Nissan Maxima 2013: De plus en plus seule sur sa planète

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2013

Il fut un temps où la Maxima comptait vraiment. Une époque où elle trônait au sommet de la gamme Nissan, en imposait à ses rares concurrentes nipponnes ou américaines et pouvait même faire la leçon à quelques berlines européennes huppées. C’était il y a fort longtemps, hélas. Avant que la marque Infiniti ne reprenne le flambeau du luxe et du prestige dans la famille au début des années 90. Surtout bien avant que sa sœur l’Altima ne se mette à grandir et à briller dans le même créneau, ou presque.

De nos jours, la Maxima est comme une star oubliée qui vit modestement de son nom et de ses charmes dépareillés dans l’ombre d’une benjamine qui enchaîne les conquêtes. À quand une héritière de nouveau digne d’un nom qui n’est pour l’instant que prétentieux? On peut se demander sérieusement ce que pense Nissan pour prolonger de cette manière les supplices d’une série qui fut jadis un des piliers les plus solides de sa gamme nord-américaine.

L’autre scénario porte à conclure que le constructeur vit dans le déni le plus complet et n’a jamais réalisé que les ventes de l’Altima sont déjà maintes fois supérieures et progressent constamment. Le plus cruellement ironique est de noter que la Maxima repose, depuis son dernier remodelage en 2009, sur la même plateforme que l’Altima mais que c’est elle qu’on a vraiment redessinée cette année.

Large et toute garnie

La carrosserie de l’aînée est encore un peu plus large mais le coffre de la petite dernière est plus grand, ses accélérations au moins égales malgré une vingtaine de chevaux en moins, sa consommation meilleure et son prix nettement moindre. Sans parler de comportement, de valeur de revente ou de la version 2.5 qui est encore moins gourmande et moins chère. Pas facile de se défendre contre une telle rivale quand elle rayonne juste à côté dans la salle d’exposition.

Sur papier, la Maxima n’est certainement pas dépourvue de qualités. Nissan a d’abord la bonne habitude et la réputation méritée d’offrir un équipement de série abondant et une kyrielle de technologies novatrices et bien développées. La Maxima est généreuse sur les deux tableaux. Surtout que l’an dernier, le constructeur a choisi d’offrir désormais uniquement le modèle 3.5 SV installé au sommet de la gamme.

À un équipement qui comprend déjà largement plus que l’essentiel, on peut ajouter soit le groupe Sport qui cherche à soigner le style ou la fonction – parfois les deux à la fois –, soit le groupe Privilège qui est plutôt axé sur le confort. Le premier comprend par exemple des jantes d’alliage de 19 pouces et des phares au xénon, tandis que le second se contente de jantes de 18 pouces mais combine des sièges chauffants et ventilés, un toit ouvrant et une caméra de marche arrière.

À l’un ou l’autre, le groupe Navigation ajoute le système du même nom, un écran tactile et la connectivité Bluetooth étendue. On peut choisir aussi entre une banquette arrière dont le dossier se replie en sections asymétriques (60/40) ou un dossier fixe qui comporte cependant un passage pour les skis et semblables objets.

Élégance surtout statique

Pas laide non plus la Maxima, surtout avec les retouches apportées l’an dernier à sa calandre et sa partie arrière. Son habitacle est moderne et bien dessiné aussi, avec un volant sport à trois rayons qui ne déparerait pas une 370Z, de grands cadrans clairs et des commandes généralement efficaces et précises. L’ennui, c’est l’écart entre ces outils de conduite aux prétentions sportives très nettes et les sensations : à tout moment, la Maxima donne l’impression d’être grosse et pataude...

Cela tient d’abord à l’effet combiné des ailes avant bombées qu’on voit par le pare-brise et des centimètres de largeur additionnelle par rapport à l’Altima. Sa direction est également la moins démultipliée des berlines Nissan, mais elle se raffermit grandement dès qu’on roule, ce qui ajoute à l’impression de lourdeur. Il manque en fait à la Maxima cette cohésion qu’on retrouve chez toute bonne berline sportive dont les composantes fonctionnent en harmonie. Cette qualité intangible qui augmente autant la confiance que le plaisir de conduire.

De plus, la seule transmission offerte est une boite Xtronic à variation continue qui s’acquitte de sa tâche impeccablement en conduite urbaine mais qui n’arrive pas à contenir les élans du V6 de 3,5 litres et 290 chevaux en pleine accélération. Lorsque le couple atteint son apogée de 261 livres-pied à 4 400 tr/min, il faut tenir fermement la jante gainée de cuir du volant sport parce la réaction persiste aussi longtemps qu’on ne relâche pas la pédale, modulée par les contours du pavé. La Maxima atteint 100 km/h en 6,6 secondes mais l’opération n’a franchement rien d’agréable pour le conducteur.

Il faut souhaiter que la prochaine Maxima soit élaborée et construite sur une version de la plateforme FR qui sous-tend déjà les berlines M et G de la division Infiniti. Elle retrouverait ainsi des racines lointaines de propulsion et y gagnerait certainement un comportement plus équilibré et une conduite plus inspirante. Sans compter qu’on pourrait alors enfin se payer une Maxima à rouage intégral.

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