Toyota Tundra, solution de rechange

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2003

Les camionnettes, grosses et petites, sont toujours très en demande. Cet engouement du public s'explique en partie par le fait que les gens sont de plus en plus actifs de nos jours et que leurs intérêts sont diversifiés. Une camionnette, ce n'est certainement pas ce qu'il faut pour se rendre au bureau, mais Ça fait drôlement l'affaire si vous avez une maison de campagne, si vous effectuez des travaux de rénovation de faÇon régulière ou si vous avez une remorque à tracter. Et pour certains pépiniéristes en herbe, une boîte de camion est un don du ciel pour transporter arbres, cailloux et sacs d'engrais.

Les critères de sélection d'une camionnette varient selon qu'on l'utilise à des fins personnelles ou commerciales. Ainsi, pour les gens qui cherchent une camionnette pour leurs propres besoins, le stylisme extérieur, le confort de l'habitacle, les performances et même certains accessoires de luxe sont plus importants que la capacité de charge.

Il est évident que le Tundra a surtout été conÇu en fonction de ces acheteurs. Ses concepteurs ont tout d'abord opté pour des dimensions inférieures à celles des Dodge Ram, Chevrolet Silverado ou Ford F-150.

Si le Dodge Dakota est une solution intermédiaire entre les compactes et les modèles réguliers, le Tundra s'immisce entre le Dakota et les réguliers. Cette solution « songée » adoptée par Toyota permet de transporter un peu plus de bagages qu'un Dakota avec un encombrement moindre que les versions régulières, ce qui devrait théoriquement assurer une conduite moins intimidante pour les néophytes.

Finition Toyota

La plupart des camionnettes nord-américaines présentement sur le marché ont débuté leur carrière en tant que véhicule de travail et leur finition n'a pas toujours été très raffinée. Pour sa part, le Tundra a été créé dès le début pour servir à la fois de véhicule de tourisme et de travail. La qualité de la finition, les soins apportés à l'insonorisation et le choix des matériaux pourraient lui permettre de soutenir la comparaison avec la Camry, par exemple. Le tableau de bord n'est toutefois pas ce qu'il y a de plus spectaculaire. Les stylistes ont tenté de ménager la chèvre et le chou avec une présentation assez sérieuse pour convaincre les acheteurs commerciaux, mais suffisamment moderne pour séduire les utilisateurs individuels. C'est plutôt raté même si le volant à quatre branches apporte une touche quelque peu sportive à l'ensemble, tout comme les cadrans à chiffres blancs sur fond noir emprisonnés dans une capsule de forme ovale.

Les commandes de la climatisation et du système audio se retrouvent au centre de la planche de bord dans un module en forme de losange aux arêtes arrondies. La ventilation et le chauffage sont gérés par trois gros boutons faciles d'accès et d'utilisation. Et comme plusieurs propriétaires de cette camionnette l'utilisent pour leur travail, deux fiches 12V placées sous la planche de bord permettent d'y brancher ordinateur portable, téléphone cellulaire ou tout autre accessoire alimenté par le courant direct.

À défaut d'une présentation innovatrice, l'habitacle du Tundra convient bien au marché ciblé. De plus, les sièges avant sont confortables et leur coussin assez long permet d'obtenir un support adéquat pour les cuisses. Également plus hauts que ceux du Tacoma, ils assurent une meilleure position de conduite que dans ce dernier. Par contre, à l'arrière, c'est le désastre alors que l'accès à bord est difficile et le confort quasiment inexistant avec un dossier légèrement incliné vers l'avant qui ajoute à l'inconfort.

Un comportement civilisé

En raison de leur construction robuste et d'un essieu arrière rigide relié à des ressorts généralement assez fermes pour supporter une charge d'importance dans la boîte, les camionnettes n'ont pas la réputation d'être confortables. Plusieurs offrent une tenue de route surprenante malgré tout, mais leur confort laisse à désirer lorsqu'on roule sans charge. Le Tundra fait bande à part à ce chapitre, car la suspension absorbe les trous et les bosses avec grande efficacité. On croirait conduire une berline intermédiaire dotée de ressorts plus fermes que la moyenne. Ses dimensions raisonnables le rendent maniable ; le conducteur n'a pas l'impression de conduire une camionnette de cette taille. La direction à crémaillère à assistance variable contribue à accentuer cet effet en raison de sa précision et d'une assistance variable bien dosée. Elle élimine le flou au centre qui est la plaie de bien des camions.

La cabine est insonorisée de faÇon exemplaire, mais il faut aussi signaler que le moteur V8 de 4,7 litres de 245 chevaux est plus que silencieux et que le passage des rapports se fait comme dans du beurre. Par contre, cette boîte automatique se montre paresseuse alors qu'un délai notable se manifeste entre les passages des rapports. Ce V8 est toutefois assez gourmand ; le V6 de 3,4 litres constitue une option alternative pour ceux qui n'ont pas à transporter de grosses charges.

Confortable, silencieux, moyennement performant, le Toyota Tundra semble sans reproches. Pourtant, son comportement routier n'est pas sans faute à haute vitesse : il se déstabilise lors des changements de voies rapides et sous-vire dans les courbes serrées. La pédale de freins se révèle plus spongieuse que la moyenne même si la distance d'arrêt est correcte.

Malgré ces réserves, il ne faut pas l'exclure de votre liste, surtout si vous prévoyez utiliser votre camionnette comme deuxième voiture.

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