Toyota Tundra 2013: Pour les fidèles

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2013

Le marché des camionnettes est sectaire : la plupart de celles vendues au pays et au Québec sont achetées par des inconditionnels d’une marque en particulier. C'est ainsi qu'il y a les mordus des produits Ford, ceux qui ne jurent que par les Chevrolet Silverado ou GMC Sierra, tandis qu'un nombre sans cesse croissant est attiré par les camionnettes Ram. Et lorsqu'on discute avec ces personnes, pas question de leur faire dire qu'une camionnette de marque concurrente possède des qualités supérieures à la leur! Je n'ai pas oublié les Nissan Titan et Toyota Tundra, mais vous avouerez avec moi que leur popularité n'est pas à la hauteur de leurs concurrentes américaines..

Cet intérêt mitigé des acheteurs nord-américains pour la grosse camionnette Tundra donne certainement de l'urticaire aux dirigeants de Toyota. En effet, alors que la majorité de ses modèles sont bien accueillis sur le marché, sa grosse camionnette ne jouit pas de la popularité espérée. Et ce n'est pas faute de moyens : ils ont construit une méga usine au Texas qui a coûté plus d'un milliard de dollars pour produire cette camionnette que l'on croyait appelée à connaître un succès spectaculaire. Après tout, non seulement elle était fabriquée au Texas, l’État américain où tout est plus grand que nature, mais elle y avait aussi été conçue, dessinée et testée. Et comme c'est au Texas que l'on compte le plus grand nombre de camionnettes pleine grandeur, c'était le succès assuré. Malheureusement, les résultats au bilan des ventes se font toujours attendre bien que la camionnette elle-même possède plusieurs qualités, dont une fiabilité qui est l'apanage de la majorité des véhicules de Toyota.

La plupart des camionnettes Tundra que j'ai essayées me paraissaient trop grosses, assez peu intéressantes à piloter et leur consommation était supérieure à la moyenne. Bref, trop, c'était trop. Mais cette année, j'ai eu l'opportunité de conduire un modèle que j'ai trouvé nettement plus tentant.

Une version sportive?

La plupart du temps, les camionnettes de presse Tundra étaient des modèles à cabine allongée (double Cab) ou encore à quatre portières (Crew Cab) et dont les dimensions étaient plutôt spectaculaires, surtout dans les versions dotées de la caisse longue. Cette année, j’ai eu la surprise de pouvoir conduire un modèle à cabine simple, muni d'une boite de chargement courte, et propulsé par le moteur V8 de 5,7 litres. Contrairement au dernier modèle essayé, la cabine était luxueuse sans être d'un faste onéreux.

Bien entendu, il faut lever la jambe assez haut pour monter à bord, mais une poignée d’ancrage nous permet d'effectuer l'opération sans trop de problèmes. Il est vrai que la planche de bord n'a pas un design similaire à celui d’une auto, comme sur la plupart des modèles concurrents, mais tout est facile de consultation, les commandes sont à la portée de la main. Puisque notre modèle était à rouage 4X4, on pouvait passer de deux roues motrices à quatre roues motrices ou encore en mode démultiplié (low range) à l'aide d’un bouton très facile d'accès placé à droite du volant. De bonnes notes également pour les sièges qui offrent un confort acceptable même si leur support latéral n'est pas meilleur que sur la plupart des autres camionnettes. Derrière les sièges avant, les seuls en fait avec la cabine simple,,un espace de rangement permet de caser des objets de taille moyenne. Pour accéder à cet espace, le dossier du siège du passager bascule. Toutefois, le plancher de la cabine est très glissant et lorsqu'on y place un objet, celui-ci se déplace au moindre changement de cap.

Il suffit d’appuyer très légèrement sur l'accélérateur pour que le Tundra bondisse en avant et il faut un certain temps pour apprendre à moduler la pédale d'accélération. C'est d'autant plus important que ce moteur est relativement gourmand : la moyenne de consommation a été d'environ 17 litres aux 100 km et cela sans chargement dans la caisse ou de remorque accrochée à l'arrière. Il faut donc ménager ses transports si l'on ne veut pas souffrir d'une consommation encore plus élevée.

Par contre, compte tenu des dimensions plus raisonnables de cette Tundra, l'agrément de conduite est quand même intéressant. Il est vrai que la caisse de chargement sera jugée trop courte par certains, mais c'est suffisamment pratique dans la majorité des cas. Bien entendu, sur une mauvaise route, l'essieu arrière sautille mais c'est l'apanage de la plupart des camionnettes. En revanche, on ressent les flexions du châssis lorsqu'on roule vigoureusement sur une route défoncée. Caractéristique que s'empresse de souligner la concurrence. 

Pour amateurs de Toyota 

Si j'ai aimé mon expérience au volant de ce modèle assez agréable à conduire, je l'admets, la conduite des autres versions ne m’a pas emballé outre mesure. Leur largeur est la même, mais leur longueur hors tout est trop importante pour rouler en ville, tandis que le moteur demeure gourmand, et ce, sur toutes les versions. Bref, il faut quasiment être un inconditionnel de Toyota ou apprécier une fiabilité sans tache pour s'intéresser au Tundra, d'autant plus que ses capacités à remorquer des roulottes à bec de cygne sont plus limitées que la concurrence. Toyota doit donc trouver un moyen de hausser sa popularité.

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