Kia Forte 2014: Les chevaux coréens

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2014

Entièrement revue cette année, la Kia Forte pourra peut-être enfin connaitre le succès espéré. Car, disons-le franchement, elle est beaucoup moins populaire que la Hyundai Elantra, sa cousine très germaine mais aussi très ennemie. On a beau dire que les deux coréennes partagent le même châssis, cela ne fait pas de leurs créateurs des amis copains-copains bras dessus bras dessous. Comme dans les belles années de General Motors, quand on voulait insulter un ingénieur de Pontiac, il n’y avait rien de mieux que de vanter un produit Chevrolet! J’imagine que c’est pareil entre Kia et Hyundai.

Pourtant, même si les cousines partagent les mêmes dessous (c’est bien suffisant pour faire de la chicane!), elles sont loin de se ressembler. Et là-dessus, les designers et bonzes de la mise en marché de Kia et de Hyundai font beaucoup mieux que ceux de General Motors dans ses belles années. En fait, rien ne permet de distinguer des ressemblances entre une Forte et une Elantra sauf, bien entendu, au niveau de la mécanique. Nous y reviendrons.

Le style, ça vend!

Le style de la nouvelle Forte est fidèle aux préceptes de Peter Schreyer, le designer en chef de Kia, devenu son président. Même s’il s’agit d’une berline compacte assez ordinaire, l’ensemble donne l’impression d’être haut de gamme : feux DEL au-dessus des phares, superbes jantes, renflement parfaitement dosé sur les côtés et qui semble lier les roues avant et arrière, feux arrière formant chacun une loupe rouge, à DEL encore. Du joli, pas ostentatoire, et qui ne devrait pas se démoder demain matin.

Dans l’habitacle, le tableau de bord, quoique fort bien réussi, ne déborde pas d’originalité, excepté pour ces trois renflements, plus esthétiques en vrai qu’en photos, placés juste devant le passager. La qualité des matériaux nous fait oublier que Kia a déjà commercialisé la Spectra, tandis que l’assemblage des voitures essayées ne prête flanc à aucune critique. Les jauges se consultent aisément, les commandes sont intuitives, les espaces de rangement ne sont pas nombreux mais en se servant des porte-gobelets, on arrive à bien s’éparpiller. Sur la partie supérieure centrale du tableau de bord, on retrouve un petit écran qui indique la température et l’heure. On aurait très bien pu laisser faire, et mettre ces informations dans le petit écran en plein devant le conducteur.

Je n’ai jamais aimé les sièges des voitures coréennes mais ceux de la Forte font exception. Remarquez que je ne me suis pas tapé Montréal-Toronto… La bonne position de conduite se trouve très facilement. Pour une berline compacte, le coffre est étonnamment grand. Les dossiers s’abaissent mais ils ne forment pas un fond plat avec le reste du coffre.

La Forte de base (LX) reçoit un quatre cylindres de 1,8 litre développant 148 chevaux, une écurie correcte, dans la moyenne de la catégorie. Ce moteur est le même que celui monté dans l’ennemie, l’Elantra. Ce n’est pas avec lui qu’on partira à la guerre aux chiffres d’accélérations. Il m’est apparu moins bruyant que dans la germaine, mais puisque je n’avais pas de décibelmètre avec moi, il s’agit peut-être plus d’une impression que de la réalité. Les versions EX et SX, plus délurées, ont droit à un quatre cylindres de 2,0 litres à injection directe développant 173 chevaux. Une Forte ainsi dotée est plus véloce qu’une autre mue par le 1,8 mais pas autant qu’on le souhaiterait. C’est à se demander où ils les ont foutus leurs chevaux! Le mode Eco, qui permet d’économiser davantage d’essence, m’est apparu moins contraignant que dans la vile cousine; c’est déjà ça…

Des éléments qui convainquent, d'autres pas.
La transmission manuelle à six rapports sera sans doute très peu populaire. La grande majorité des gens vont lui préférer l’automatique, à six rapports aussi. Comme pour le moteur, rien d’exceptionnel. Cette transmission ne fait rien de mal, rien de bien. À tel point qu’on oublie qu’il y en a une. Donc, c’est une bonne transmission!

Le châssis fait preuve d’une excellente rigidité et on s’attendrait à ce que les suspensions qu’on y a accrochées soient parfaites, ce n’est malheureusement pas le cas. Tout comme pour l’Elantra, mais dans une moindre mesure, leur calibrage est optimal sur une belle autoroute parfaitement lisse mais dans notre Québec, elles sont moins à l’aise. Au passage d’une bosse, elles peuvent réagir brutalement puis elles accusent une souplesse indue. Ce n’est pas grave en soi et il suffit de lever le pied, toutefois, ce type de réaction surprend de la part d’une voiture autrement très bien réussie. Parmi les autres éléments qui ne convainquent pas, mentionnons la direction à fermeté variable Flex Steering. Ce gadget est inutile. On le place en mode Sport et on l’oublie. D’ailleurs, même en mode sport, la direction n’est pas la plus précise qui soit.

Dans les mois qui viennent, la nouvelle version coupé de la Forte, judicieusement appelée Koup, sera dévoilée. www.guideautoweb vous tiendra au courant.

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