Volvo C70, sexy suédoise

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2004

Ne l'oublions pas, il était une époque où le design des produits Volvo relevait davantage du char d'assaut que de l'automobile. Au tournant du millénaire, les coupé et cabriolet C70 ont heureusement contribué à faire disparaître cette corrélation, grâce à un dessin plus fluide et plus élégant. Introduite en 1997 dans le blockbuster hollywoodien The Saint aux côtés de l'acteur Val Kilmer, la gamme C70 ne cesse depuis de battre de l'aile. Pas bénie des dieux, la voiture du Saint?

Le coupé originel a d'ailleurs pris le chemin du purgatoire l'an dernier, le ch?ur des incantations en sa faveur, à savoir l'intérêt des acheteurs, étant tombé à plat. Nous reste donc le cabriolet, et encore. L'élimination cette année du cinq cylindres turbo à basse pression ne laisse plus aux intéressés qu'une unique motorisation, soit le cinq cylindres turbo à haute pression. Bref, 2004 ne sera pas une année-charnière pour l'élégant cabriolet suédois. Petites nouveautés au menu, une nouvelle couleur extérieure baptisée « poussière de lune » et une sellerie de cuir blanc pour l'intérieur.

Uddevalla 1, Ingolstadt 0

C'est avec étonnement qu'on constate que la carrosserie de l'actuelle C70, construite à Uddevalla, en Suède, date déjà de 1996. Le cabriolet, lancé en 1999, reprend exactement les lignes du coupé dont il s'inspire. La calandre carrée est le seul élément visuel extérieur traditionnel, puisque la ligne plongeante de la caisse et les feux arrière arrondis ont fait à l'époque figure de virage à 180° philosophique pour Volvo.

Sous cette carrosserie se retrouvent de nombreux éléments de sécurité visant à compenser pour les carences typiques d'un cabriolet. La caisse est renforcée de poutrelles afin de la rendre plus rigide, tandis que deux arceaux de sécurité déployables automatiquement à l'arrière de l'habitacle assurent la protection des occupants en cas de renversement du véhicule. Une déviation latérale de 40° ou longitudinale de 72° (!) déclenche les arceaux, le tout en moins de 0,2 seconde. Les concepteurs d'Audi se sont inspirés de ce mécanisme pour l'A4 cabriolet, une concurrente introduite l'an dernier.

D'ailleurs, ce n'est pas la seule similitude que l'on retrouve entre les deux homologues, puisque l'A4 reprend également le même concept de dissimulation du toit, lorsqu'il est abaissé. Celui-ci se rabat sous un panneau qui s'agence bien avec l'intérieur de la décapotable.

Sur le plan de la mécanique, l'allemande d'Ingolstadt a encore du chemin à faire pour rattraper la scandinave, le moteur turbo de la C70 étant de loin plus agréable à utiliser que le V6 de l'A4. Offert en option l'année dernière, ce cinq cylindres turbo de 2,3 litres à position transversale prend toute la place en 2004, reléguant dans l'oubli l'autre turbo à basse pression de 197 chevaux. Celui-ci était plus souple et plus doux et semblait mieux convenir à la configuration de la voiture, mais les ingénieurs de Volvo ont décidé d'opter pour le muscle.

Notons qu'en 2003, les deux moteurs avaient déjà gagné quelques chevaux de plus, l'actuel cinq cylindres passant de 236 à 242 chevaux. Pour en apprécier pleinement la puissance, il est nécessaire d'en apprivoiser les caprices. Le turbocompresseur n'est pas exactement du genre à porter des gants blancs, son apport énergétique étant soudain et tardif. Avec la boîte manuelle à cinq rapports qui est offerte de série et 200 kilos en moins, on est bien loin de la lourdeur d'une A4 cabriolet ! En fait, on est tout aussi loin de la finesse d'une BMW 330Ci.

Uddevalla contre Graz en finale

Du point de vue ergonomique, il apparaît évident que Volvo est l'un des chefs de file dans l'art de dessiner un habitacle réussi. Les sièges avant chauffants à huit réglages électriques sont un exemple de confort, mais il ne faut pas négliger l'attention apportée à la banquette arrière, plus spacieuse et plus confortable que la décevante moyenne de ce qu'on trouve dans les cabriolets à quatre places.

L'accès à toutes les commandes est un jeu d'enfant pour le conducteur. La manipulation du toit escamotable, entièrement automatisée, se fait à l'aide d'une seule touche, qui prend du même coup en charge les glaces latérales. Le toit se glisse dans le coffre, réduisant sensiblement l'espace utile de ce dernier. Autre aspect négatif de ce toit, la lunette arrière est très étroite, ce qui n'est pas le cas des angles morts causés par les larges bandes de tissu qui l'encadrent.

Lorsque le toit est en place, l'habitacle devient très silencieux. Cela permet de découvrir une autre qualité cachée des véhicules de la marque Volvo, la chaîne audio. Un système à 12 haut-parleurs de 400 watts avec capacité ambiophonique Dolby Pro Logic. Comme le dit si bien Rémy Girard dans Le déclin de l'empire américain, « C'est pas d'la tarte, Ça ! ».

ConÇu dans les froides landes scandinaves, le cabriolet C70 se doit d'être aussi utilisable en hiver. L'étanchéité de la toile ne semble pas faire de doute quant à sa résistance à la neige. Les systèmes d'aide à la traction devraient se charger du reste. Un système antipatinage de série se voit secondé par un régulateur de traction dans le modèle à transmission automatique.

Enfin, pour pousser plus loin la comparaison, il sera intéressant de voir où se situe la nouvelle 93 décapotable de Saab dans ce créneau. Deux suédoises décapotables, toutes deux munies d'un turbo? Voilà un match comparatif qui devrait en intéresser plusieurs ! Sérieusement, la liste d'améliorations techniques apportées à la nouvelle 93, son prix qui devrait être très concurrentiel et la refonte de sa carrosserie sont autant de rides qui marquent l'état vieillissant de l'autre suédoise, la C70. C'est le Saint qui doit se creuser la tête !

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