Kia Rio/Rio5 2013: Oubliée la génération générique

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2013

Avec la nouvelle Rio, Kia fait preuve d’une brillante évolution. En effet, la marque sud-coréenne se défait lentement mais sûrement de son image de « p’tits chars cheaps ». Comme Hyundai, sa collègue et rivale, l’a fait récemment, avec succès. On oublie donc les voitures bien équipées, pas chères, mal finies et détestables à conduire. Dorénavant, ce n’est plus un prix que l’on achète mais une Rio.

La nouvelle Rio n’a rien, rien, rien à voir avec celle qu’elle remplace. Les lignes sont désormais modernes et, comme c’est souvent le cas dans la catégorie des sous-compactes, le modèle à hayon est plus dynamique que la berline, même si cette dernière n’a pas à rougir de son physique. Puisque c’est généralement la fonctionnalité qui prime lorsqu’on choisit une voiture de ce prix, le modèle à hayon − baptisé Rio5 −  est plus désirable grâce à son coffre pouvant contenir beaucoup plus.

En voulez-vous de l’équipement? En v’là!

Dans l’habitacle, le tableau de bord est résolument moderne et les principes de l’ergonomie sont respectés. Toutefois, plusieurs lui préfèrent celui de la Hyundai Accent, plus inspiré. Les sièges des créations coréennes et mon corps ne font pas souvent bon ménage et c’est le cas avec la Rio, 5 ou pas. Pourtant, de nombreuses personnes les trouvent très confortables. Dans quel clan vous situez-vous? Les Coréens, on le sait, n’ont pas peur de mettre de l’équipement dans leurs voitures et la Rio ne fait pas exception. La version la plus dépouillée a droit à des poignées de porte et à des rétroviseurs de la couleur de la carrosserie alors que d’autres manufacturiers (Honda, pour ne pas le nommer) s’entêtent à ne le faire que pour leurs versions les plus dispendieuses. La climatisation, les vitres, les rétroviseurs et le verrouillage à commandes électriques, les prises AUX et USB, la radio satellite et j’en passe font partie de la dotation de base. Pas pire pantoute, comme on dit en latin!

Parmi les accessoires des autres modèles, accessoires qui ne figuraient que dans les voitures de luxe il y a à peine quelques années, mentionnons la climatisation automatique, sièges avant et volant chauffants, sièges en cuir, Bluetooth, système d’infodivertissement UVO (malheureusement, il ne peut être combiné au GPS) et caméra de recul. Dans quelques années, je ne serais pas surpris de retrouver des suspensions pneumatiques et un régulateur de vitesse intelligent dans une sous-compacte Kia!

L’habitacle est bien isolé des bruits et, pour une fois dans une Kia, on peut s’entendre penser en dépit du moteur qui monte en régime. Remarquez qu’on n’est pas au volant d’une Toyota Avalon, toutefois le bruit est quand même bien contenu, « sous-compactement » parlant. L’espace est généreux et les matériaux qui le recouvrent sont d’assez bonne qualité. Les sièges arrière sont durs mais, au moins, on ne s’y sent pas trop à l’étroit (par contre, l’Accent de Hyundai offre un meilleur dégagement pour les genoux). À l’arrière, le plafond du hatchback est cependant 5 mm plus élevé que dans la berline, ce qu’apprécieront certaines têtes.

Pas besoin de faire de longues recherches pour remarquer que le coffre du hatchback est plus logeable que celui de la berline. Dans les deux cas, les dossiers de la banquette arrière s’abaissent de façon 60/40, mais ils ne forment pas un fond plat avec le reste du coffre et le seuil de chargement est un peu trop haut à mon goût. Notons que même la berline a une ouverture de coffre passablement grande.

