Mercedes-Benz Classe SLK 2013: Mutation réussie

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2013

En 1996, la première génération de la SLK innovait avec son toit rigide-rétractable. Entièrement renouvelé en 2012, à l’occasion du lancement de sa troisième génération, le coupé-cabriolet SLK propose toujours ce type de toit. Et, nouveauté, on lui a également ajouté le gadget Magic Sky qui permet, à la seule pression d’un bouton, d’en varier l’opacité pour le rendre translucide ou opaque. Ce nouveau dispositif est tout à fait en phase avec la vocation première du coupé-cabriolet de Mercedes-Benz qui est d’assurer style et confort.

Avec sa carrosserie et son habitacle inspirés de la SLS AMG, la plus récente SLK a une vraie gueule de star avec sa large calandre traversée d’une bande chromée horizontale arborant fièrement l’étoile d’argent. Son toit rigide-rétractable lui permet à la fois d’assurer le confort d’un coupé et l’agrément de la conduite à ciel ouvert. Toutefois, il faut souligner le fait que le volume du coffre est réduit d’un tiers lorsque le toit est replié (de 335 à 225 litres) et qu’il faut donc éviter de le charger au maximum de sa capacité si l’on veut pouvoir profiter de la double personnalité de la SLK.

Le retour du quatre cylindres

La troisième génération du modèle marque également le retour à une motorisation quatre cylindres pour la SLK250. Très avancé sur le plan technique, ce moteur manque cependant de couple à bas régime, comme le soulignait mon collègue Denis Duquet dans le Guide de l’auto 2012 en précisant qu’il faut absolument passer du mode Économie à Sport pour connaître des accélérations dignes de ce nom. De plus, la sonorité moins évocatrice du quatre cylindres a poussé les ingénieurs à développer un générateur de son afin de donner un peu plus de punch à ses vocalises.

Grâce à son V6 de 302 chevaux, la SLK350 améliore le bilan du modèle avec ses performances plus relevées. En outre, la présence de la suspension active (Dynamic Handling Package) confère une tenue de route plus inspirée et un agrément de conduite relevé d’un cran par rapport à la SLK250.

415 chevaux sur 8, et moins sur 4

En haut de la pyramide, on retrouve la nouvelle SLK55 AMG et son V8 atmosphérique de 415 chevaux, ce qui en fait la plus puissante SLK de l’histoire. Chez AMG, le développement de la puissance a toujours été au sommet des priorités, mais la marque se doit également de faire preuve d’un peu plus de civisme. C’est pourquoi le nouveau V8 est doté du dispositif AMG Cylinder Management qui désactive les cylindres numéro 2, 3, 5 et 8 quand le moteur n’est sollicité que sur une plage partielle. Cette coupure automatique des cylindres ne peut se produire que si le conducteur sélectionne le programme de conduite C (pour Controlled Efficiency), et lorsque le moteur tourne entre 800 et 3 600 tours/minute. Il suffit toutefois que le conducteur enfonce l’accélérateur pour que le moteur respire de nouveau avec ses huit cylindres, la transition entre les deux modes de fonctionnement s’opérant en seulement trente millièmes de seconde. Évidemment, ce dispositif vise à réduire la consommation ainsi que les émissions polluantes et se double d’un système Start/Stop qui coupe le moteur à l’arrêt pour le redémarrer aussitôt que le conducteur relâche les freins.

Malgré ses dimensions compactes, la SLK55 AMG pèse tout de même 1 610 kilos et, même si elle est capable de boucler le 0-100 kilomètres/heure en 4,6 secondes, sa conduite n’est pas aussi inspirée que celle d’une Porsche Boxster S. Cette dernière demeure la référence de la catégorie, c’est du moins ce que nous avons été en mesure d’apprécier sur les sinueuses routes de la Californie à l’occasion de son lancement.

Avec ses 415 chevaux et son couple maximal de 398 livres-pied, la SLK55 AMG dispose d’une force d’accélération surprenante, ce qui lui permet de se catapulter d’un virage à l’autre, mais le système de contrôle électronique de la traction et de la stabilité intervient alors fréquemment pour tempérer les ardeurs du fougueux V8 en conduite sportive. De plus, la SLK55 AMG est également équipée du système Torque Vectoring Brake qui commande le freinage sélectif de la roue arrière intérieure à la courbe afin de faire pivoter la voiture et de bien l’inscrire en virage.

En raison de la contribution de ces divers systèmes électroniques, la conduite d’une SLK55 AMG s’avère un peu artificielle et les sensations de conduite ne sont pas aussi précises, directes et viscérales qu’elles le sont au volant d’une Boxster S. Le comportement routier de la SLK s’inscrit plutôt dans l’axe des voitures de grand tourisme que dans celui des authentiques sportives, même dans le cas du modèle le plus performant de la gamme.

Avec son habitacle qui met l’accent sur le luxe avec une finition soignée et une consommation améliorée par rapport au modèle précédent, la nouvelle SLK ne décevra pas les amateurs de conduite à ciel ouvert, pourvu qu’ils ne soient pas des inconditionnels de la conduite sport.

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