Scion FR-S 2014: Merci Toyota....et Subaru

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2014

Laissez-moi vous dire illico qu’il est très plaisant d’avoir à écrire sur des voitures aussi stimulantes que la Scion FR-S ou, sa sœur jumelle, la Subaru BR-Z. À son volant l’an dernier, je m’étais initié plein sourire à la joie du drifting en compagnie du spécialiste canadien de la discipline, Pat Cyr. Cette année, dans un contexte bien différent, même la boite de vitesses automatique à 6 rapports qui équipait le modèle mis à l’essai n’a pas réussi à altérer de façon probante mon enthousiasme pour ce diable de petit coupé concocté conjointement par Toyota et Subaru à partir d’un châssis commun à propulsion.

Pour ne pas froisser les adorateurs de la division automobile de la Fuji Heavy Industries qui ont l’épiderme très sensible, il faut rendre à Subaru ce qui lui appartient, soit le moteur à cylindres à plat qui a largement contribué à dessiner des voitures au profil bas qui semblent vissées au macadam. Elles incarnent l’essence même du plaisir de conduire. Pas besoin de 600 chevaux et du prix qui les accompagnent pour se promener le sourire aux lèvres. Étant donné que la BRZ fait l’objet d’un texte séparé, je m’en tiendrai à mon expérience avec la version Toyota ou, si vous préférez, de sa branche Scion. Elle loge d’ailleurs à la bonne enseigne, car cette sous-marque a été créée pour rejoindre une clientèle jeune.

Un prix souriant

En admettant que la FR-S ait tout pour plaire, il faut aussi se réjouir de constater que l’on a aligné son prix en fonction d’acheteurs ayant un budget modeste. Et, croyez-moi, avec une facture d’environ 25 000 $, force est d’admettre que l’on en a pour son argent. Exception faite du radio qui semble provenir du roi des aubaines et qui s’encastre mal dans le tableau de bord, l’intérieur est accueillant et joliment présenté avec des surpiqures contrastantes sur les sièges et le volant ainsi qu’un pédalier métallisé tout à fait dans le ton, assorti d’un généreux repose-pied. Sur la droite, le passager avant fait face à un étalage de similifibre de carbone d’un gout incertain.

Juste en face du conducteur trône le compte-tours à la Porsche au beau milieu du groupe d’instruments avec sa zone rouge bien en vue à 7 500 tours/minute. On devine tout de suite que le moteur privilégie les régimes élevés, comme on le verra plus loin. Au centre de ce cadran central loge un indicateur de vitesse numérique qui compense pour la mauvaise lisibilité de l’indicateur de vitesse situé sur la gauche. À propos de visibilité justement, et sans jeu de mots, on a déjà vu mieux et pire dans certains cas extrêmes. Les rangements ne se rangent pas non plus (on se calme, on se calme) parmi les meilleurs que nous ayons vus. En ce qui a trait à l’habitabilité de la Scion FR-S, on la décrit comme étant un coupé 2+2 pour des raisons d’assurance, mais entre vous et moi, les places arrière ne sont rien d’autre que décoratives.

Place au bonheur 

Le bonheur avec cette voiture réside sur la route et tant mieux si celle-ci serpente dans une série interminable de virages en lacet. Le levier du frein à main entre les deux sièges sera d’ailleurs apprécié de ceux qui savent s’en servir pour modifier la tenue de route. Car, la puissance, je l’ai déjà dit, n’est pas l’argument majeur de la FR-S et cela même si le petit moteur de 2 litres se réclame de 200 chevaux. C’est un moulin dont le couple est haut perché et qui met du temps à trouver son souffle. Bref, la puissance tarde quelquefois à se manifester, la voiture s’arrachant difficilement à son immobilisme. La transmission automatique est sans doute à blâmer, mais jusqu’à un certain point seulement puisqu’elle boucle les changements de rapport avec célérité tandis que la petite hausse de régime qui accompagne l’enclenchement d’un rapport inférieur est tout à fait dans l’esprit de la bête. Malgré cette apparente léthargie qui reporte à 7,8 secondes le temps requis pour boucler le 0-100 km/h, la FR-S est plus rapide qu’elle n’en donne l’air.

Quoi qu'il en soit, sa maniabilité la rend particulièrement agréable à conduire (piloter serait plus approprié) dans les petits chemins sinueux. D’autant plus que sa direction est d’une fidélité tout à fait remarquable et que le freinage ne donne jamais de sueurs froides.
En conduite sportive sérieuse, cette Scion possède l’arsenal habituel d’aides électroniques à la conduite, programmables selon votre humeur. Il suffit de pianoter sur la console où se trouvent les touches permettant d’annuler le contrôle de la traction et même le système de stabilité avec des modes Sport et Hiver au choix. L’amateur de glisse ne saurait être mieux servi.

Je ne crois pas utile de m’étendre sur qui a fait quoi dans ce duo de sportives signé Toyota et Subaru. Les deux marques ont réalisé deux petits coupés bourrés de testostérone qui viennent adroitement combler un vide important dans le marché automobile actuel. Mazda avait réussi le même coup avec sa charmante Miata en s’inspirant des roadsters anglais d’après-guerre. La BRZ et la Scion FR-S rejoignent une brochette d’acheteurs encore plus large grâce à une habitabilité supérieure et une utilisation quatre saisons plus facilement envisageable. On ne peut que dire merci à Toyota… et Subaru!

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