Chevaux ou picouilles?
Sous le capot de la Rio se cache un quatre cylindres de 1,6 litre. Même s’il conserve une cylindrée identique à la génération précédente, il est complètement différent. Il développe désormais 138 chevaux et consomme moins. Merci à l’injection directe et au mode Eco Actif offert sur les modèles à boite automatique. Kia estime ce moteur bon pour 6,8 litres/100 km en ville et 4,9 sur la route. Un essai hivernal a plutôt donné 7,5 pour un parcours à 80 % sur des autoroutes à une vitesse d’environ 110 km/h. C’est bien. En tout cas, c’est bien mieux que l’ancienne génération qui avait un penchant marqué pour le pétrole… Mais la vie pourrait être encore plus belle si le sixième rapport de la boite manuelle était mieux étagé. En effet, à 100 km/h, le moteur tourne à 2 550 tours/minute, ce qui est beaucoup. À la même vélocité, l’automatique ramène les révolutions du moteur à 2 200, ce qui explique sans doute pourquoi cette dernière affiche une meilleure moyenne de consommation sur la route. Nous aurions aussi bénéficié d’une consommation moins élevée si nous avions utilisé le mode Eco Actif proposé uniquement sur les modèles à transmission automatique. Cependant, nous aurions été privés d’une bonne partie de la puissance. En effet, lorsque le mode Eco Actif est activé, l’accélérateur devient beaucoup moins sensible et les changements de rapports sont devancés. Je n’ai apprécié ce mode qu’une fois, pour me rendre chez mon dentiste qui devait me faire deux extractions… En fait, ce mode est tellement intrusif que la plupart des gens ne l’emploieront pas. À trop vouloir en faire, il passe ainsi à côté de sa cible. Quant aux 138 chevaux normaux, lire « sans Eco Actif », on peut se demander où ils les ont fichus! Avec un 0-100 km/h en 10,3 secondes, on est dans la moyenne, sans plus. Là où ce moteur se reprend, c’est au niveau de la douceur et de la souplesse. On n’a plus l’impression d’avoir affaire à un engin hystérique qui panique à la moindre montée de régime.

Deux transmissions sont proposées, soit une manuelle à six rapports et une automatique à six rapports aussi. La réputation de Kia en matière de boites manuelles ratées est bien établie mais, dans le cas de la Rio, les ingénieurs ont fait un petit effort pour mieux paraître. L’embrayage est toujours mou et le levier ne fait pas encore dans la précision, mais Kia s’approche enfin de quelque chose de vivable au quotidien. De son côté, l’automatique fonctionne avec précision et douceur et n‘handicape pas les performances du moteur.

Suspension sportive?
Au niveau du châssis, les ingénieurs ont fait du bon boulot. Il est solide à souhait, facilitant le travail des suspensions, très conventionnelles avec une configuration MacPherson à l’avant et à poutre de torsion à l’arrière. La version la plus huppée EX-Luxe a droit à une suspension sport, une appellation qui fait sourire… Selon moi, les pneus de 17 pouces qui équipent cette version y sont pour beaucoup dans le « sport ». Les autres variantes roulent sur des 15 ou des 16 pouces. Cependant, il faut avouer qu’une Rio « porte » plus dur qu’une Hyundai Accent même si les éléments du châssis sont pareils. Certains physiques sensibles pourraient trouver la Rio, suspension sport ou pas, inconfortable.

Sur la route, la petite Rio s’avère franchement agréable à conduire et il n’est pas long qu’on s’amuse à négocier les courbes de plus en plus rapidement. Le volant se prend bien en main, faisant ainsi oublier qu’il ne manifeste pas beaucoup d’émotion envers le travail des roues avant. On sent bien du roulis et du sous-virage à l’occasion mais le pied droit, le meilleur ami de l’homme, possède la clé pour résoudre ce problème. Même si cette remarque n’affecte pas le comportement routier, je dois souligner que les essuie-glaces de la Rio prêtée par Kia pour notre essai hivernal n’ont sans doute jamais été mis au courant de la façon de se débarrasser de la neige et de la gadoue. Et ce ne sont pas les quelques gros mots que je leur ai adressés qui ont amélioré les choses.

Lorsque la Rio était apparue sur notre marché en 2001, le Guide de l’auto l’avait bien entendu essayée. Jean-Georges Laliberté, notre collègue de l’époque, avait titré son essai La voiture générique. Onze ans plus tard, la Rio n’est plus générique. C’est la Nissan Versa qui l’a remplacée! Malgré tout, il faudra sans doute encore quelques années avant que la valeur de revente des produits Kia s’ajuste à leur valeur réelle.

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