Chrysler Sebring, belle et presque bum !

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2005

On peut sans doute reprocher beaucoup de choses à Chrysler mais personne ne peut nier le talent de ses designers. Rappelez-vous ces fameux "muscle cars" qui tenaient difficilement la route mais dont les lignes font encore rêver. Je parle ici des Dodge Charger et Challenger et Plymouth Road Runner, entre autres. Aujourd'hui, il faudrait être vraiment de mauvaise foi pour trouver la Chrysler Sebring laide ! En plus, le comportement routier s'est nettement amélioré avec les années.

Pour l'année modèle 2005, la Sebring nous revient pratiquement inchangée, ce qui n'est pas une mauvaise nouvelle. L'an dernier, la partie avant avait été revue pour mieux se marier avec l'ensemble de la gamme Chrysler. On retrouve donc toujours au catalogue la berline et le cabriolet. Ce dernier modèle s'avère tellement populaire auprès de la clientèle qu'un directeur du service chez un concessionnaire Chrysler me confiait, récemment, qu'il y en avait toujours un dans leur salle de démonstration, question d'attirer les gens à l'intérieur !

Quoiqu'il en soit, la Sebring berline reprend l'expression « il faut souffrir pour être belle » pour la transformer en « il faut souffrir parce que je suis belle »... À cause de la forme du toit, il arrive que les utilisateurs se cognent allègrement le coco en montant à bord. Toujours en rapport avec l'arc formé par le toit, les grandes personnes assises à l'avant se retrouvent avec le pare-soleil à la hauteur des yeux ! De plus, la ceinture de caisse (là où les portières se terminent et où les glaces commencent) passablement élevée, combinée à des sièges à l'assise relativement basse, donne l'impression d'être assis dans un bain très profond. Ce phénomène est encore plus remarquable à l'arrière, d'autant plus que les sièges sont très mous quoiqu'assez confortables. Quant à la visibilité 3/4 arrière, elle s'avère plutôt pauvre que ce soit avec la berline ou avec le cabriolet, si la capote est relevée.

Du fun pour pas trop cher !

Mais une fois le toit baissé, qu'est-ce qu'on voit bien autour ! Ce toit se rétracte rapidement simplement en relâchant deux attaches situées au haut du pare-brise et en actionnant un bouton situé sur la console. Enfantin ! Lorsque la Sebring est coiffée de sa toile, les bruits de la route et du vent sont bien maîtrisés et la rigidité de la caisse impressionne. Pas surprenant qu'on retrouve autant de Sebring cabriolet sur nos routes ! Il s'agit, en passant, du cabriolet le plus vendu en Amérique.

Outre ces considérations de toitures, la berline et le cabriolet se partagent un habitacle moderne. La position de conduite peut se montrer déroutante au premier abord, mais on trouve assez rapidement sa niche dans le baquet moulant et confortable. Les versions les plus luxueuses ont droit à des sièges en cuir de qualité et de suède, chauffants de surcroît mais peu adaptés aux gabarits un peu larges. Le beau volant se prend bien en main et laisse voir une instrumentation qui, à défaut d'être complète, affiche de très belles couleurs la nuit venue.

Le tableau de bord fait un peu plus gai à mesure que l'on monte dans la hiérarchie mais quelques fautes d'ergonomie ont été parsemées ici et là. Notamment, des boutons de régulateur de vitesse et d'ouverture des glaces non éclairés, une clé de contact difficile à retirer, un bouton marche/arrêt de la radio en guerre constante avec le doigt qui veut le manipuler, des ceintures de sécurité avant difficiles à attraper, des porte-verres avant mal placés et l'absence d'appuie-tête à l'arrière. En contrepartie, soulignons la belle qualité des plastiques, l'excellente réception de la chaîne stéréo et la finition très correcte.

Malheureusement, les employés chargés de la finition extérieure devaient être en pause lorsque notre véhicule d'essai est passé sur la chaîne... Mais ce n'est pas leur faute (c'est plutôt celle des concepteurs) si le couvercle du coffre est difficile à soulever, si le dit coffre n'est pas très haut et que son seuil de chargement, lui, l'est trop !

C'est au volant qu'on apprend à aimer la Sebring. Deux moteurs sont au programme. Le quatre cylindres de 2,4 litres, offert dans la version de base de la berline seulement, se tire bien d'affaire avec ses 150 chevaux même si ses vibrations et son manque de raffinement le rapprochent du domaine agricole... Par contre, le V6 de 2,7 litres développant 200 chevaux est tout à fait indiqué. Accouplé à une transmission automatique à quatre rapports avec « Autostick » dont le principal atout est de se faire oublier, ce V6 démontre de belles qualités dynamiques. Les temps d'accélérations et de reprises se situent dans la bonne moyenne mais c'est surtout au niveau de la souplesse qu'il se distingue. Jamais il ne donne l'impression de travailler ! Quant aux freins, ils font adéquatement leur besogne mais je n'ai jamais ressenti l'urgence de les tester sur une piste de course...

La suspension indépendante aux quatre coins est installée sur un châssis très rigide et fait un excellent boulot, que ce soit au chapitre du confort ou de la tenue de route, et ce, même sur une chaussée très dégradée. La Sebring affiche, comme toute bonne traction, un comportement sous-vireur. Dans le cas présent, il se montre facilement maîtrisable (merci aux pneus de 16 pouces !) même si le système antipatinage optionnel donne l'impression d'être plutôt discret.

La Sebring n'est pas une voiture sportive. Malgré cela, son comportement routier, son haut niveau de confort et sa belle gueule la placent parmi les incontournables de la catégorie. Resterait juste à Chrysler à mieux maîtriser certains principes ergonomiques et la vie serait parfaite ! Enfin, presque...

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