Volkswagen Touareg 2013: La vie sans essence

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2013

Volkswagen a vendu plus d’un demi-million d’exemplaires de son premier Touareg. Pour un coup d’essai dans la catégorie des utilitaires luxueux, c’était quand même réussi. Le deuxième, plus grand, plus spacieux, plus performant, mieux fini et pourtant plus léger et plus frugal, fait déjà mieux. La version TDI a même été primée Utilitaire de l’année au pays par l’AJAC dès son lancement. Toutes catégories confondues, c’est sans doute le meilleur de ces engins à tout faire et son frangin n’est pas mauvais du tout.

La silhouette adoucie du deuxième Touareg, avec sa calandre plus large, fait plus auto et moins camion. Elle ne laisse pas soupçonner que sa carrosserie est plus longue de 41 mm, plus large de 12 mm et plus haute de 5 mm, sur un empattement qui a gagné 38 mm. La garde au sol a également été réduite de 10 mm, ce qui atténue encore l’impression de masse. La nouvelle coque autoporteuse, qui comporte plus d’acier à haute résistance aux points de tension névralgiques, est plus rigide de 5 %. Mais le plus important est de souligner que les modèles TDI à motorisation diesel sont plus légers de 150 kilos et les versions équipées du V6 FSI à essence de 166 kilos.

Consommateurs repentis
S’il est vrai que les TDI accusent encore plus de deux tonnes métriques, leurs cotes de consommation ville/route sont néanmoins passées de 11,9/8,0 à 11,2/6,8 L/100km. C’est évidemment un attrait majeur pour la motorisation diésel mais les versions dotées du V6 FSI à injection directe d’essence ne sont pas mal du tout, leurs cotes ayant fondu de 14,8/10,4 à 12,3/8,8 L/100 km.

Il faut dire que ces deux moteurs sont jumelés à une boite de vitesse automatique à 8 rapports qui améliore leur efficacité. Aux six premiers rapports ordinaires s’ajoutent deux rapports « écolo » qui réduisent la consommation à vitesse constante. Leur autonomie s’améliore d’ailleurs cette année puisqu’ils retrouvent le réservoir de 100 litres de leurs devanciers qu’on avait remplacé par un contenant de 85 litres. Tous peuvent tracter des charges pouvant atteindre 3 500 kilos (7700 livres) lorsqu’ils sont dotés du groupe de remorquage, une option de 705 $.

La puissance du V6 diésel turbocompressé passe également de 225 à 240 chevaux cette année et il génère toujours plus de 400 livres-pied de couple à seulement 1 750 tr/min. Assez de muscle pur pour faire passer ce lourd gaillard de 0 à 100 km/h en 8,4 secondes et lui permettre d’avaler le quart de mille en 16,1 secondes avec une pointe de 137,7 km/h. Ce que ces chiffres ne disent pas, c’est l’accord impeccable entre le moteur TDI et la boite à 8 rapports, la douceur et la belle sonorité du moteur qui fournit une poussée remarquablement fluide en accélération. Un plaisir constant, même en conduite tout à fait normale.

Cela dit, il ne faut certes pas négliger pour autant le V6 à essence qui vit dans l’ombre de son frère ultrafrugal mais n’est surtout pas dépourvu de qualités. Là encore, les chiffres annoncent 280 chevaux à 6 200 tr/min et 265 lb-pi de couple livrés de 2 500 à 5 000 tr/min. Ils ne peuvent toutefois décrire le miaulement réjouissant de ce moteur à moyen régime, en pleine accélération, pendant que la boite égrène ses 8 rapports. Un plaisir inattendu.

Des airs de salon privé
Quels que soient les vertus des groupes propulseurs du Touareg et leurs gains en efficacité, la conception, la qualité, le confort et le luxe étonnants de son habitacle sont possiblement ses plus précieux atouts. Disons à tout le moins qu’ils les complètent à merveille et permettent au plus costaud des Volkswagen de se mesurer sans peine à ce qui se produit actuellement de mieux comme utilitaire sport cossu. Le constructeur a néanmoins apporté cette année quelques retouches à la présentation de la cabine en plus d’ajouter le hayon électrique à l’équipement de série et la caméra de marche arrière à la courte liste des options.

La jante gainée de cuir est parfaitement juste en taille, en forme et en texture. Les réglages du siège sont faciles d’accès et l’indispensable repose-pied est solide et plat. L’espace est généreux à toutes les places. Le dossier de la banquette arrière se replie en sections 40/20/40 à l’aide de manettes placées dans un coffre arrière superbement fini, avec belle moquette « mur à mur » et de gros anneaux d’ancrage nickelés aux quatre coins. La classe. Un écran tactile de 8 pouces présente les menus et données de la chaîne audio à disque dur de 60 Go et des autres systèmes embarqués. Un autre écran, de 7 pouces celui-là, mais tout aussi net et clair, affiche d’autres images et chiffres entre les grands cadrans, droit devant le conducteur.

En conduite, le Touareg TDI est stable, sûr et confortable à défaut d’avoir le tempérament plus sportif de certains rivaux. C’est plutôt la version à moteur V6 FSI qui nous a surpris en combinant une douceur et une stabilité sans reproche sur l’autoroute à une direction vive et précise qui lui procure une agilité louable. Tous les Touareg profitent enfin d’un diamètre de braquage court qui les rend plus maniables en ville. Un atout de plus pour défier et semer leurs rivaux les plus huppés. Reste à voir s’ils peuvent convaincre la clientèle cible de renoncer à un écusson prestigieux et une silhouette plus chic pour ce chapelet de qualités parfaitement concrètes.

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