Volvo V70, alternative aux V.U.S.

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2005

Les familiales de marque Volvo font partie du paysage automobile depuis des lunes. La marque suédoise continue de proposer ces voitures qui représentent une alternative valable aux véhicules sport-utilitaires dans une gamme de modèles qui est maintenant plus étendue. Ainsi, une version V70R très performante a récemment été ajoutée au catalogue, alors que les V70 et XC70 subissent une cure de rajeunissement pour l'année-modèle 2005, soit à la mi-temps de leur cycle de vie.

Parmi les changements apportés à la V70, on note le nouveau design des pare-chocs, maintenant ornés de baguettes de chrome, et les phares qui sont désormais nettoyés par des jets de lave-glace qui remplacent les petits essuie-glaces du modèle précédent. La calandre a également été redessinée ainsi que les feux arrière. La variante XC70 dispose maintenant d'une calandre distincte à laquelle s'ajoute un support de toit en aluminium brossé, des rétroviseurs extérieurs empruntés au XC90 et des plaques de protection surdimensionnées à l'avant comme à l'arrière. À l'intérieur, le design de la console centrale a été revu, de même que celui de la chaîne stéréo, et de nouveaux sièges offrent plus d'ajustements que ceux du modèle précédent. Tous ces changements sont plutôt subtils et ils ont pour effet de rehausser l'impression de luxe auprès de la clientèle.

Sur le plan mécanique, les modèles V70 et XC70 sont essentiellement inchangés, mais la version sportive T5 est maintenant animée par un moteur 5 cylindres turbocompressé, dont la cylindrée à été portée à 2,4 litres et qui développe 257 chevaux, soit 10 de plus que le modèle précédent. Les boîtes de vitesses ont également été revues, une manuelle à six vitesses ou une automatique Geartronic à 5 rapports pouvant équiper ce modèle. De plus, le nouveau châssis actif, développé pour la V70R, est maintenant offert en option sur la T5 ainsi que sur la XC70. Ce châssis actif permet d'améliorer le confort et la tenue de route au moyen de suspensions contrôlées entièrement par électronique, et repose essentiellement sur des amortisseurs dont le degré de fermeté peut être ajusté 500 fois par seconde. À la base, le concept de châssis actif fait appel à sept capteurs qui mesurent constamment les accélérations latérales en virage et les forces longitudinales en accélération ainsi qu'au freinage. De plus, d'autres capteurs mesurent la position et la vitesse de braquage du volant, la position de l'accélérateur de même que l'intervention des freins ainsi que du système ABS. Le microprocesseur analyse toutes ces données et adapte la fermeté des amortisseurs de façon à optimiser le comportement de la voiture. Ainsi, lors de l'accélération, le système dirige la motricité du rouage intégral vers les roues arrière et augmente la fermeté des amortisseurs afin de prévenir l'écrasement du train arrière lors du départ. Au freinage, les amortisseurs avant sont raffermis afin de contrer l'effet de plongée lors de la décélération, alors qu'en virage, les amortisseurs sont ajustés de façon à augmenter la tenue de route en réduisant le roulis. La seule intervention requise de la part du conducteur consiste à choisir entre trois modes de contrôle du châssis actif, soit le mode « confort » qui comme son nom l'indique, permet à la voiture de circuler sur une chaussée en mauvais état sans brusquer les passagers ; le mode « sport » présente un profil plus agressif qui fait la juste part entre confort et tenue de route, alors que le mode « avancé » calibre le système de façon à rendre des performances semblables à celles d'une voiture de course.

L'essai d'une V70R sur le circuit du Las Vegas Speedway m'a permis de constater l'efficacité de ce système, les caractéristiques de comportement routier de la voiture étant nettement différentes selon le réglage choisi. En mode « avancé », la V70R est transformée au point au point de ne plus la reconnaître, tellement elle est performante en virages. Comparée à une V70, dont la conduite est peu inspirée avec son roulis prononcé et sa direction surassistée, la V70R s'accroche dans les courbes avec un aplomb remarquable. Malgré ses performances rehaussées par rapport au modèle traditionnel, je tiens à vous préciser tout de suite que la V70R n'est pas aussi rapide et performante sur circuit qu'une BMW M3 ou une Audi S4, mais pour une Volvo, c'est toute une transformation !

Les retouches esthétiques apportées pour l'année-modèle 2005 ainsi que l'étendue de la gamme feront en sorte que ces voitures demeureront probablement inchangées jusqu'à leur refonte complète dans trois ans alors que la prochaine génération de ces modèles fera son entrée sur le marché. Entretemps, Volvo devra affronter un défi de taille, soit celui de rehausser la fiabilité de ses modèles. En effet, si la marque a longtemps été reconnue pour la fiabilité légendaire de ses voitures, elle montre des signes de faiblesse depuis les dernières années. Une récente étude J.D. Power, portant sur la fiabilité des véhicules de l'année-modèle 2001 après trois ans d'usage, révèle que Volvo occupe le 30e rang au classement des constructeurs, avec 346 défauts par 100 véhicules, alors que la moyenne de l'industrie est de 269. Dans ces conditions, dire qu'il y a place à l'amélioration relève de l'euphémisme, et il est à souhaiter que Volvo corrige le tir rapidement avant de dilapider son capital à cet égard.

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