Hyundai XG 350, Réserve orientale

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2005

Les petites Hyundai ont fait un bond énorme depuis quelques années. De la Pony qui a fait rager tant de propriétaires aux modèles actuels, Hyundai a même fait des pas de géant. Un de ces derniers pas de géant a permis de créer la XG 350, une berline de luxe dont les qualités sont, ma foi, assez étonnantes. En fait, certains collègues ont qualifié cette toute nouvelle Hyundai de « démonstration roulante » de la capacité du constructeur à fabriquer une bonne voiture.

Évidemment, comme le dirait Albert Einstein lui-même, tout doit demeurer relatif. La qualité des voitures Hyundai a connu une augmentation exponentielle, mais ce sont toujours les plus petits modèles, comme l'Accent, l'Elantra et le Santa Fe, qui constituent la majeure partie des ventes du fabricant coréen.

Pour tenter de corriger le tir, on a aussi amorcé un tournant nettement axé vers le design il y a quelques années. C'est ce virage qui a permis de mettre sur le marché des produits aussi réussis que le petit utilitaire Santa Fe aux lignes nettement différentes et agréables. Hyundai, c'est aussi le constructeur qui a créé la Tiburon, une sportive à la silhouette remarquable et vendue à faible coût.

Malheureusement, rien de tout cela n'a transpiré dans la XG 350 qui a conservé une ligne sobre, aux limites de l'ennui. L'année dernière, on a bien remodelé un peu la calandre avant et la porte arrière pour y ajouter un peu de chrome afin d'en rehausser le prestige, mais on ne peut pas dire que l'effet soit particulièrement réussi. En fait, contrairement aux autres modèles de la gamme qui sont nettement plus distinctifs, disons que la XG350 a un peu trop tendance à se confondre dans le paysage.

Par contre, la XG a de quoi offrir pour compenser cette apparente absence de personnalité ! En fait, grâce à son équipement et à ses performances, la grosse Hyundai tente de rivaliser avec des berlines de luxe dont le prix d'achat est souvent plus élevé de plusieurs milliers de dollars. Hyundai a donc réussi à créer une berline de luxe abordable et accessible, et dont les qualités sont plutôt bien encadrées, même si parfois insuffisantes.

Luxe discret

Sous le capot par exemple, un moteur aux performances agréables bien connu : le moteur Sigma de 3,5 litres qui équipe aussi le Santa Fe (avec six chevaux de plus cependant !) de même que la Kia Sedona. L'engin est souple, puissant sans être très sportif, et roule dans un silence quasi religieux. Il réussit à traîner la lourde carcasse de la XG 350 sans peiner et procure des accélérations adéquates et des reprises fiables, pour une voiture qui vise le créneau de luxe bien entendu.

Pour contrôler tout cela, une transmission automatique de type Shiftronic à cinq rapports, agit avec précision et une relative agilité. Le principe Shiftronic permet de transformer la transmission en mode semi-manuel, c'est-à-dire de décider soi-même des changements de rapports. Un procédé qui, sur ce genre de véhicule n'est peut-être pas indispensable (sur aucun véhicule d'ailleurs puisqu'il s'agit à mon sens d'un gadget que peu de gens utilisent) mais qui confère tout de même une petite vocation sportive si jamais le coeur vous en dit. Je parierais cependant bien un vieux deux sur le fait qu'après les premiers jours, vous n'y toucherez plus jamais tellement le mode entièrement automatique répond aux sollicitations de meilleure façon.

La suspension est bien dosée et absorbe la plupart des tracés bosselés. En revanche, elle demeure ajustée pour une conduite urbaine de voiture de luxe. Une utilisation plus agressive, surtout en virage, et vous ressentirez la voiture qui aura une forte tendance au sous-virage. Mais je ne connais personne qui se procure une XG 350 pour sa conduite sportive.

On ne peut définitivement pas parler d'une voiture à vocation luxueuse sans parler de l'intérieur. Tout de cuir vêtus, les sièges sont confortables et enveloppent bien le conducteur et son passager. À l'arrière, deux passagers trouveront place avec confort, alors que le troisième risque d'être un peu plus à l'étroit.

Le tableau de bord profite d'une ergonomie sans reproche. Les commandes sont faciles d'utilisation, suffisamment rapprochées du conducteur pour être atteintes sans contorsions, et leur design est assez simple pour qu'on comprenne au premier coup d'oeil à quoi elles servent.

La finition similibois est réussie et se marie bien avec les plastiques de bon ton qui composent l'essentiel de l'intérieur de la voiture. Bref, un intérieur accueillant et agréable à tous points de vue.

La Hyundai XG 350 ne jouera jamais dans la cour des plus grands. Mais en revanche, elle peut aisément rejoindre tous ceux qui ont envie d'une voiture de luxe et dont les options sont littéralement absentes (la seule disponible est une peinture métallisée).

La XG 350, c'est une berline qui vise le marché de luxe, mais à l'allure un peu trop réservée, comme le sont souvent les Orientaux. Une voiture qui vous plaira si vous avez envie de profiter de votre voiture sans payer trop cher.

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