Chrysler 200 2013: Se fier à une femme d'expérience...

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2013

Si l’on avait à résumer en deux ou trois lignes la Chrysler 200, on pourrait dire que c'est la Sebring qui a reçu un traitement au Botox, pour ensuite changer d'appellation. Et lorsqu'elle a réalisé que ça ne prenait pas, l'intermédiaire a décidé de s'offrir au prix d'une compacte. Au moment d'écrire ces lignes, on annonçait un prix de base à rabais sous les 17 000 $...

La Chrysler 200, c'est le résultat d'un citron Sebring pressé depuis trop d'années. Même plateforme depuis 2007, boite automatique quatre rapports encore proposée en version de base, toujours pas de démarrage sans clé et autres technologies du jour. Malgré un coup de Botox servi il y a deux ans, le style tout en bulle (quoique d'une discrète élégance) a non seulement fait son temps, mais il rappelle que la 200/Sebring est, avant tout, une voiture de parcs commerciaux. Bref, rien pour attirer le consommateur vers la berline quatre portes (ou vers sa variante cabriolet, qui perd deux portes et une place arrière).

Rien pour attirer, sauf un prix désespérément abordable. Du coup, on lève moins le nez sur la conduite molletonneuse, livrée par une suspension beaucoup trop souple; sur le rayon de braquage digne d'un autobus, sur les places arrière peu généreuses, sur le revêtement en tissu qui fait très « voiture de location »; ou sur le coffre, pas le plus spacieux en ville avec 385 litres entravés par les montants de la suspension. Mais que voulez-vous, à ce prix-là, on peut bien passer sur quelques irritants mineurs, non?

Ceci dit, tout n'est pas mauvais à bord de la Chrysler 200. De fait, même à prix égal avec une Ford Fusion (plus de 21 000 $) ou une Hyundai Sonata (plus de 22 600 $), la 200 se démarque par un habitacle si bien insonorisé qu'on dirait un cocon de calme, coupé de la folie du monde. Si les sièges avant manquent de soutien latéral, ils sont en revanche très confortables, pour une balade vraiment reposante. Aussi, l'instrumentation est top classe, les commandes sont ergonomiques et logiques. Le système Uconnect est l'un des dispositifs les plus aisés à faire fonctionner avec un cellulaire. Les matériaux sont agréables au bout des doigts et l’on est content que la macédoine de textures qu'arborait la Sebring ait cédé la place à quelque chose de plus passe-partout, presque chic. Et même avec 10 000 km au compteur, notre voiture d'essai ne laissait passer aucun bruit inopportun.

Doux — mais gourmand — quatre cylindres
Est-ce que tous les conducteurs priorisent une tenue ferme qui colle en virage? Non, il y a encore des gens qui misent sur le confort et ceux-là seront heureux avec une Chrysler 200, aux amortisseurs réglés pour annihiler tous les soubresauts de la route. C'est certes loin d'assurer une tenue à toute épreuve, mais encore une fois, c'est hyper confortable. Il faut cependant se retenir de pousser la machine (au demeurant assez lourde), sinon les limites viennent vite. Surtout avec le V6 Pentastar de 3,6 litres, dont les 283 chevaux, déliés par une boite automatique six rapports (avec mode manuel à même le levier), entraînent un notable effet de couple dans le volant.

Surprise, grande surprise : même s'il ne profite pas de l'injection directe et qu'il ne produit que 173 chevaux, le quatre cylindres « mondial » de 2,4 litres paraît nettement plus puissant — dans le genre de 200 chevaux. Il assure des accélérations linéaires et de douces reprises, onctueuses même. Mieux encore : notre version agrémentée de la boîte six rapports (une automatique quatre rapports s'amène de série) ne causait pas les tremblements à l'arrêt que l'on a ressentis avec le V6. Par contre, bonjour la consommation : l'ordinateur a affiché jusqu'à du 9 L/100km sur l'autoroute. Pourtant, nous n'avons pas piloté à la Sebastien Vettel.

En attendant...
Si vous reluquez pour une décapotable, passez votre tour. La Chrysler 200 cabrio souffre de défauts majeurs. D'abord, une décapotable, c'est censé être sexy, alors que l'américaine arbore une allure plutôt générique. Aussi, le coffre, partie intégrante du ballet mécanique qui escamote le toit rigide, est si lourd à manier que c'est l'entorse au poignet assurée. Toit baissé, il ne reste plus que 187 litres de chargement — à peine plus qu'une Mazda MX-5. Notez qu'une 200 cabrio de base s'offre avec toit de toile et moteur quatre cylindres, mais il faut quand même allonger 30 000 $ pour se la procurer.

Sinon, la berline est une aubaine intéressante pour qui n'a que faire du style « Louez-moi ». Quiconque recherche une voiture confortable et bien équipée privilégie la Touring avec climatisation bizone, ordinateur de bord, sièges chauffants et démarreur à distance. La nouvelle génération fera sûrement monter à bord plus de technologies, les motorisations se mettront à jour et l’on pourra compter sur le designer montréalais d'adoption, Ralph Gilles, pour lui donner plus qu'un traitement au Botox, cette fois. En attendant, la Chrysler Sebring - pardon, la Chrysler 200 ne mérite pas d'être reléguée aux boules à mites.

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