Cadillac STS, super berline

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2007

L’un de mes amis est l’un des dénigreurs en chef de la marque Cadillac. Selon lui, ces véhicules sont des voitures de papy privilégiant les suspensions guimauves à un semblant de tenue de route. Mais ses objections ont fondu comme neige au soleil en l’espace de quelques secondes après que je lui ai « fait faire un tour en STS ». Une fois la balade terminée, il s’est tourné vers moi et s’est exclamé : « Ça, c’est du char ! » Et je suis persuadé que la presque totalité des gens serait du même avis s’ils avaient l’occasion de prendre le volant. La STS mérite qu’on la découvre.

Chez Cadillac, on est conscient que pour survivre dans le secteur des voitures de luxe, il fallait plus que des tapis moelleux, des sièges semblables à des fauteuils de salon et une liste d’accessoires plus ou moins pratiques. Les « Caddy » de la nouvelle génération doivent être en mesure d’affronter à forces égales les Audi, BMW, Lexus et Mercedes-Benz de ce monde. Les ingénieurs de GM ont donc reçu le mandat de développer des voitures capables d’en découdre avec les meilleures et même de les surpasser.

Version normale

Ce qui explique que la plate-forme de la STS soit l’une des plus rigides sur le marché. GM a utilisé son expérience avec les pièces formées par pression hydraulique pour développer un châssis léger et rigide qui est tout aussi sophistiqué que la concurrence. Et sans vouloir entrer dans les détails, cette « Caddy » peut être commandée avec une suspension à commande magnétique, elle s’appelle d’ailleurs Magnaride, qui permet de modifier la fermeté des amortisseurs en une fraction de seconde et de pouvoir effectuer automatiquement des ajustements presque infinitésimaux. Toujours au chapitre de la mécanique, deux moteurs sont au catalogue. Initialement, seul le moteur V8 4,6 litres de 320 chevaux était disponible et il était couplé à une boîte automatique à cinq rapports. Du moins jusqu’à cette année, car à présent, cette dernière est remplacée par une toute nouvelle transmission automatique à six rapports. Le moteur V6 de 3,6 litres est de retour, mais il conserve la boîte automatique à cinq rapports. Il ne faut pas ignorer ce moteur V6 dont les 255 chevaux font sentir leur présence. Détail d’importance, ces deux modèles peuvent être commandés avec la transmission intégrale, un argument de plus pour convaincre les résidents du Québec.

Le design du tableau de bord risque d’être d’inspiration trop américaine pour plaire à certains, mais c’est tout de même impeccable en fait d’exécution, d’assemblage et de qualité des matériaux. Cette fois, pas de pièce en plastique qui retrousse ou d’autres éléments de la sorte. Par ailleurs, un coffre à gants plus grand ne serait pas un luxe tandis que certaines appliques en option sur la planche de bord ne sont pas du meilleur goût. Mais il s’agit de détails très secondaires par rapport aux qualités routières de cette américaine. Il faudra vous lever très tôt pour prendre cette berline en défaut, et ce, peu importe la vitesse et les virages parsemant le parcours. Et les gros freins Brembo sont à la hauteur de la tâche ! Il est certain que ce comportement routier est aidé par la présence de pneumatiques performants de cote de vitesse V qui étaient montés sur notre voiture d’essai. Par contre, vous devrez être vigilant au volant car la visibilité arrière n’est pas fantastique.

Un souffle de puissance

La version à moteur V8 de la STS est déjà impressionnante avec un temps de 7,5 secondes pour boucler le 0-100 km/h, mais ce n’est presque rien avec ce que propose la STS-V, la version musclée de cette berline. Il s’agit du plus exclusif des modèles Cadillac et son prix excédant les 100 000 $ en limite la diffusion. Il faut de plus ajouter que le moteur Northstar de ce modèle est unique en son genre, et il est assemblé à la main par des artisans dans un nouveau centre technique récemment inauguré par GM à Wixom au Michigan. Il s’agit d’une version suralimentée du V8 de 4,4 litres et sa puissance est protée à 469 chevaux, un gain de 169 chevaux par rapport au moteur atmosphérique. C’est le plus puissant moteur proposé par Cadillac dans une voiture de production. Il est associé à une boîte automatique à six rapports commandée par des palettes placées sur le volant et qui permettent des changements de rapports ultrarapides. Selon GM, le 0-100 km/h est une affaire de cinq secondes ! Pour différencier ce modèle autre que par sa mécanique, l’habitacle est plus luxueux avec un cuir de meilleure qualité et des appliques en alu brossé sur le tableau de bord.

Mais ces éléments décoratifs ne pèsent pas lourd par rapport au comportement routier de cette Cadillac en tenue de sport extrême. Non seulement le moteur permet d’accélérer très rapidement, mais sa sonorité est typique de ces gros V8 américains, avec juste une touche de retenue qui nous rappelle que nous sommes dans une voiture de luxe. La direction est précise et son feedback est moins atténué que sur les STS ordinaires, mais un peu plus d’information de la part de la direction concernant la position des roues avant serait un plus pour une voiture offrant de telles possibilités sur le plan dynamique. Non seulement la STS-V est rapide, mais sa tenue en virage nous fait rêver à un match comparatif entre la nouvelle Mercedes-Benz E63 AMG et la BMW M5 sans omettre la Audi S6. Comme vous pouvez le constater, cette STS-V fraie avec des modèles capables de réussir. Et sans avoir pu la comparer côte à côte avec ces modèles, je suis persuadé que la Cadillac ne serait pas surclassée. Et si jamais vous en doutez, j’aimerais que vous ayez l’occasion de faire un tour de piste avec Robert Lutz, le V-P de GM. Je vous l’assure : un p’tit tour et vous serez convaincu !
Denis Duquet

feu vert
Version STS-V
Choix de moteurs
Finition sérieuse
Transmission intégrale

feu rouge

Silhouette générique
Visibilité 3/4 arrière
Version V8 onéreuse
Perception négative de la marque

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