Toyota Tundra, l'anti-américain

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2004

Malgré son imposant réseau de concessionnaires et des ressources illimitées, Toyota n'a jamais osé attaquer les constructeurs américains sur leur terrain de prédilection, soit celui des grosses camionnettes. Si les manufacturiers nippons ont pavé la voie aux modèles compacts, ils ont toujours évité de produire des modèles similaires aux Ford F-150 et Chevrolet Silverado. Il aura fallu l'audace de Nissan avec son nouveau modèle Titan pour que cette situation se produise. Il aura fallu l'audace de Nissan avec son nouveau modèle Titan pour que cette situation se produise. C'est sans doute ce qui a incité Toyota à répliquer en modifiant les dimensions du Tundra.

En effet, cette année, celui-ci est plus long, plus large et plus spacieux. Le modèle Double Cab possède un empattement plus long de 3 cm, sa longueur a progressé de 33 cm tandis que sa hauteur a gagné 7,7 cm. Enfin, soulignons que la caisse est plus profonde de 10,2 cm. Sans être spectaculaires, ces augmentations de dimensions font toute une différence en fait d'habitabilité.

Les grands bénéficiaires seront les occupants des places arrière. IIs auront autant d'espace que les passagers arrière d'un Sequoia. De plus la banquette est confortable, et son dossier est inclinable en plus de pouvoir être séparé en mode 60/40. Il faut également ajouter que la lunette arrière assistée à ouverture verticale avec dégivreur est la seule de sa catégorie. Elle est empruntée au Sequoia, le plus gros VUS de la famille Toyota.

Avec son habitacle qui semble avoir été emprunté à une berline et une finition de limousine, il a tout pour intéresser la personne qui cherche un véhicule pratique, mais qui soit aussi suffisamment confortable pour être utilisé comme véhicule personnel.

Une recette connue

Le numéro un japonais a atteint des sommets en fait de chiffres de vente et de satisfaction de la clientèle en proposant une silhouette assez générique, un habitacle confortable et une mécanique aussi fiable que sophistiquée dans pratiquement tous ses modèles. Le Tundra répond à cette définition à la lettre. Si les stylistes des autres compagnies tentent de dessiner des camionnettes dont la silhouette se démarque, Ça semble être le contraire chez Toyota avec une présentation extérieure on ne peut plus sobre. Cela permettra au Tundra de ne pas se démoder sur le plan visuel au fil des ans.

L'habitacle du Tundra n'a rien à envier à celui d'une automobile. Non seulement la finition est pratiquement sans faille, mais la qualité des matériaux s'avère exemplaire. Il faut également ajouter des sièges avant confortables avec un support pour les cuisses supérieur à la moyenne. Cependant, la présentation du tableau de bord n'affiche pas une élégance à tout casser. En fait, seul le volant de type sportif et des cadrans à fond blanc ajoutent un brin d'originalité.

Malheureusement, les places arrière du modèle quatre portes ne sont pas tellement confortables en raison d'un dossier légèrement incliné vers l'avant qui devient un irritant majeur lors de longues randonnées.

Tout en douceur

Les mécaniques de Toyota sont reconnues pour leur fiabilité, mais aussi pour leur raffinement. C'est ainsi que le Tundra a été la première camionnette de cette catégorie à être équipée d'un moteur V8 à double arbre à cames en tête. Ce V8 de 4,7 litres offre également une douceur remarquable. À tel point qu'on croit avoir une turbine sous le capot au lieu d'un moteur à combustion interne. Ses 245 chevaux expliquent pourquoi le 0-100 km/h est bouclé en 8 secondes et des poussières tandis que les reprises sont aussi nerveuses. Et ces chiffres seraient encore meilleurs si la boîte automatique à quatre rapports répondait plus vivement aux sollicitations de l'accélérateur. Mais les ingénieurs ont préféré plus de douceur, ce qui explique cette paresse.

Il ne faut pas non plus ignorer le moteur V6 de 3,4 litres. Ses 190 chevaux suffisent à la tâche si vous ne prévoyez pas transporter des objets très lourds et il peut être associé à une boîte manuelle à cinq rapports. Cela permet d'obtenir une meilleure consommation de carburant, car le moteur V8, comme tous les autres de cette puissance et de cette cylindrée, s'avère gourmand.

Mais il n'y a pas que les moteurs qui soient doux. La conduite de cette camionnette nous surprend car, malgré la présence de ressorts elliptiques tentant de maintenir l'essieu arrière rigide sur la route, les trous et les bosses sont avalés comme si de rien n'était. Il est facile de constater que les ingénieurs ont utilisé une grande quantité de blocs amortisseurs, mais le résultat justifie leur présence. Par contre, le châssis en souffre légèrement et ne suit pas toujours le rythme. Heureusement que le feedback de la direction à assistance variable compense quelque peu et contribue à l'agrément de conduite.

Ce choix en faveur du confort pénalise le comportement du camion lors de man?uvres d'urgence. Trop mollement amorti, l'arrière se déhanche de faÇon spectaculaire lors d'un changement de cap rapide. Et si jamais vous devez freiner d'urgence, sachez que la pédale de frein spongieuse n'est pas de nature à vous rassurer. Mieux vaut garder vos distances.

Camionnette quasiment urbaine, le Tundra se révèle un compromis intéressant pour la personne qui recherche une bonne capacité de chargement, une mécanique fiable et des dimensions qui ne donnent pas l'impression d'être au volant d'un train routier. Son prix est peut-être plus élevé que la moyenne, mais sa qualité d'ensemble le justifie.

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