours à des régimes élevés. Le flegme britannique, quoi!

On n’emprisonne pas les chats sauvages
Toutefois, c’est le V8 de 5,0 litres qui vole la vedette. Il est suralimenté lui aussi et ses 510 chevaux-vapeur propulsent le svelte Range Rover Sport tel un Porsche Cayenne. En effet, les versions Supercharged et Autobiography haut de gamme accélèrent comme des chats sauvages (5,3 secondes pour atteindre les 100 km/h).

D’ailleurs, selon moi, les Britanniques essaient d’imiter leur rival allemand en matière de tenue de route. Plus bas et plus rigide que son frère le Range Rover, le modèle Sport est le Cayenne GTS de Land Rover. Sacrifiant un peu de ses capacités hors route pour faire place à une maniabilité plus dynamique qu’avant, le Sport présente moins de roulis en courbes et même si l’empattement demeure inchangé (la longueur globale a été considérablement réduite), sa tenue de route est plus précise qu’avant. Les kilos perdus aident donc aussi au-delà des lignes droites.

La version dotée du V8 suralimenté est encore plus sportive. Le système de suspension ajustable Adaptive Dynamic est offert de série, comme le système de vecteur de couple qui répartit le couple du moteur à chaque roue selon l’adhérence dans les virages. Un nouveau mode Dynamic est aussi offert avec le système Terrain Response 2 qui raidit les barres stabilisatrices réglables, ce qui permet de diminuer davantage l’effet de roulis.

C’est dans l’habitacle que la plupart des compromis du Range Rover Sport ont été faits. Contrairement au Range Rover dont le prix très élevé signifie qu’il n’est que l’un des somptueux véhicules d’une maison au garage bien garni, le Sport, selon Land Rover, est le « Range » qui se retrouve le plus souvent comme véhicule principal de la maisonnée. C’est pourquoi le constructeur britannique a pensé aux sièges livrables de la troisième rangée (5 + 2 en termes Land Rover) pour les parents qui doivent assurer le transport de hordes d’enfants.

La segmentation du créneau des véhicules d’entrée de gamme de luxe est aussi responsable de la pression qui pèse sur le prix du Range Rover Sport avec un modèle V6 de base offert à un prix relativement abordable de 73 900 $ (abordable, quand on le compare à celui du Range Rover qui est de 114 700 $!). C’est aussi à l’intérieur qu’on remarque les plus grandes différences entre le monarque Range Rover et le roturier modèle Sport, ce dernier étant beaucoup moins prétentieux. Le cuir est très joli, mais le décor est plus sobre que celui du Range Rover – aucune garniture de bois et beaucoup moins de tape-à-l’oeil.

En effet, la pire caractéristique du modèle Sport est une planche de bord dépourvue d’accoutrements qui ressemble à celle de certaines Toyota. Ce n’est pas qu’elle n’est pas attrayante. Elle n’a pas l’air de mauvaise qualité non plus, mais nul doute qu’il s’agit du plus grand sacrifice du constructeur pour réduire le prix de vente. Toutefois, le Range Rover Sport est assez bien nanti. Parmi l’équipement offert en option, citons le système audio Meridian de 1 700 watts avec 23 haut-parleurs et une glacière installée dans la console centrale assez grande pour accueillir quatre bouteilles d’Evian, ou comme le suggérait le modèle de présentation, une bouteille de Laurent Perrier Brut.

Les qualités du passé, les avantages d’aujourd’hui
Le confort du Range Rover Sport a été grandement amélioré. Les sièges avant du modèle précédent étaient plus que convenables mais il y avait peu d’espace à l’arrière. À titre comparatif, dans le nouveau modèle, l’espace pour les genoux a été augmenté de près de 25 millimètres. Par contre, les sièges de la troisième rangée devraient être réservés aux contorsionnistes qui ont de courtes jambes… ou, mieux, pas de jambes!

Enfin, le nouveau Range Rover Sport a de meilleures capacités hors route que son prédécesseur, quoique la version V6 – qui n’a pas de boitier de transfert à deux gammes (Hi et Lo) de série – aura peut-être un peu de mal à grimper une pente abrupte. Par contre, le Sport 2014 possède de meilleurs angles d’approche et de départ, plus de débattement aux suspensions et peut affronter une plus grande profondeur de gué que celui qu’il remplace. Et le système de vecteurs de couple du V8, originalement conçu pour améliorer la tenue de route dans les virages, s’avère avantageux dans le sable également.

Le nouveau Range Rover ressemble à son prédécesseur – il est agressif hors terrain, costaud et rapide –, mais il est aussi bien différent : il est léger, sa conduite est agréable, il est d’attaque aux points de corde et il est très puissant. Voilà l’avantage de la technologie avancée : elle transforme les compromis en art.

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