Chrysler 300 2014: Dans la plus pure tradition américaine

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2014

Il fut un temps où les produits vendus sous la bannière Chrysler étaient destinés à rivaliser avec les modèles Lincoln et Cadillac. Cette responsabilité incomba ensuite à la division Imperial jusqu’à son abandon en 1975, année où Chrysler reprit le flambeau. Malheureusement, le prestige de cette division s’estompa avec l’arrivée des Cirrus, Sebring et PT Cruiser. Heureusement, la crise financière de 2009 a freiné ce faux pas et a permis de restructurer l’offre automobile du constructeur. Chrysler ne compte que 3 modèles aujourd’hui, mais tous sont animés de la même passion, celle du luxe.

Aux côtés de la berline intermédiaire 200 et de la fourgonnette Town&Country, la 300 impose sa présence avec son allure à la fois sobre et provocante. Selon le modèle sélectionné, le style de la grande berline de Chrysler passe de classique à provocant. La refonte de 2012 a permis de doter la 300 d’une carrosserie tout à fait appropriée à sa vocation, mais également d’affiner les lignes pour lui éviter de trainer cette réputation de voiture de gang. Ce changement semble avoir été bénéfique puisqu’on remarque de plus en plus de ministres à son bord.

Produit bien ficelé
Poursuivant la tradition américaine, la 300 offre le choix d’un V6 ou d’un V8. Sacrilège à celui qui demandera un quatre cylindres, il ne s’agit pas ici d’une voiture japonaise! Quoiqu’Audi et Mercedes le font… Parions que d’ici quelques années, la 300 aura aussi un quatre cylindres turbocompressé! En attendant, le V6 livre de bonnes performances par le biais d’une transmission automatique à 5 rapports ou 8 si vous optez pour la version S. Les modèles qui héritent de cette motorisation adoptent tous un comportement équilibré et une douceur de roulement de haut niveau.

Toutefois, équipée d’un huit cylindres, la 300 prend du galon et livre des performances étonnantes, autant que sa consommation d’essence après quelques excès d’enthousiasme du pied droit. La puissance brute est plus élevée mais on remarque surtout le bel équilibre que procure l’ensemble. Même si elle affiche un peu plus de poids, la 300 se campe davantage sur la route et donne l’impression d’être plus précise. En version intégrale, la voiture s’agrippe évidemment plus facilement au bitume, ce qui n’est pas toujours le cas avec les versions à propulsion malgré un excellent système d’antipatinage. Les suspensions procurent une douceur de roulement impeccable, mais n’oublions pas également que le châssis de la 300 prend ses origines de l’ancienne Mercedes-Benz Classe E, lui conférant déjà un bon avantage par rapport aux modèles concurrents.
La 300 s’ouvre sur un habitacle plus que spacieux. Les sièges avant offrent un remarquable confort et la position de conduite se trouve aisément. Dépendamment de la version choisie, les réglages seront automatisés et la climatisation des sièges sera de série. Au volant, on observe un léger manque de visibilité sur les côtés, principalement dû à la hauteur de la ceinture de caisse et la faible surface vitrée. Depuis peu, Chrysler propose un système d’information très facile à comprendre. La présence d’un écran de plus de 8 pouces permet d’afficher l’information utile, d’autant plus que le système est très intuitif et simple d’utilisation, contrairement à certains concurrents. À l’arrière, les passagers bénéficient d’un traitement VIP avec des sièges confortables et légèrement inclinés vers l’arrière. Le dégagement est d’ailleurs amplement suffisant pour trois personnes. Quant au coffre, aucun mauvais commentaire ne peut être émis, le volume disponible est énorme.

Street Racing Technology. Cool!
La division SRT du constructeur américain réunit les modèles les plus extrêmes du catalogue. La 300 goute à cette sauce avec un style d’enfer et une motorisation d’exception. On ne peut qu’être épaté par son immense calandre, sa faible garde au sol et ses jantes de 20 pouces. Le véhicule montre une solide prestance et donne l’impression d’être en attente de bondir sur une proie. Outre son châssis abaissé, la version SRT8 comprend une suspension réglable, des pneus de haute performance et des freins Brembo surdimensionnés.

Le cœur de la SRT8, c’est son moteur HEMI à 8 cylindres de 6,4 litres livrant 470 chevaux et 470 lb-pi de couple. Une sérieuse rivale à l’édition 507 AMG de la Mercedes-Benz de Classe C. Et dès que l’on enfonce l’accélérateur, on comprend pourquoi ce véhicule rejoint les exceptions du marché. Il est très facile de s’amuser et de se faire quelques frayeurs à son volant. Il faut également mentionner que la 300 SRT8 dispose d’un système d'échappement actif qui permet aux silencieux, au centre et à l'arrière, de produire une sonorité gutturale ahurissante sous la pression du moteur grâce à des valves situées sur chacune des deux tubulures. Heureusement, ce moteur est monté sur un berceau autonome rigide et profite d’une répartition de poids avantageuse, ce qui permet à la 300 d’être exploitée non seulement en ligne droite mais aussi sur un circuit sinueux.

Bref, la 300 se décline en plusieurs modèles ciblant  un large auditoire. La version d’entrée de gamme offre un excellent rapport qualité/prix alors qu’en bout de piste, la SRT8 n’est choisie que pour sa monstrueuse performance, faisant fi de son prix et de sa consommation d’essence qui frôle les 17 litres aux 100 km.

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