Kia Sportage 2014: Victime de l’excellence des concurrents

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2014

Confronté à une solide concurrence dans la catégorie des VUS compacts et se référant sûrement aux résultats de notre match comparatif de l’an dernier, les dirigeants de Kia ont décidé de retoucher le Sportage cette année. En l’espace de deux ans, six des onze modèles de notre match comparatif de 2013 ont proposé de nouveaux designs. Et bien que le Sportage ait été complètement redessiné en 2011, ces quelques améliorations lui suffiront afin de suivre le rythme accéléré de cette catégorie.

Les changements ne sont pas majeurs, mais permettent de corriger certains défauts relevés l’an dernier par nos essayeurs, dont l’absence de l’injection directe sur le quatre cylindres de 2,4 litres. Déjà monté dans la plupart des modèles offerts par Hyundai, il était alors évident que le Sportage devait en bénéficier. Baptisée GDI chez Kia, ce principe ajoute quelques chevaux de plus, mais permet surtout de réduire la consommation d’essence et les émissions de CO2. On a également profité de cette mise à jour pour doter le Sportage de la technologie FlexSteer, qui permet au conducteur de configurer l’assistance de la direction électrique selon trois modes: Confort, Normal et Sport. En alternant entre ces trois modes, on remarque évidemment un changement au volant alors que la direction se raffermit et devient plus lourde. Réglé sur le mode Sport, il ne faut toutefois pas s’attendre à ce que le système livre la précision d’un modèle allemand. Le résultat reste tout de même agréable en dépit des quelques lourdeurs qui persistent à basse vitesse. De toute façon, après un certain temps, on se lasse d’alterner entre les modes, et on conserve la valeur par défaut, Normal, qui offre, selon moi, un bon compromis.

Être juste beau n’est plus suffisant

La grande majorité des changements apportés au Sportage cette année visent surtout sa présentation qui commençait déjà à montrer quelques signes de vieillesse malgré les louanges formulées lors de son lancement en 2011. Le Sportage hérite donc d’une nouvelle calandre, de feux arrière à DEL et de nouvelles jantes de 17 pouces. Les améliorations s’avèrent timides, mais comme le véhicule arbore à la base un style assez typé, il n’en faut pas plus pour le garder visuellement dans la course. De toute manière, une refonte complète est sans doute déjà sur la planche à dessin pour une mise en production d’ici 2 ou 3 ans.

À l’intérieur, très peu de changements si ce n’est de l’ajout d’un système audio de meilleure qualité et de la présence de sièges climatisés à l’avant. On observe toujours cette console centrale à deux niveaux, très élégante, et l’on constate que de nombreux éléments dans l’habitacle s’inspirent des produits Audi et Volkswagen. Le Sportage propose une ribambelle de gadgets dont des prises AUX, iPod et USB, un toit ouvrant panoramique et un volant chauffant. Sur les modèles dépourvus d’écran central, le rétroviseur se charge d’afficher l’image de la caméra de recul.

Bien que le moteur de 2,4 litres hérite de l’injection directe, c’est plutôt celui de 2,0 litres à turbocompresseur qui livre le maximum de puissance, ses 260 chevaux permettant de déplacer le Sportage avec plus de dynamisme. Les accélérations et les reprises ne souffrent pas de fatigue comme c’est le cas avec le 2,4 litres. Malheureusement, cette motorisation ne collabore qu’avec la boite automatique à 6 rapports qui permet malgré tout de bien exploiter le régime moteur. Notons également que le rouage intégral fait partie des options du Sportage, lui qui s’offre à la base en traction. Ce rouage livre de bons résultats mais ne fonctionne qu’avec la boite automatique encore une fois. Il aurait été intéressant de marier le turbo à rouage intégral avec la transmission manuelle afin de dégager un peu plus de vivacité de ce Sportage. Comme c’est le cas avec le moteur de 2,4 litres, la motorisation dotée du turbo s’avère un peu rugueuse et bruyante, n’aidant en rien le haut niveau de décibels observé dans l’habitacle. La consommation du 2,0 litres à turbocompresseur se classe au-dessus de la moyenne, ce qui est sûrement attribuable au rouage intégral permanent.

Maudite compétition!

Lors de notre match comparatif de l’an dernier, le principal reproche formulé par la majorité de nos essayeurs concernait le comportement routier plutôt rigide du Sportage. Et sur ce point, rien ne sera sans doute amélioré cette année. Les sièges, à moins qu’ils changent,  seront toujours aussi fermes, les suspensions sèches et les bruits de roulement provenant de pneus mal adaptés encore bien présents... L’utilisation à outrance de plastique ne permet pas d’obtenir une bonne insonorisation alors que la plupart des concurrents réussissent à bien filtrer les bruits de la route. Rien ne semble avoir été accompli par Kia pour corriger ces lacunes et probablement que la tenue de route du Sportage en décevra encore plusieurs.

Le VUS compact de Kia tire tout de même bien son épingle du jeu dans cette catégorie. Toutefois, avec les concurrents de poids que sont les Mazda CX-5, Ford Escape, Honda CR-V et Toyota RAV4, le Sportage devra peaufiner sa tenue de route s’il veut survivre, lui qui ne peut plus que compter sur son style pour se démarquer. Son prix de vente abordable et sa garantie généreuse ne sont également plus des arguments exclusifs. Le Sportage s’éclipse tout simplement devant l’excellence des concurrents.

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