Toyota 4Runner 2013: Has been

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2013

Personne ne sera surpris d’apprendre qu’un jour les 4x4 bâtis sur un châssis de camion ont connu la gloire. C’était la belle époque des Chevrolet Blazer, Ford Bronco, Jeep Cherokee et Toyota Land Cruiser. Aujourd’hui, cette catégorie a fondu comme une glace au soleil et il ne reste plus que les Nissan Pathfinder et Toyota 4Runner pour la représenter. Même  le Ford Explorer, jadis le porte-étendard de cette configuration, n’a plus de châssis autonome. Quelle voie est la meilleure? À voir les chiffres de vente, force est d’admettre que les 4x4 purs et durs n’en ont plus pour longtemps à vivre. Alors, aussi bien en profiter pendant qu’ils sont là!

Le 4Runner a connu des changements substantiels il y a déjà trois ans. Mais, même à ce moment (automne 2010), on ne peut pas dire que ses lignes péchaient par un excès de modernité. À ce chapitre, selon mon humble avis, le Nissan Pathfinder gagne haut la main. Esthétiquement, l’habitacle est mieux réussi, toujours selon mon humble et appréciable avis. Comme dans tous les 4x4 de Toyota (FJ Cruiser, Tundra, Tacoma), les boutons sont gros et faciles à manipuler, les cadrans sont bien lisibles et les espaces de rangement ne font pas défaut. Mais bon sang que les plastiques sont pauvres! Le gris souris de notre véhicule d’essai était particulièrement déprimant.

L’habitacle est vaste et les sièges avant − suffisamment larges pour accueillir l’anatomie nord- américaine − sont un peu durs mais demeurent malgré tout confortables, même après quelques heures. La banquette arrière n’est pas mal non plus. Il existe une troisième rangée, offerte avec certains groupes d’options. Cette rangée ne brille pas par son confort ni l’espace qu’elle accorde aux jambes… Le coffre est très grand et son seuil de chargement est élevé, toutefois, on n’attend pas d’un bon vieux 4x4 d’être au ras du sol. Les objets très longs, comme des madriers peuvent facilement être transportés grâce au hayon dont la vitre s’abaisse.

Côté mécanique, un seul moteur est proposé. Il s’agit d’un V6 de 4,0 litres de 270 chevaux et 278 livres-pied de couple. Cette puissance est correcte, par contre, le poids très élevé du 4Runner a une incidence négative sur les performances. La transmission, une automatique à cinq rapports, fonctionne avec toute la transparence désirée. À la fin d’un essai hebdomadaire, l’ordinateur de bord de notre 4Runner indiquait 12,1 l/100 km, ce qui est plus qu’intéressant. À moins que les circuits aient été un peu optimistes? Même quand on considère que nous avions parcouru 448 km et ajouté 55,58 litres à la fin de l’essai, on arrive à 12,4. Pas mal du tout. Pour un 4x4 de près de 2 200 kilos, bien entendu. Si nous avions fait du 4x4 extrême ou remorqué une charge de 2 268 kilos (5 000 livres), ces chiffres auraient assurément été bien supérieurs.

Chouette, d’la bouette!

Parlant de 4x4, alors là, le 4Runner en connaît un rayon. Le rouage est de type débrayable dans les versions SR5 et Trail, c'est-à-dire qu’il fonctionne en mode deux roues motrices (arrière). Un bon vieux levier bien macho sert à passer en mode 4Hi ou, quand les choses se corsent vraiment, en 4Lo. Le rouage de la version Limited est à prise permanente et le boitier de transfert est électronique. Dans les deux cas, il y a des plaques de protection pour le réservoir d’essence et le boitier de transfert. C’est du solide.

Au plafond, on retrouve un bouton permettant de sélectionner le type de terrain sur lequel on s’aventure, un peu à la façon du Terrain Response de Land Rover. Un autre bouton, enclenche le mode d’assistance en pente, ce qui permet aux freins ABS, au contrôle de la stabilité latérale et au contrôle de la traction d’œuvrer de pair pour aider le 4Runner à descendre tout seul sur des pentes difficiles. Avec ce système, n’importe qui a l’air d’un pro! Cependant, je n’ai pas trouvé que le plafond était le meilleur endroit pour loger des boutons qu’on utilise en situation critique. Il faut lever les yeux pour les manipuler, ce qui n’est pas naturel. Du moins pour moi.

Malheureusement, il y a les routes

Si les capacités hors route du 4Runner sont impressionnantes, on ne peut pas en dire autant sur la route, là où il roulera 90 % du temps. Les suspensions assurent un bon confort mais un trou ou une bosse inopportuns (et Dieu sait qu’au Québec, on a l’inopportunisme facile!) a tôt fait de les déstabiliser. La moindre courbe prise un tantinet trop rapidement fait aussitôt ressortir un important roulis. C’est un camion, après tout. La direction est un parangon de légèreté et d’imprécision et ne divulgue absolument rien du travail des roues avant.

Le 4Runner répond encore à un besoin pour certaines personnes. Sauf que depuis quelques années, plusieurs véhicules offrent des capacités hors route tout aussi intéressantes et une capacité de remorquage au moins équivalente, le tout dans un plus grand confort. Sans parler de leur puissance supérieure et de leur consommation pas nécessairement plus élevée. Après avoir marqué son époque, le 4Runner continue son petit bonhomme de chemin. À quand la retraite?

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