Aston Martin Rapide 2012: Attraction totale

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2012

La Rapide d’Aston Martin fait la preuve qu’il est possible d’éprouver un vrai coup de foudre pour une voiture. Élaborée sur la plateforme VH qui sert également de base aux DB9, DBS et Vantage, la Rapide fait plus de cinq mètres de long et presque deux mètres de large. Malgré son étonnant gabarit, elle réussit quand même à séduire par sa grande élégance. Avec ce modèle, Aston Martin a gagné son pari de concevoir une berline aussi belle qu’un coupé.
Lorsqu’il est question de style, les designers d’Aston Martin pourraient donner des leçons à ceux de Porsche. C’est que la Rapide est nettement mieux réussie que la Panamera, qui s’inscrit pourtant dans le même créneau, soit celui des voitures de Grand Tourisme. Chez la marque britannique, la transition d’un coupé vers une berline a été accomplie avec brio, alors que la filiation entre la 911 Carrera et la Panamera s’est avérée nettement moins heureuse chez le constructeur allemand. Avec la Rapide, la séduction passe non seulement par une silhouette très stylée, mais également par une foule de détails qui contribuent à l’opération charme. On pense notamment à la grille de calandre qui rappelle les anciennes DB5 ou encore à la signature visuelle des phares très effilés, qui donnent une image très dynamique à la voiture. La Rapide n’est pas la première berline de l’histoire de la marque, puisqu’elle a été précédée par la Lagonda, produite entre 1976 et 1989. Mais cette dernière, dont les lignes étaient taillées au couteau, ne possédait rien de l’élégance de l’actuelle Rapide, qui ne manque pas de faire tourner les têtes sur son passage.

Luxe assuré et ergonomie défaillante

Avec ses appliqués de noyer et sa sellerie de cuir, c’est un habitacle à la fois cossu et intimiste qu’offre la Rapide. Bien qu’il s’agisse d’une berline, les places arrière n’offrent toutefois pas assez de dégagement pour être confortables et exigent de véritables contorsions de la part des passagers. Au chapitre de l’habitabilité ainsi que de l’espace cargo, la Panamera, qui est pourtant plus courte que la Rapide, demeure supérieure à l’Anglaise, dont la capacité du coffre n’est que de 317 litres.

Malgré le soin évident apporté à la réalisation de l’intérieur et au choix de matériaux de qualité, certains éléments n’ont carrément pas leur place dans une voiture de ce prix, comme le volant noir dépourvu de style ou encore les boutons de commande empruntés au catalogue de pièces de Ford. De plus, l’ergonomie est sérieusement défaillante, puisque le contrôleur, qui est localisé sur la console centrale et qui tombe naturellement sous la main, ne commande que les sièges chauffants et la climatisation. Et comme il s’agit ici d’une voiture de grand luxe, on ne peut que remarquer l’absence criante d’un système de télématique. On se demande également pourquoi l’écran du système de navigation, qui dépare complètement l’intérieur lorsqu’il s’élève de la planche de bord, est aussi illisible.

Un V12 envoûtant

L’as dans la manche de la Rapide, c’est la sonorité évocatrice de son V12 fait d’aluminium. Celui-ci livre 470 chevaux et prend absolument tout l’espace disponible sous le capot. La signature vocale de la Rapide est à ce point présente qu’elle provoque des frissons lorsque le tachymètre atteint la limite de révolutions de 6500 tours/minute, provoquant ainsi l’entrée en action du rupteur. Voilà qui risque de surprendre certains conducteurs, car la zone rouge ne figure pas sur le cadran… Au chapitre des performances, la Rapide concède une trentaine de chevaux à la Panamera Turbo et elle n’est équipée que d’une boîte automatique à six rapports dont les paliers de commande sont fixés sur la colonne de direction. Quant à la Porsche, elle dispose d’une boîte à double embrayage qui compte sept vitesses. Cette dernière est nettement plus efficace, ce qui donne un avantage à l’Allemande en accélération comme en reprise. Toutefois, le son plus étouffé du V8 turbo de la Panamera est beaucoup moins expressif que le chant du V12 de l’Aston Martin, qui nous donne l’impression que la voiture est plus puissante et plus véloce qu’elle ne l’est réellement.

Dans les virages, la Rapide est très à l’aise malgré son poids élevé. C’est en partie grâce à la répartition optimale des masses. Parce que la boîte de vitesse est accolée à l’essieu arrière plutôt qu’au moteur, le poids a pu être réparti de façon égale entre le train avant et le train arrière. En conduite normale ou en ville, la Rapide est très agréable, mais le niveau de confort qu’elle offre est convenable, sans plus, en raison de la fermeté de ses suspensions. Aussi, les manoeuvres de stationnement ne sont pas des plus faciles à cause de la piètre visibilité vers l’arrière, particulièrement vers les ¾ arrière.

Avec son fabuleux V12 et sa silhouette à couper le souffle, la Rapide ne manque pas d’attributs pour séduire. Et comme la diffusion de ce modèle est très limitée, une certaine exclusivité est assurée à l’acheteur. La Porsche Panamera Turbo, concurrente directe de la Rapide, est plus performante et plus pratique, mais nettement moins réussie en ce qui a trait au style. À vous maintenant de décider quelles sont vos priorités en ce qui a trait aux voitures de Grand Tourisme.

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