Suzuki Swift+, le malheur des uns...

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2005

Les amateurs de sous-compactes avaient gardé un excellent souvenir de la petite Suzuki Swift qui avait été commercialisée jusqu'en l'an 2000. Pratique, frugale et somme toute assez résistante, elle avait souvent joué le rôle de première voiture neuve, puisqu'elle était proposée à des tarifs vraiment attractifs. Pour cette nouvelle édition apparue l'année dernière, tel un rémora nettoyeur, le constructeur japonais s'est collé sur le gros squale GM lorsque ce dernier avala le petit coréen Daewoo, et ramassa les miettes.

Clonage réussi

Il faut dire que la Swift+ est en fait ce qu'aurait pu être une Daewoo Lanos, et qu'elle est le clone de la Chevrolet Aveo cinq portes. Suzuki a en effet choisi de retenir cette unique configuration, alors que GM commercialise aussi une berline élaborée sur la même base. Les carrosseries des deux modèles apparaissent presque identiques, et leurs mécaniques sont complètement interchangeables. En fait, au-delà des quelques différences esthétiques, il faut vraiment examiner les fiches techniques à la loupe pour y trouver, finalement, quelques différences dans les équipements. Par exemple, la Swift+ arrive avec un lecteur de CD alors qu'il faut payer un supplément pour l'avoir dans l'Aveo. Cette dernière peut recevoir l'ABS en option, ce qui demeure impossible avec la Suzuki. Tenez donc compte des concessionnaires (proximité, réputation) avant de faire votre choix, tout en gardant à l'esprit que ceux arborant la bannière Suzuki sont beaucoup moins nombreux.

À l'intérieur, les choses se présentent plutôt simplement. Avec un prix d'attaque d'un peu plus de 13 000 dollars, il ne faut pas s'attendre à des miracles, même si la main-d'oeuvre coréenne travaille pour des « peanuts ». Mais les matériaux de qualité moyenne, assemblés convenablement (mieux que dans certaines américaines plus onéreuses) satisferont la plupart des clients. Les larges glaces procurent un bel éclairage naturel à la cabine, et les occupants n'ont pas l'impression de rouler dans une voiture si peu encombrante. Les sièges à l'avant présentent des assises pleine grandeur et offrent un support très convenable, malgré un tissu d'assez piètre qualité. Constat identique pour l'arrière, sauf bien entendu pour le troisième larron au milieu, qui ne voudra pas porterlongtemps sa croix, même s'il dispose comme les autres d'une ceinture de sécurité avec baudrier. Le coffre - de dimension réduite - s' agrandit bien entendu lorsque le dossier 60/40 de la banquette est rabattu, et vous devrez choisir entre des compagnons de route ou des bagages, à moins de vous procurer une boîte pour le toit. Et alors, à pleine charge, planifiez soigneusement vos dépassements.

Performances honorables

En conduite normale, le petit 1,6 litre se tire honorablement d'affaire. Doux, relativement silencieux sauf dans ses derniers retranchements, il procure des accélérations et des reprises suffisantes en conduite normale, particulièrement avec la boîte manuelle qui se laisse manier à l'aide d'une pédale d'embrayage très légère et à l'engagement progressif. On se dit que cette petite serait le véhicule idéal pour une école de conduite. En circulation urbaine, la Swift+ vous fera sourire par sa maniabilité et sa consommation raisonnable. L'automatique à quatre rapports se comporte presque comme une grande, réagissant avec douceur la plupart du temps sauf à pleine accélération, et vous fait réaliser qu'il n'y a vraiment pas si longtemps, un moteur de si petite cylindrée ne pouvait tout simplement pas supporter une telle cohabitation. Sur autoroute, à vitesse légale, la Swift+ fend l'air assez silencieusement, et le confort des suspensions vous permettra de couvrir d'assez longues distances d'une seule traite. Par ailleurs, à vitesse réduite, les ressorts et les amortisseurs réagissent plus sèchement, sans jamais sombrer dans l'inconfort des éditions précédentes. Malgré des dimensions très correctes (185/60R14) les pneumatiques manquent d'adhérence en toutes circonstances, hurlent rapidement leur dépit si vous tentez de les brusquer un tant soit peu, et sont probablement responsables des performances très ordinaires au chapitre du freinage. N'hésitez pas à vous en débarrasser, et ne faites surtout pas l'erreur de penser que vous pourrez les utiliser dans la neige, même pendant leur premier hiver.

Le niveau d'équipement apparaît aussi particulièrement bien étudié pour les tarifs. La dotation de base comprend en effet la servodirection, une instrumentation assez complète, le siège conducteur et le volant réglables en hauteur, une radio avec lecteur CD et quatre haut-parleurs, et la plupart des commodités de base. La version « S » (comme dans supplémentaire, et non sport) ajoute un lecteur MP3 et deux haut-parleurs, de petits appendices à la carrosserie, les assistances électriques pour les glaces et le verrouillage des portières, et quelques autres bricoles, le tout pour deux mille dollars supplémentaires ce qui se compare à peu de choses près aux tarifs exigés chez le gros voisin GM.

La Swift+ dans ses deux versions offre aux personnes à la recherche d'un premier ou d'un deuxième véhicule économique, pratique, simple et sympathique, une alternative très valable à ce qui est offert présentement sur le marché. Quand on réalise les coûts associés à la conception d'un nouveau modèle, il devient clair que Suzuki a vraiment bien profité de l'occasion créée par la débandade de Daewoo pour élargir sa gamme vers le bas. Le malheur des uns fait parfois la fortune de certains autres.

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