Chevrolet SSR, comme une auto miniature

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2005

Quand j'étais petit, on retrouvait (et on retrouve encore) sur le marché des centaines de modèles d'autos miniatures. Dans certains cas, on reproduisait avec fidélité des modèles existants. Mais dans d'autres cas, les créateurs avaient laissé aller leur imagination et on retrouvait sur les tablettes des modèles parfois tout à fait farfelus, parfois plutôt jolis, mais toujours avec un style unique. En les regardant, on ressentait le désir de les conduire tellement elles débordaient de personnalité. Conduire une SSR, c'est un peu mettre la clé dans une de ces autos miniatures.

On le présente comme une camionnette au style rétro. L'expression hot-rod serait plus juste, car pour appliquer la notion de camionnette à ce joli joujou, il faut joyeusement l'étirer. Bien sûr, il y a bien une boîte de chargement à l'arrière mais rien de comparable aux autres modèles.

Au contraire en fait, la boîte, comme le reste, a fait l'objet d'une attention toute spécifique. Recouverte d'un plateau rigide, elle est un véritable modèle de confort. Drôle de vision pour un espace de chargement, mais pourtant c'est vrai ! Le fond en est fini bois, et pour empêcher les moindres éraflures, on a apposé de longues rangées de coussins destinés à appuyer les objets. Rien à voir donc avec les pick-up traditionnels.

Concernant la silhouette, rien n'a changé pour le SSR qui en est à sa deuxième année d'existence. Sa forme trapue, son capot fortement arrondi et sa longue boîte de chargement lui confèrent définitivement une allure rétro qui demeure à la mode... et qui attire les regards. Surtout que certaines des couleurs disponibles comme le jaune éclatant ou le violet violent n'ont rien pour faire dans la discrétion.

À fond la caisse

Le SSR, c'est une véritable bête, même si au départ on ne le croirait pas. Tout a été mis en place pour obtenir des performances exceptionnelles, mais surtout un moteur V8 LS2

de 6,0 litres, développant 390 chevaux, une nouveauté en 2005. Avec un tel engin, il est un sérieux rival de performance aux F-150 Lightning et au Dodge Ram SRT10, deux camionnettes

déjà reconnues pour leur caractère plus sportif qu'utilitaire.

GM ne s'est pas cassé la tête pour améliorer le modèle 2005. On a plutôt utilisé le bloc moteur, directement issu de la Corvette C6, accouplé à une boîte automatique à 4 rapports. La boîte manuelle Tremec à 6 rapports, également empruntée à la nouvelle Corvette, est désormais disponible aussi sur le SSR. Avec cette nouvelle mécanique, ce véhicule, qui

avait commencé sa carrière comme un simple prototype présenté au Salon de Détroit en 2001, peut désormais, et dans la réalité, atteindre le 0-100 km/h en 5,29 secondes.

Et comme elle attire non seulement l'oeil mais aussi l'oreille, en raison d'un vibrant système d'échappement aux sonorités musicales mais pas du tout discrètes, on dispose de tous les ingrédients pour épater la galerie. Mais le message s'applique aussi aux policiers, alors gare à l'indiscipline, car vous serez vite repéré.

Le décor

Tant à l'extérieur qu'à l'intérieur, les designers Chevrolet ont vraiment voulu créer une bête unique. L'habitacle de cette camionnette deux places est d'ailleurs une belle réussite, malgré certaines contraintes.

On a, comme cela est de mise dans les voitures rétro, utilisé la couleur de la carrosserie pour l'appliquer sur certaines portions de la planche de bord, ce qui donne une allure tout à fait unique. Pour le reste, une bande d'aluminium brossé passe des portières, sur le volant pour traverser le tableau de bord en entier.

Les commandes sur le volant - gainé de cuir à la prise très confortable - sont très appréciées pour les ajustements de radio et d'ordinateur de bord. Quant au reste des commandes, elles sont facilement accessibles, et assez complètes. Dans une voiture de ce prix, le contraire serait tout de même étonnant.

En fait de comportement routier cependant, le SSR ne possède plus tous les avantages. Le centre de gravité est très haut ce qui le désavantage en matière de tenue de route.

Installé au volant, et malgré la puissance sous le pied, le sentiment de conduire un véritable pick-up se fait sentir, surtout quand on roule sur les routes bosselées du Québec. Les vibrations voyagent alors un peu trop dans la colonne de direction et vos mains ont tendance à absorber le choc plus que les suspensions. Suspensions qui sont d'ailleurs un peu trop dures pour être réellement confortables. Évidemment, de telles vibrations font ressortir de multiples craquements dans l'habitacle et dans la caisse.

La SSR, c'est non seulement une camionnette au look d'enfer, mais c'est aussi, et surtout, une décapotable. J'ai d'ailleurs personnellement préféré la conduite sans toit, et pas seulement parce que j'y paraissais mieux... Bizarrement, la voiture est plus silencieuse que lorsque le toit rétractable couvre l'habitacle. Le facteur éolien rend la randonnée extrêmement bruyante quand le toit est en place.

Détail intéressant, le mécanisme du toit est absolument génial. De voir ce toit rigide se diviser pour complètement disparaître à la verticale dans un caisson arrière est un spectacle en soi.

La camionnette SSR, c'est donc à la fois du style et des performances. En matière de style, personne ne pourra rester longtemps indifférent. Il suffit de voir les regards s'attarder sur nous quand on est au volant ! Quant aux performances, et malgré quelques craquements, elles sont de haut niveau. La SSR, c'est le hot-rod dont j'ai toujours eu envie.

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