Jeep Commander 2009, si ce n'était que de l'essence…

Points forts
  • Attitude unique
  • Puissance des V8
  • Présentation intérieure soignée
  • Aptitudes hors route exceptionnelles
  • Confort de roulement intéressant
Points faibles
  • Appétit de carburant gargantuesque
  • Véritablement, un cinq passagers
  • Très forte dépréciation
  • Tenue de route quelconque
  • Pas de moteur diesel
Évaluation complète

Après une journée passée au volant du Commander 2009, je m'amusais à feuilleter les quotidiens pour y trouver des publicités et des promotions concernant ce véhicule. Je savais bien sûr que le véhicule qui m'était confié commandait un prix de détail de 56 895$, et que sa dépréciation était importante. Mais jamais je n'aurais cru à une telle dégringolade des prix.

En fait, j'ai pu voir dans le journal une publicité sur des modèles 2008 identiquement équipés à mon véhicule d'essai, flambant neufs, avec des réductions de prix pouvant atteindre 22 000$. Oui, d'une facture de 56 895$, on passait à une facture d'un peu moins de 35 000$. Et là, on ne parle pas d'un démonstrateur, mais bien d'un véhicule neuf qui dort dans l'inventaire d'un concessionnaire depuis quelques mois.

Je me suis ensuite tourné du côté des véhicules d'occasion pour constater qu'un Commander Limited équipé du moteur HEMI, âgé de trois ans, se vend actuellement à un peu moins de 20 000$. Ouch! C'est donc dire qu'ici, on ne parle plus d'une simple dépréciation, mais plutôt d'une chute drastique de la valeur du véhicule, un peu à l'image de celle de vos RÉER actuels…

2006, c'était déjà trop tard

Lancé en 2006, alors que l'essence se transigeait à environ 1,30$ le litre, le Commander aura commencé sa carrière avec un sérieux handicap. En fait, n'eût été de cette crise pétrolière, sans doute que le Commander aurait su laisser sa trace. Car en dépit de certains points décevants, ce véhicule a vraiment plusieurs atouts pour plaire.

D'abord, il faut admettre que sa ligne très angulaire révèle immédiatement ses origines. On associe directement le Commander au vieux Cherokee et même au Grand Wagoneer, dont la carrière s'est étirée sur plus de 30 ans. Sa traditionnelle calandre à sept barres verticales, ses élargisseurs d'ailes typiques et ses curieuses poignées, continuité des rails de toit, constituent des éléments esthétiques qui forment sa personnalité. 

À bord, le Commander propose pour le conducteur un fort sentiment d'invincibilité. La faible inclinaison du pare-brise, la planche de bord profonde et le poste de conduite enveloppant sont tous aussi agréables que rassurants. Côté aménagement, le dessin de la planche de bord s'harmonise à merveille avec les lignes extérieures. Massive et bien sûr, angulaire, la planche de bord intègre efficacement huit bouches de ventilation circulaires ainsi qu'une console centrale empruntée au Grand Cherokee.

Sept places, sur papier…

Avec le Commander, on attribue le confort en fonction du siège que vous occupez. Devant, aucun problème. Je dirais même que les sièges sont extrêmement confortables, juste assez fermes et suffisamment enveloppants pour vous tenir bien en place. À la deuxième rangée, l'espace demeure généreux mais l'assise trop plate de la banquette diminue le confort des occupants. Quant à la troisième rangée, dont l'accès n'est pas de tout repos, elle ne peut servir qu'à dépanner, et ce, pour de courtes distances. L'espace accordé aux jambes est risible, l'assise est nettement trop basse et le confort, inexistant. Et il ne faut pas oublier qu'avec cette banquette en place, le volume du coffre devient deux fois plus petit que celui d'une smart!

Ouf, que je suis chanceux!

