Suzuki Kizashi 2013: Bonne voiture, marketing fautif

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2013

 

De l'avis même des dirigeants de cette compagnie, les ventes des véhicules Suzuki au Canada pourraient être supérieures à ce qu'elles sont présentement. D'ailleurs, la direction a mis en place un programme afin de connaître des progrès sensibles à ce chapitre. Ce programme compte évidemment sur une hausse substantielle des ventes de la Kizashi, la berline intermédiaire de la marque. Lancée avec beaucoup d'éclat en 2011, celle-ci a été relativement boudée par le public.

Pourtant, elle n'est pas dépourvue de qualités, et ce, à plusieurs niveaux. Mais plusieurs erreurs de stratégie de marketing ont été commises depuis l'arrivée de ce modèle sur notre marché, et chez Suzuki on semble s’entêter à ne pas changer de cap.

Occasions ratées

Il s'en faudrait de peu pour que certains modèles proposés par ce constructeur connaissent plus de succès sur notre marché. Par exemple, la SX-4 se démarquait par plusieurs caractéristiques uniques lorsqu'elle a été commercialisée. Malheureusement, une certaine incompatibilité entre les transmissions choisies et la motorisation a découragé beaucoup d'acheteurs potentiels. On a par la suite ajusté le tir, mais l'input initial avait été plus ou moins efficace et les gens se sont tournés vers d'autres choix. Quant à la Kizashi, sa mise en marché a elle aussi été chancelante au début et elle le demeure toujours. En effet, avant de parler de silhouette et d'habitacle, il faut essentiellement parler de la commercialisation. Sans vouloir offenser qui que ce soit, la réputation des produits Suzuki sur notre marché n'est pas à son zénith. Le réseau de concessionnaires n’est pas très étendu, la fiabilité de ces produits ne figure pas en tête de liste et les valeurs de rachat sont moyennes. Mais au lieu de tenter d'intéresser les clients potentiels avec cette nouvelle berline en l’étiquetant à des prix compétitifs, on a préféré jouer la carte du modèle tout équipé vendu à un prix que plusieurs ont jugé prohibitif pour la catégorie. Quand on vend un produit qui n'a pas encore fait ses preuves à un prix surpassant la concurrence, on ne peut s'attendre à des résultats spectaculaires. Il aurait été plus sage d’offrir un modèle un peu plus dépouillé et moins cher tout en proposant une version toute équipée à un prix supérieur. Cela était et cela demeure le plus grand défaut de ce modèle : la perception de la clientèle n’est pas en accord avec le prix demandé.  Cette politique de marketing est quasiment suicidaire.

C'est dommage, car force est d'admettre que la silhouette de la Kizashi est relativement élégante. Ce n'est rien de spectaculaire, mais les lignes sont équilibrées tandis que le point central sur le plan visuel est la calandre alvéolée qui accueille le S stylisé de Suzuki. Les parois latérales sont légèrement bombées et les passages des roues sont en relief afin de donner plus de dynamisme à l'ensemble. La partie arrière est sobre à l'exception du couvercle du coffre dont le rebord est passablement accentué et sert de déflecteur.

L'habitacle est de bonne facture et les plastiques utilisés peuvent être considérés comme étant de qualité. De plus, l'habitabilité des places avant est bonne et les sièges offrent un bon support lombaire et latéral tandis que la banquette arrière est moyennement confortable. Le tableau de bord est dépouillé et la disposition des commandes est assez simple et on s'y retrouve facilement. Soulignons également, comme c'est dorénavant la tendance, que les rayons du volant accueillent les commandes gérant entre autres la téléphonie embarquée, le régulateur de croisière et le système audio.

Un moteur fort occupé

La déconvenue de ce modèle sur notre marché s’explique aussi par le fait que la motorisation n’impressionne pas. En effet, ce quatre cylindres de 2,4 litres associé à une boîte automatique à rapports continuellement variables n'a rien d’excitant. Il est vrai que ses performances peuvent être jugées adéquates, mais sans plus : il lui faut plus de 10 secondes pour atteindre les 100 km/h départ arrêté; nous sommes loin de la berline à vocation sportive! Sur une note un peu plus positive, cette transmission de type CVT n'est pas la pire du lot. L'an dernier, Suzuki avait concocté une version Sport à traction avant équipée du même moteur, mais associée à une boite manuelle à six rapports. Ce modèle a été abandonné. Cette année, on retrouve toujours un modèle Sport, le plus équipé de toutes les Kizashi, mais proposant la transmission intégrale et la boite automatique CVT, comme sur tous les autres modèles.

Sur la route, le comportement routier est correct et la tenue en virage est sans surprise à part un sous-virage qui se manifeste dans les courbes un peu plus serrées. Mais dans l'ensemble, rien de majeur à reprocher. Malheureusement, le moteur semble constamment être à la tâche et le niveau sonore dans l'habitacle pourrait être plus atténué.

Cette Suzuki n'est pas dépourvue de qualités, mais certaines lacunes au chapitre de la motorisation et une mise en marché erratique expliquent ses déboires commerciaux.

 

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