Lexus IS 300, un peu de « grrr »

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2005

Les voitures sport ont besoin d'être facilement repérables. Un peu comme si leurs propriétaires voulaient être certains que tout le monde puisse apprécier leur façon de piloter. Certains modèles pourtant, sont plus anonymes. C'est vrai, ils ont une belle silhouette, mais rien d'extravagant. Ce qui ne les empêche pas d'être des voitures de tempérament, avec une vraie personnalité. Car la seule façon de connaître une voiture, c'est de voir ce qu'elle a dans le ventre. Et la Lexus IS 300 a beaucoup de tripes.

Elle est peut-être un peu moins glamour que ses principales concurrentes, mais ce n'est sans doute que parce qu'elle appartient à une marque moins présente sur le marché nord-américain qu'elle a un peu moins la cote que les autres. Côté performance, la Lexus IS 300 a bien des leçons à donner à plusieurs autres berlines sport sur le marché.

Dans les faits, elle est la bête sauvage de sa race. Loin de la conduite stylée et un peu aseptisée de ses grandes soeurs comme la ES ou la somptueuse LS, la IS 300 est un modèle de compromis. L'équilibre, c'est ce qui caractérise cette petite bestiole au tempérament agressif.

C'est d'abord dans la silhouette que l'on ressent cet équilibre. Elle a de grandes prétentions sportives, mais son profil demeure discret et sage.

Le vrai bonheur de la IS 300 en terme de design, il appartient aux amateurs de « tuning » qui y trouveront de quoi se réjouir. Avec un tel visage, et une telle conformation, on jurerait que la IS 300 n'attend que quelques modifications pour avoir un petit air encore plus féroce. En fait, au moment de son introduction en Amérique du Nord en 2001, alors que la vague de popularité du film « Rapides et dangereux » battait son plein, les premiers acheteurs de IS 300 ont littéralement démoli l'extérieur de la bête pour la recréer de façon plus sportive.

Mais quand on y regarde de plus près, la Lexus possède un véritable corps d'athlète, avec un nez profilé et un arrière stable et solide. Ce n'est peut-être que l'habillage qui est trop sobre.

À l'intérieur cependant, attention, le ton change. On retrouve là un peu plus de la personnalité de la sportive. Les sièges de cuir sont de grande qualité, mais proposent tout de même un soutien enveloppant plus proche de la voiture de course que de la grande routière.

Même chose au niveau du tableau de bord qui, avec le style un peu éclaté inspiré des montres suisses, allie la finition luxueuse propre à Lexus à des cadrans métalliques aux allures modernes. Même le pédalier tout de métal troué et le pommeau du levier de vitesses métallique sont définitivement plus près de la sportive que de la routière.

Mordre à la route

Sur la route cependant, le compromis est moins évident. La suspension est molle, du moins pour quelqu'un qui comme moi a l'habitude de la rigidité des voitures de course. C'est surtout dans les virages que cette douceur influence, puisque le bolide prend beaucoup de roulis. Une certaine déception pour ceux qui voulaient conserver une trajectoire impeccable mais qui, en raison de ce mouvement peu souhaitable, sont obligés de modifier leur tracé.

Heureusement, sous le capot vrombit un moteur 6 cylindres en ligne 3 litres et développant 215 chevaux qui remplit à merveille toutes les fonctions qu'on lui demande, et que l'on sent capable d'en offrir un peu plus. Les plus exigeants lui trouveront toute la souplesse des sportives et une puissance largement suffisante, alors que les mordus de confort pourront se déplacer sans aucune hésitation, et sans avoir non plus à se battre tous les jours avec la bête. Encore une fois, tout est question d'équilibre.

Le boîtier de la transmission ne reçoit cependant pas les mêmes éloges de tous. Il a une course très courte, ce qui n'est pas un reproche (bien au contraire) quand vient le temps de réagir avec célérité. Il est par contre un peu trop rigide mécaniquement pour être agréable. Un peu comme si chaque fois que l'on passe une vitesse, il fallait forcer légèrement le mécanisme. Une sensation habituelle en course, mais que l'on ne désire pas nécessairement sur une Lexus.

La Lexus IS 300 berline est livrée avec une transmission automatique à 5 rapports, ou avec une version manuelle nettement plus amusante pour qui veut se sentir en pleine maîtrise de la voiture. Mais attention, il faut cependant être conscient du risque, et de l'obligation, que cette transmission plus sportive exige de la part du conducteur.

Le modèle de base est bien équipé (le contraire serait tout de même étonnant pour une Lexus), et inclut notamment un système ABS, la répartition électronique du freinage, des rideaux gonflables et un ensemble d'équipement haut de gamme dans l'habitacle.

Les véritables sportifs opteront toutefois pour la version SportCross qui arrive avec presque le même équipement, mais profite de pneus légèrement plus larges à l'arrière pour faciliter la conduite sportive. On doit par contre accepter le compromis puisque le confort s'en ressent étrangement.

La Lexus IS 300 n'est peut-être pas la sportive de l'année. Malgré des performances très relevées, et une conduite précise, il lui manque un peu de « grrr » pour être vraiment méchante. Mais si vous êtes un sportif du dimanche qui veut simplement profiter un peu du plaisir de votre automobile, elle remplira très bien la mission. Trop bien parfois pour certains conducteurs...

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