Kia Soul 2014: À formule gagnante, refonte prudente

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2014

La Soul n’est plus, vive la Soul! Quoi, vous n’aviez pas remarqué en regardant les photos? Kia nous présente pourtant sa compacte quasi cubique comme toute nouvelle après les quatre années réussies de la première du nom. On vous pardonnera facilement cette étourderie parce que les différences sont vraiment minimes entre la nouvelle et l’ancienne Soul. Du moins si l’on ne les aperçoit que de l’avant ou de profil. Mais il y a plus, dehors comme dedans.

Les compactes aux formes anguleuses, sinon carrées, ont connu beaucoup de succès au Japon, mais passablement moins lorsqu’elles sont venues tenter leur chance en terre nord-américaine. La Honda Element est disparue et les Nissan Cube et Scion xB n’ont jamais percé. La seule qui soit devenue réellement populaire chez nous, c’est la Kia Soul, variation coréenne sur le même thème. Sa réussite tient sans doute au fait qu’en plus de cette silhouette tout en angles à peine adoucis, la première Soul était pratique, simple, amusante à conduire et entièrement exempte de ces excentricités qu’adorent les jeunes acheteurs nippons mais qui ne passent tout simplement pas la rampe chez nous.

Comment blâmer Kia d’avoir renouvelé la Soul en prenant peu de risques puisque l’idée était de relancer les ventes qui, tout en demeurant fort convenables, ont fléchi de plus du tiers au pays l’an dernier. Pour cette silhouette râblée qui fut certainement un ingrédient important de sa réussite, Kia dit s’être inspirée directement du prototype Track’ster qui était assez spectaculaire merci.

Pourtant changée pour vrai
On est d’abord sceptique au premier coup d’œil, parce que la nouvelle Soul ressemble beaucoup à l’ancienne. Or, elle reprend bel et bien les éléments principaux du Track’ster, sauf les voies élargies et les ailes fortement évasées qui donnaient au prototype l’air d’un bouledogue, ce qui était exactement l’effet recherché par les stylistes du studio de design californien de Kia. Espérons qu’ils gardent leurs plans parce que le Track’ster pourrait engendrer une superbe version sportive de la Soul.

Entre-temps, c’est à l’arrière qu’on remarque les changements les plus importants à la carrosserie. Elle reprend surtout le panneau de couleur assortie qui semble « flotter » sur la partie inférieure du hayon qui est lui-même plus large de 6 cm que l’ancien pour faciliter l’accès au coffre. La calandre a légèrement été modifiée pour ressembler davantage à celle du prototype et les blocs optiques des phares sont maintenant d’une seule pièce avec une rangée de diodes lumineuses qui fait toute la largeur au sommet, comme sur les nouvelles Forte et Sorento.

La Soul a bel et bien grandi, mais les gains sont plus que modestes. La nouvelle est ainsi plus longue de 2 cm et plus large de 1,5 cm, mais la hauteur est inchangée. La voie des roues avant s’est élargie de 0,5 cm, celle des roues arrière en revanche a rétréci de 2 cm. Le diamètre de braquage s’est agrandi d’un centimètre, on n’en fera pas tout un plat. Le poids total a augmenté de 45 kilos, sans doute à cause des ajouts d’équipement de toute nature, toutefois, la rigidité en torsion de la coque autoporteuse s’est améliorée de 28,7 % grâce à l’utilisation d’acier à haute et très haute résistance. Y compris pour des montants avant plus étroits de 2 cm qui améliorent nettement la visibilité et sont pourtant plus légers et plus robustes.

Promesses de progrès
Cette base plus solide a permis de nombreuses modifications à la suspension et à la direction pour améliorer confort et comportement. Le débattement des roues s’est accru, entre autres. Bonne nouvelle, parce que le roulement était ferme et les sautillements fréquents sur les fentes et les saillies dans l’ancienne Soul. Le boitier de la direction est maintenant d’une seule pièce et on pourra opter pour une direction réglable sur trois niveaux d’assistance : Confort, Normal ou Sport, ce qui n’est généralement qu’un gadget.

Sous le capot, les deux moteurs à quatre cylindres en ligne sont les mêmes et on croirait d’abord à une régression alors que les ingénieurs se sont efforcés de bonifier la distribution du couple. Ce n’est certainement pas évident pour le groupe de 1,6 litre dont la puissance a glissé de 138 à 130 chevaux à 6 300 tr/min et le couple de 123 à 118 lb-pi, livrés à 4 850 tr/min. Ça l’est plus pour le 2,0 litres dont les mêmes 164 chevaux galopent à 6 200 plutôt que 6 300 tr/min, mais dont le couple maxi est de 151 plutôt que de 148 lb-pi et surtout atteint à 4 000 au lieu de 4 800 tr/min. Kia nous assure en fait qu’il y a 5 % plus de couple à 1 500 tr/min pour le 1,6 L et un surcroit de 9 % pour le 2 litres.

L’habitacle a évidemment eu droit aux attentions des stylistes et designers. Ils y ont abondamment repris les éléments circulaires qu’on avait vus dans le Track’ster et employé des matériaux de texture plus douce sur le tableau de bord, la console et les contre-portes. Ils ont aussi ajouté des surfaces noires laquées, style piano de concert, sur les deux premiers. Au centre, on pourra faire installer un écran tactile de huit pouces, le plus gros jusqu’à maintenant pour la Soul, qui logera la deuxième génération de l’interface multimédia UVO qu’on nous promet évidemment plus complète et performante. Tout ça augure bien pour la Soul, vigoureuse survivante de la très brève ère cubique de l’automobile sur ce continent.

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