Land Rover LR2 0: Le dur de dur?

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2014

Mon titre est trompeur, d’où le point d’interrogation. Car s’il est un véhicule qui, pendant trop longtemps n’a pas été un dur de dur, c’est bien le Land Rover dans toutes ses évolutions et dénominations. Conduire un VUS de cette marque a longtemps été une profession de foi pour ces engins de brousse passepartout, mais pas nécessairement pour leur durabilité mécanique. En somme, si l’on m’offrait de traverser une jungle remplie de bêtes sauvages, je ne suis pas sûr que, parmi tous les VUS sur le marché, le LR2 serait mon premier choix. Mais, fort heureusement, le tableau n’est plus aussi triste.

L’emblème Land Rover n’est toujours pas un parangon de fiabilité, quoique la lumière commence à poindre à l’horizon. À ce propos, rien n’est plus éclairant que l’indice de satisfaction de la clientèle décernée par les spécialistes de J.D.Power. La marque anglo-indienne est celle qui a le plus progressé en ce domaine depuis l’an dernier, mais elle se classe toujours dernière des 11 marques de luxe recensées. Essayé dans des conditions passablement rigoureuses, le LR2 mis à ma disposition a passé le test sans coup férir malgré une petite crainte provoquée par la nature du terrain.

Du sable dans l’engrenage

J’explique. À la suite de quelques pirouettes et autres manœuvres acrobatiques sur un sentier forestier particulièrement récalcitrant, notre véhicule se mit à émettre un étrange sifflement en provenance de la roue avant gauche. Comme cet essai se déroulait sous l’œil attentif des gens de Land Rover, ces derniers nous firent savoir qu’il s’agissait fort probablement d’un caillou qui s’était coincé entre l’étrier et le disque de frein et que le bruit disparaitrait dans peu de temps. Ce qui devait arriver.

C’est dans ce genre de conditions que le LR2 mérite son titre de dur de dur et de coureur des bois. Que ce soit sur des pistes pierreuses, dans des rivières à hauteur de parechoc ou sur des sols boueux à souhait, ses capacités de franchissement sont tout simplement étonnantes. Une chose est sûre, c’est qu’il ne s’agit pas d’un VUS de salon. 

Contrairement à son grand frère, le Range Rover qui exige un très bon bilan financier, le LR2 vise la classe moyenne avec une fourchette de prix qui débute autour de 40 000 $. Le plus récent modèle a subi sa remise à niveau l’an dernier, ce qui lui a valu un 4 cylindres suralimenté de 2 litres à injection directe de 240 chevaux en lieu et place de l’ancien 6 cylindres en ligne. Il se fait accompagner d’une transmission automatique à 6 rapports. Sans être renversantes, les performances sont satisfaisantes tout comme la consommation.

Bien que les 4 roues motrices soient constamment en service, le couple qui leur est destiné varie en fonction des conditions d’adhérence grâce au système Terrain Response. Celui-ci fait la part des choses entre un terrain de gravillons, de boue, de neige ou de sable. Le conducteur peut aussi intervenir pour choisir lui-même un des quatre modes du système.    

Un autre accessoire digne de mention est le Roll Stability Control dont les capteurs gyroscopiques analysent l’angle du véhicule afin de minimiser les dangers de capotage. Je dirais même que je suis venu bien près de ce point de non-retour où l’on pouvait prévoir le pire. Or, le système a fait son travail. En passant, la garde au sol est de 21 cm et le véhicule peut rouler dans l’eau jusqu’à une profondeur de 50 cm. Sachez aussi que le LR2 combine ses qualités de grimpeur à un comportement routier qui ne vous laisse que rarement l’impression de rouler dans un camion inconfortable. La direction est particulièrement vive, assurant une maniabilité peu fréquente dans ce genre de véhicule.

Un moteur tapageur

Au volant, même si le petit 4 cylindres est un peu tapageur, le bruit est bien tamisé, les sièges en cuir sont agréables et la visibilité sans reproche. De bonnes places arrière légèrement surélevées et faciles d’accès s’ajoutent également aux qualités de ce Land Rover. Il n’est cependant pas sans failles. Avec trois personnes à bord par exemple, le dégivrage nous est apparu perfectible et, matière de gout, je dirais que le tableau de bord redessiné ne recèle aucune originalité qui permettrait de le décrire comme autrement que fade. Heureusement, l’habitacle est très clair, en majeure partie grâce à cet immense toit vitré double se prolongeant jusqu’à l’arrière.      

Des quatre versions du LR2, la SE me semble la plus intéressante en vertu d’un équipement de série qui regroupe les jantes de 18 pouces et la majeure partie des équipements électroniques d’aides à la conduite apparentée aux véhicules haut de gamme.

Après un essai aussi rigoureux, je dirais que ce « nouveau » LR2 se défend très bien dans son rôle d’utilitaire sport. En utilisation journalière toutefois, on doit préciser qu’il se retrouve au sein d’une pléiade de modèles misant davantage sur le luxe et le confort tout en étant offerts à des prix concurrentiels. La chose la plus importante à savoir cependant est la suivante : avant d’adhérer à la communauté Land Rover, il faut en connaitre les prérogatives et les aléas.

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