Au moment de faire l'essai du Commander, le prix du litre d'essence était descendu sous la barre psychologique du dollar. Et…heureusement, car avec une consommation moyenne combinant ville et route de 18,8 litres aux 100 kilomètres, c'est un must! Bon, évidemment, le modèle mis à l'essai était équipé du fabuleux V8 HEMI de 5,7 litres, remanié cette année. En effet, il hérite pour 2009 d'un système de calage variable des soupapes, ainsi que de la cylindrée variable permettant au moteur de passer en mode quatre cylindres lorsque la puissance n'est pas requise. Tout cela a été mis en place dans un seul objectif, soit celui de sauver du carburant. Et à la lumière de cet essai, force est d'admettre que c'est encore trop peu.

Néanmoins, le HEMI gagne aussi en puissance, et on le sent. Il propose désormais 357 chevaux et 389 lb-pi de couple, ce qui lui permet d'offrir des accélérations musclées et une très grande capacité de remorquage. Et bien sûr, il faut admettre que toute cette cavalerie s'exprime via l'échappement avec la même fougue qu'un chanteur rock.

Bien honnêtement, le choix du V8 de 4,7 litres demeure cependant plus raisonnable. Avec lui, la consommation se voit réduite d'environ 15% et la puissance est amplement suffisante. Certains vous diront également qu'il s'agit d'un moteur polycarburant, mais l'éthanol étant non disponible, il ne s'agit donc pas d'un réel argument. Quant au V6 de 3,7 litres offert de série sur la version Sport, il est tout simplement à proscrire.

Jeep nous offre avec le Commander un choix de trois systèmes de rouage intégral. La version Limited équipée du moteur HEMI possède évidemment le plus évolué de tous, appelé Quadra-Drive II. Ce dernier s'avère d'une grande efficacité puisqu'il redistribue toujours la puissance aux roues qui ont le plus de traction. Il est également équipé d'un mode de démultiplication, nécessaire en conduite hors route.

Le passé apprêté au moderne

Pour moi, le Commander constitue la réelle évolution du Grand Wagoneer. Ce véhicule typique, orné de similibois et qui a incarné plusieurs rôles cinématographiques aux côtés de familles américaines parfaitement heureuses, s'est à mon sens renouvelé sous cette forme. Le problème, c'est que les mœurs et coutumes des acheteurs nord-américains ont changé depuis longtemps. On a vu passer l'aire des fourgonnettes, des voitures familiales, des VUS (plus modernes) et des véhicules multisegments. Le Commander n'est donc plus un joueur pour cette clientèle.

Toutefois, j'admets avoir eu beaucoup de plaisir à conduire ce véhicule luxueux, costaud et qui, malgré les apparences, n'est pas aussi imposant qu'on pourrait le croire. Oh certes, le roulis en virage est prononcé, la direction manque de précision et le train arrière est légèrement sautillant, mais ce sont tous ces défauts qui forment sa personnalité. Étonnamment, le véhicule s'avère néanmoins très maniable. Le cercle de braquage est passablement court et la grande puissance du V8 survient instantanément. Quant aux aptitudes hors route, elles répondront aux exigences des plus criants adeptes de ce sport.

Au revoir?

Le Commander fait partie de ces véhicules bourrés de défauts mais pour lesquels j'ai une grande admiration. Il est immensément gourmand, peu reluisant sur la route, aménagé de façon inhabile et dépassé par notre marché. Puis, il représente probablement l'un des pires investissements automobiles, si vous en payez le plein prix. Mais en dépit de tout cela, il m'imprègne d'une passion que ne peuvent m'offrir les Pathfinder, Trailblazer, Explorer et Borrego de ce monde.

Dommage que Jeep n'ait pas cru bon de lui greffer le moteur 3,0 litres turbo diesel offert dans le Grand Cherokee (qui sera momentanément retiré du catalogue pour 2009). Ce dernier aurait certainement permis au Commander de connaître un premier souffle dans sa carrière, chose qu'il n'a jamais eu jusqu'ici. Et c'est sans doute pourquoi il nous quittera sous peu, les ventes étant bien sûr marginales. Car, en ces temps de crise financière, tout ce qui ne rapporte pas coûte trop cher…

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