Kia Cadenza 2014: Kia monte l’escalier

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2014

La Cadenza est la première véritable incursion de Kia dans le marché des véhicules un peu plus haut de gamme (oublions l’Amanti qui se voulait haut de gamme sans l’être véritablement). La Cadenza, une grande berline à traction avant, est construite à partir d’une plateforme d’Optima allongée. En fait, il s’agit d’un modèle déjà vendu en Corée, sous le nom de K7.

Kia estime que les principales concurrentes de la Cadenza sont l’Acura TL, la Buick LaCrosse, la Nissan Maxima, le Lincoln MKZ et la Toyota Avalon. Côté prix, la Cadenza se situe au milieu de ce peloton, mais elle est plus puissante, mieux équipée et affiche des dimensions supérieures dans presque toutes les catégories.

Son avantage en puissance est une gracieuseté du même V6 de 3,3 litres à injection directe que l’on retrouve dans le nouveau Sorento. Ce moteur est jumelé à une transmission automatique à six rapports, avec palettes de changement de vitesse au volant.

La suspension est indépendante aux quatre roues et la Cadenza est munie d’un bon nombre de systèmes d’assistance électronique modernes : contrôle de la stabilité, freinage d’urgence, démarrage en pente, avertisseur de sortie de voie, détecteurs d’angle mort, etc. Les amortisseurs adaptatifs proviennent du spécialiste allemand Sachs. Ils ne sont pas commandés électroniquement; on fait plutôt appel à un ingénieux système de valves mécaniques qui assouplissent la suspension quand on roule à vitesse de croisière sur les surfaces lisses, et la rendent plus ferme quand on attaque des virages plus serrés.

Contrairement à d’autres modèles de la marque, la Cadenza n’offre pas le mode Flex Steer, qui permet de choisir entre trois niveaux d’assistance pour la direction. Il semble qu’il n’y avait pas assez d’espace dans le compartiment moteur. Il faut dire que cette génération de la Cadenza est en milieu de vie; la prochaine incorporera sûrement le Flex Steer.

L’élégance même
L’élégante carrosserie a été dessinée par Peter Schreyer, anciennement designer en
chef chez Kia, et maintenant président de la firme. La Cadenza n’arbore pas un style aussi marqué que l’Optima. Ce qui est sans doute normal, vu qu’elle s’adresse à une clientèle plus conservatrice. Elle garde cependant la calandre en « nez de tigre » désormais caractéristique de la marque. Les feux de position font appel à des DEL. Le modèle Premium est muni de phares adaptatifs qui pivotent en virage pour améliorer l’éclairage. La carrosserie est fabriquée à 60 % en acier à haute limite élastique, un matériau plus léger et plus solide que l’acier habituellement utilisé. À ma connaissance, Hyundai-Kia est le seul fabricant automobile qui produit son propre acier.

L’intérieur est bien fini et dégage l’impression de luxe requise dans ce créneau. Avec le modèle de base, en plus du système de navigation par satellite à commande vocale, vous avez droit à une chaine stéréo haut de gamme à 12 haut-parleurs de marque Infinity, l’accès Bluetooth, la radio satellite SiriusXM et une caméra de recul.

En passant au modèle Premium, vous gagnez un écran de tableau de bord avec affichage à cristaux liquides à TFT (transistor à couche mince), très lumineux et très lisible, un volant chauffant, un siège chauffant et rafraichissant pour le conducteur, des pare-soleils électriques à l’arrière, des cuirs Nappa plus fins et toutes sortes d’autres gâteries.

Sur la route, la Cadenza livre un roulement ferme mais bien contrôlé, les performances sont au rendez-vous et l’insonorisation est bonne; même le grondement caractéristique de l’injection directe est bien étouffé.

La transmission est fluide et enfile les rapports presque imperceptiblement. Par contre, les palettes au volant ne permettent pas de contrôler entièrement la transmission. Par exemple, on ne peut pas passer de la deuxième à la première vitesse si l’on roule à plus de 20 km/h. Impossible de mettre toute la gomme pour compléter un virage en épingle à cheveux, donc. En rétrogradant à cette vitesse, pourtant, on serait très loin de faire tourner le moteur à régime excessif. Pourquoi alors cette limitation? Personne n’a pu m’aider à résoudre ce mystère chez Kia Canada. De manière générale, la tenue de route est bonne. Par contre, il y a trop de jeu à mon gout dans la direction quand on roule en ligne droite, une caractéristique typique des directions à assistance électrique.

Rater une opportunité
Le siège du conducteur de mon modèle d’essai Premium était confortable tout en offrant un bon support. J’ai cependant des réserves pour le siège du passager avant. Il est muni d’une panoplie d’ajustements à commande électrique, mais on ne peut pas faire varier la hauteur de l’assise (ni électriquement ni manuellement). Comme les ceintures de caisse sont plutôt élevées sur les véhicules modernes, les plus petits passagers ont l’impression d’être assis au fond d’une profonde baignoire s’ils ne peuvent remonter suffisamment leur siège... La raison officieuse de cette lacune, c’est que « nos concurrents ne le font pas ». Kia offre pourtant un système de navigation de série, une chaine audio haut de gamme et une foule d’autres accessoires que la plupart de ses concurrents ne proposent pas. Pourquoi ne pas prendre les devants et offrir aussi un siège passager ajustable en hauteur?

Entre-temps, cela n’empêche pas la Cadenza d’avoir ce qu’il faut pour entrer dans la danse des grandes berlines cossues.

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