Mercedes-Benz Classe M, une histoire d'honneur

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2004

Au début des années 1980, la compagnie Mercedes-Benz était attaquée de toutes parts. Non seulement les constructeurs japonais venaient s'immiscer dans la chasse gardée germanique qu'était la catégorie des voitures de luxe, mais de nouveaux créneaux s'ouvraient sur le marché nord-américain et il fallait réagir. L'époque où Stuttgart dominait le marché de luxe à coups de diktats et de voitures prenant une éternité à développer était bel et bien terminée.

Mais si une compagnie était bien équipée pour répondre à ces nouveaux concurrents, c'est bien Daimler-Benz dont l'excellence technologique n'était pas à prouver. Toutefois, la partie n'a pas toujours été facile comme en témoigne la carrière de la Classe M qui a connu des succès commerciaux dès son arrivée sur le marché, mais dont les niveaux de qualité n'étaient pas à la hauteur de la renommée de la marque.

Aussi bien en parler immédiatement pour nous concentrer sur la conduite et la mécanique ensuite. Les premiers exemplaires de la Classe M étaient affligés d'une finition nettement perfectible, d'un siège arrière repliable à plat d'un fonctionnement très complexe et d'une peinture de très mauvaise qualité. C'était comme si on avait demandé à General Motors de s'occuper de la peinture de la Classe M. Et la plupart des gens déploraient également la présentation intérieure qui n'avait pas tellement d'affinités avec les autres produits arborant l'étoile d'argent.

Malgré des ventes encourageantes, l'honneur de la compagnie en fait de qualité, de fiabilité et de conception était en jeu. D'autant plus que BMW s'amenait avec le X5. Des dizaines d'ingénieurs ont été mandatés pour s'attaquer aux problèmes de la qualité de la finition. Tant et si bien que celle-ci est maintenant correcte compte tenu du prix demandé. Il est toutefois dommage que les budgets n'aient pas permis de revoir le tableau de bord de fond en comble afin de remplacer ces insignifiants porte-verres placés à chaque extrémité de la planche de bord et qui empêchent presque d'accéder au levier d'ouverture de la portière s'il est déployé. Les commandes de réglage des sièges avant sont également à placer sur la liste des améliorations souhaitées.

Malgré tout, la Classe M n'est pas dénuée d'attraits et les multiples modifications apportées au fil des ans l'ont grandement bonifiée.

Un nouveau moteur

Sans tambour ni trompette, le moteur de base de ce VUS a été remplacé en cours d'année 2003 par un autre V6 dont la cylindrée était de 3,7 litres, soit 500 cm3 de plus qu'auparavant. La puissance est passée de 221 à 232 chevaux tandis que le couple est également plus élevé. Ces 11 chevaux permettent de compter sur des accélérations et des reprises plus franches. Dorénavant, le 0-100 km/h est bouclé en moins de 9 secondes.

Tous les modèles de la Classe M sont dotés d'une transmission intégrale dont les deux différentiels et la boîte de transfert sont ouverts. Ce fut l'un des premiers véhicules de cette catégorie à être équipé de ce système idéal pour une utilisation en ville et sur autoroute. Grâce à la magie de l'électronique, le couple est automatiquement réparti aux roues ayant le plus d'adhérence. Mieux encore, l'antipatinage est appliqué aux quatre roues par l'entremise des freins. Cette mécanique convient bien à la vocation urbaine de ce VUS en dentelle. Le rouage intégral est également pourvu d'un mode de conduite à deux pieds assurant un meilleur contrôle en certaines situations. Cette technique empruntée au rallye vous permet de garder le pied sur l'accélérateur et de freiner en même temps afin d'optimiser la traction tout en conservant une certaine vélocité. Il est également possible d'enclencher une démultipliée électronique qui assure un meilleur frein moteur à basse vitesse. Malgré les merveilles de l'électronique et d'un châssis autonome, j'ai toujours des réserves en ce qui concerne les ML350 / ML500 en tant que VUS purs et durs. Toute cette électronique embarquée offre des résultats spectaculaires, mais je ne crois pas qu'elle puisse soutenir une randonnée prolongée sur un sentier défoncé avec de la boue jusqu'aux essieux. Les freins vont surchauffer avant que vous soyez arrivé à bon port et vous allez trouver le temps long.

Parmi les points forts de ces deux modèles, il faut souligner une suspension indépendante aux quatre roues dont le confort est notable sur mauvaise route. Curieusement, la suspension arrière négocie moins bien les joints d'expansion sur les autoroutes. Parmi les autres points positifs dignes de mention, citons la boîte automatique à cinq rapports, une tenue de route supérieure à la moyenne de la catégorie et un rouage intégral bien adapté à une utilisation mi-ville, mi-campagne. Bien entendu, le prestige de la marque est un élément qui a influencé bien des acheteurs, d'autant plus que les premières ML affichaient un prix très attrayant.

D'ailleurs, les problèmes de la ML ont débuté avec les économies réalisées par l'équipe de conception afin d'abaisser les coûts de construction. Certaines approches traditionnelles de Mercedes ont été remplacées par d'autres. Ce qui explique pourquoi l'habitacle ressemblait à celui qu'aurait proposé une marque américaine avec des détails d'aménagement saugrenus et des accessoires bon marché. Puisque l'honneur de la compagnie était en jeu, plusieurs des vices initiaux ont été corrigés et la famille ML est devenue plus homogène de nos jours. Plusieurs modèles concurrents sont arrivés sur le marché depuis, mais cette Mercedes résiste à tous les assauts.

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