Toyota Corolla 2013: Spacieuse, sans souci... mais pas sexy

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2013

La Toyota Corolla est mûre pour une 11e (!) génération et ça se fait sentir. Ça se fait sentir dans sa motorisation qui, avec la disparition cette année de la variante XRS, se classe désormais parmi les moins puissantes de la catégorie; dans son habitacle, l’un des moins modernes; et dans son style extérieur, l’un des moins sexy. Mais bon, une Corolla, ça reste la voiture spacieuse et sans souci pour le conducteur qui cherche à se rendre à destination sans détour. Et ça, la Corolla le fait encore très bien.

Ah, l’humain! Jamais content, il en veut toujours plus. Voyez avec la Corolla : ce qui était très correct, comme 10e génération de voiture compacte, n’a pas mis quatre ans à devenir obsolète. Pas de technologies de communication ni d’écrans tactiles comme pour la nouvelle Ford Focus; pas de design à faire tomber par terre comme pour la Hyundai Elantra; pas de gadgets tout confort comme une banquette arrière chauffante (encore l’Elantra) ou le stationnement automatisé (encore la Focus). Mais... a-t-on vraiment besoin de tout ça? Non, disent beaucoup de conducteurs, pour qui la Corolla est une valeur sûre.

Désuète, mais…

Mine de rien, même si elle est l’une des dernières compactes à encore proposer une boite automatique quatre rapports (les autres en ont au moins cinq, quand ce n’est pas six), la Corolla fait bon usage de cette transmission, en toute transparence. Il faut dire qu’avec à peine 132 chevaux sous le capot, quatre rapports, ce n’est pas déshonorant. D'ailleurs, la consommation est frugale — pas autant que pour la Honda Civic (à ce chapitre, lisez notre match comparatif au début du Guide) —, mais la Corolla sait se montrer plus économe en essence que, par exemple, la Ford Focus (c’est logique, cette dernière livre quand même presque 30 chevaux de plus).

Bon, qu’on dise les vraies affaires : pousser la Corolla dans ses retranchements fait rapidement sentir ses limites. La tenue de route est si peu sportive que même la Chevrolet Cruze se montre plus solide — moins pépère, diraient les mauvaises langues. Aussi, la suspension (une poutre de torsion à l’arrière, c'est dans la norme) se secoue d'amortisseurs trop occupés sur les cahots et non seulement ça se ressent, mais ça s’entend.

Le pire n’est cependant pas au niveau de la suspension, mais plutôt de la direction (électrique, évidemment). Peu ou prou de connexion avec la route, avec en prime un flou assez sérieux au centre. Les accélérations? Pas mauvaises mais il faut quand même composer avec un son superficiel qui n’a rien de délirant. Même que ça gémit. Loin de nous l’idée de tourner le fer dans la plaie, mais si les 132 chevaux du quatre cylindres de 1,8 litre étaient dans la bonne moyenne au lancement de l’année-modèle 2009, c’est aujourd’hui presque devenu anémique pour la catégorie. Imaginez : il y a maintenant des sous-compactes qui en offrent autant…

Besoin d’un peu plus sous le capot? Il y avait bien la variante XRS avec son quatre cylindres de 2,4 litres qui produisait 158 chevaux, mais cette XRS disparaît avec l'année qui vient. Consolons-nous: non seulement cet ajout de 26 chevaux de puissance était handicapé par un surplus de poids (jusqu’à 100 kg) attribuable à des équipements additionnels, mais ça faisait grimper la facture à… plus ou moins le prix de la Camry, plus grande et plus puissante. Une disparition logique, quoi.

Pour le quotidien
Reste que si l’on recherche une conduite au quotidien sans anicroche – et sans distraction provoquée par une horde de commandes au volant ou au tableau de bord, la Corolla est un choix logique (construite en Ontario, qui plus est). Plus spacieuse que la plupart des compactes, même en tenant compte des nouvelles venues, elle peut vraiment accueillir trois adultes de taille moyenne sur la banquette (à ce chapitre, elle n'est d'ailleurs supplantée que par la Volkswagen Jetta). Vrai que l’habitacle est l’un des moins bien insonorisés de la catégorie et il fait appel à de désagréables plastiques durs, mais si l’on fait abstraction de ces deux vices, la compacte de Toyota offre un bon confort, des rangements pratiques (on aime sa boite à gants à deux ouvertures) et l’ensemble a le bonheur de s’apprivoiser en en tournemain.

Certes, les acheteurs se verront offrir, pour le prix d’entrée de gamme sous les 16 000 $, une Corolla... dont les vitres s’ouvrent à manivelle! Et s’ils équipent un tant soit peu la voiture, de façon à se retrouver à un cheveu sous les 20 000 $, ils n’auront même pas droit aux gâteries que l’on retrouve, par exemple, dans les bagnoles coréennes — pensez régulateur de vitesse… Mais bon, la fiabilité et une valeur de revente surnaturelle, il faut bien que ça se paie quelque part.

Reste que... il n’y a pas si longtemps, une compacte était une compacte. Depuis quatre ou cinq ans, le fossé s’est toutefois agrandi — à une vitesse vertigineuse, d’ailleurs. Pour demeurer dans le coup devant la compétition coréenne et celle, montante, des Américains, la prochaine génération de Corolla devra se mettre à la page — et pas que technologique.

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