Ferrari 612 Scaglietti, l'hommage à Sergio

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2005

Pour les plus fortunés de la planète, ce n'est pas le choix qui manque lorsque vient le temps de rouler. Il faut croire qu'il existe un marché très lucratif dans le créneau des voitures GT haut de gamme, puisque Ferrari y revient en force avec la 612 Scaglietti qui vient remplacer la 456 (avec nous depuis douze ans déjà), et qui vient concurrencer directement les Aston Martin Vanquish, Mercedes-Benz CL65 AMG et CL600, ainsi que la Bentley Continental GT.

Pour se mériter une place sur la grille de départ de ce plateau relevé, il faut répondre à plusieurs critères. La voiture se doit presque d'être un coupé avec un habitacle de configuration 2 + 2, et le moteur se doit d'être un 12 cylindres (en configuration V12 pour la Vanquish et la CL600 et en configuration W12 pour la Continental GT) ou, à tout le moins, un V8 suralimenté (CL65 AMG). Toutes ces voitures font appel à des moteurs capables de développer plus de 450 chevaux et à ce chapitre, la 612 Scaglietti en revendique 533 ce qui la place au second rang juste derrière la Bentley Continental GT (552 chevaux). De ce côté, il est important de préciser que la plupart des propriétaires de ce type de voiture n'en exploitent que très rarement le plein potentiel de performance, c'est juste qu'ils aiment bien en parler de temps à autre...

Le nom de 612 Scaglietti à été retenu en hommage à Sergio Scaglietti qui a conçu plusieurs des voitures sport de la marque pendant les années cinquante et soixante.

Ce qui frappe au premier coup d'oeil, ce sont les lignes très prononcées qui partent sous la calandre pour remonter sur les phares et se prolonger sur les ailes avant jusqu'à l'arrière de la voiture. Aussi, les flancs de la 612 Scaglietti rappellent un peu ceux de la BMW Z4 avec cette légère dépression creusée entre les puits de roues avant et l'arrière des portières.

Empattement de géant

Tout comme la 360 Modena, la 612 Scaglietti à été construite avec une structure et une carosserie tout en aluminium afin de réduire son poids, et la plate-forme ainsi développée servira également de base pour la réalisation de l'éventuelle remplaçante de la 575 Maranello dont l'empattement (distance entre le moyeu des roues avant et arrière) sera cependant plus court. C'est d'ailleurs la mesure de l'empattement qui impressionne le plus chez la 612 Scaglietti puisque celui-ci fait 295 cm, soit autant que celui des véhicules sport utilitaires Chevrolet Tahoe et GMC Yukon... Cet empattement allongé s'explique par la localisation du très long moteur V12 de 5,7 litres derrière l'axe des roues avant, et par le fait que les concepteurs ont voulu recentrer les masses de la voiture. Le résultat est probant puisque 85 pour cent de la masse se retrouve maintenant entre les trains avant et arrière, contrairement à 70 pour cent dans le cas de la 456, ce qui devrait conférer à la 612 Scaglietti un comportement routier plus agile et dynamique, d'autant plus que sa réalisation en aluminium la rend plus légère d'environ 60 kilos.

Du muscle

Le moteur V12 est dérivé de celui de la Ferrari Enzo, mais la cylindrée en à été réduite de 6,0 à 5,7 litres et la boîte de vitesses à été localisée près du train arrière ce qui donne une répartition du poids de 46 pour cent à l'avant et 54 pour cent à l'arrière. De ce côté, deux boîtes peuvent équiper la 612 Scaglietti soit la boîte F1 ou encore une boîte manuelle traditionnelle à six vitesses. Vous noterez également que la boîte automatique qui pouvait être choisie par l'acheteur d'une 456 ne figure plus au catalogue. Le rapport poids/puissance de la 612 Scaglietti (2 050 kilos - 533 chevaux) devrait théoriquement lui permettre d'abattre la marque des 100 kilomètres/heure en 4,2 secondes, le quart de mille en 12,3 secondes et la vitesse maximale de 325 kilomètres/heure, selon Ferrari.

L'habitacle de la 612 est assez spacieux pour accueillir 4 personnes à bord et, ayant réglé le siège du conducteur à la position idéale pour moi (je mesure 1m77), j'ai pu m'asseoir assez confortablement dans le siège arrière gauche, bien que la manoeuvre soit compliquée car la portière n'ouvre pas très large. J'ai également pu constater que les sièges des places arrière sont presque aussi ajustés que ceux des places avant et devraient donc offrir un excellent soutien latéral en virage. Quant au coffre, son volume a été augmenté de 25 pour cent par rapport à la 456. Pour les impressions de conduite, il nous faudra malheureusement attendre l'an prochain pour vous en faire part, Ferrari n'ayant pas de 612 Scaglietti dans sa flotte de presse au moment d'écrire ces lignes. Il nous est donc impossible de valider ou d'infirmer les dires du constructeur quant aux performances annoncées. Toutefois, comme la 456 datait de douze ans déjà, il y a fort à parier que les progrès réalisés par la 612 Scaglietti devraient être marquants. Par ailleurs, son prix n'a pas encore été fixé en dollars canadiens, mais les premiers échos font état d'un prix d'un quart de million en dollars américains.

L'arrivée de ce nouveau modèle complète également la transformation des appellations chez Ferrari. Deux des trois modèles de la gamme étaient identifiés par trois chiffres suivis d'un nom de ville - 360 Modena et 575 Maranello - et ils le demeurent. Tel que mentionné précédemment, dans le cas qui nous intéresse, la 612 Scaglietti fait référence à une personne tout comme la Enzo, nommée en l'honneur de Enzo Ferrari.

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