Nissan LEAF 2013: La vie sans essence

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2013

Cette fois, nous y sommes. La voiture 100 % électrique fait partie de notre quotidien après plusieurs années d’annonces et de spéculations. Le constructeur Nissan, aux côtés de Mitsubishi et GM, a été l’un des premiers à sauter dans la valse et il faut louanger les efforts accomplis. La Nissan LEAF représente un excellent premier jet dans ce segment, et même si tout n’est pas parfait, le constructeur prouve qu’il a bien maitrisé toutes les implications associées à la conduite d’une telle voiture.

Il faut avouer qu’il est très excitant de prendre les clés d’une voiture électrique et de se retrouver au cœur d’un changement aussi drastique. Au volant de la LEAF, pratiquement tout ce que nous avons toujours connu n’est plus. On doit revoir entièrement notre conception des déplacements. Le premier plaisir qu’on anticipe est celui d’avoir la chance de faire un pied de nez aux stations-services. Dans notre cas, l’idée de voyager entre la maison et le travail toute une semaine sans alourdir la carte de crédit en factures d’essence suffisait à nous faire saliver! Cependant, après notre essai, force est d’admettre que les compromis auront été plus nombreux que prévu.

L’apparence d’une voiture conventionnelle

Lors de l’arrivée de la voiture hybride, les constructeurs ont voulu souligner sa vocation particulière en lui donnant une allure rapidement identifiable. On se souvient surtout du style ésotérique de certains modèles comme la première Honda Insight. Pour la LEAF, on a décidé de jouer le tout différemment puisque la voiture pourrait très bien passer pour une compacte « normale ». Pendant notre essai, peu de gens ont remarqué que nous étions à bord d’une voiture 100 % électrique. La LEAF arbore un style sobre et discret alors que son design extérieur n’a rien de trop futuriste. Seul un emblème « Zéro Émission » qui trône à l’arrière et sur les flancs laisse entrevoir le côté vert de la voiture. Voilà qui plaira aux gens appréciant la discrétion, un peu moins à ceux qui voudraient profiter de la LEAF pour crier à quel point ils sont verts.

À bord, tout est  sobriété. Telle une compacte ordinaire, elle est en mesure d’accueillir cinq passagers, son hayon arrière une fois relevé nous laisse découvrir un espace de chargement assez généreux et la majeure partie des commandes est rapidement reconnaissable. Seuls l’instrumentation et le levier d’embrayage affichent un design distinct. Aussi, l’écran tactile situé au centre du tableau de bord dispose de fonctions supplémentaires. Cet écran informe sur la consommation d’énergie de la voiture et une carte indique la distance pouvant être parcourue en fonction de l’autonomie. Vous y trouverez également la liste des stations de charge environnantes incluant celles que vous aurez ajoutées. Nissan a pris soin d’intégrer plusieurs éléments intéressants qui contribuent à minimiser le stress lié à l’assimilation de ce nouveau type de motorisation.

Un changement de mentalité

Dès que l’on enfonce le bouton de mise en marche de la voiture, on pose les yeux sur la jauge d’autonomie. Cette dernière deviendra d’ailleurs une obsession! Premier constat, il ne faut pas toujours s’y fier, car l’autonomie affichée est en fait une estimation et ce chiffre pourra grandement varier en fonction de divers éléments, notamment l’utilisation du climatiseur et le type de route choisie. À la base, on nous promet une autonomie approximative de 160 km, mais ce ne sera pas toujours le cas, surtout par temps froid. Quant au temps de recharge, il faut facilement compter 20 heures sur une prise de 120 volts et environ sept heures avec une station résidentielle de 240 volts. Voilà un incontournable pour les futurs propriétaires.

On apprend donc à planifier nos déplacements et ça devient rapidement contraignant. On a le sentiment d’avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête. On découvre vite que la LEAF est beaucoup plus adaptée à la ville, aux routes secondaires et à une vitesse réduite; les autoroutes avec leurs limites plus élevées exigeant une consommation d’énergie beaucoup plus grande. Voilà une bonne seconde voiture, pratique si vous êtes à une courte distance de votre travail.

Sur la route, la conduite est tout de même transparente. Vous pourrez sans peine suivre la circulation alors que la vitesse maximale de la voiture se situe à environ 140 km/h. Histoire d’économiser un peu plus d’énergie, un second déplacement du levier de vitesses vers la position « D » engage le mode Eco. Il maximise l’économie d’énergie et la recharge de batteries lors des décélérations. Pour gagner quelques kilomètres supplémentaires, vous pourrez toujours couper le climatiseur, ce qui bien entendu réduit votre confort. Compromis auquel nous ne sommes pas habitués...

Ne pas s’emballer trop vite

Pour le moment, il est indéniable que la voiture électrique offre pour certains consommateurs un réel attrait en permettant d’être indépendant face au pétrole. Toutefois, éviter de passer à la pompe prive notre cher gouvernement d’importantes taxes et le jour où les voitures électriques seront légion, les autorités trouveront certainement un moyen de compenser les pertes et de faire payer leurs parts aux conducteurs de véhicules électriques. Il ne faut pas rêver en couleur. Peu importe la technologie choisie dans le futur, il faudra mettre la main dans sa poche et contribuer au système…

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