Nissan Pathfinder, vestiges ?

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2003

Le Pathfinder a connu ses heures de gloire au milieu des années 1990. À cette époque, il était le véhicule Nissan le plus vendu au Canada. Non seulement il s'agissait alors de l'un des meilleurs produits fabriqués par ce constructeur, mais également l'un des meilleurs de la catégorie. Pour les pessimistes, cela signifie également que les berlines de la marque n'avaient pas tellement à offrir à cette époque. Cette domination s'est petit à petit estompée au fur et à mesure que la concurrence dévoilait des modèles plus modernes et plus élégants.

Sans vouloir jouer aux spécialistes des voitures anciennes, disons que c'est Nissan qui a été l'un des premiers à commercialiser des véhicules utilitaires sport dotés d'un certain style. Le premier Pathfinder est apparu à la fin des années 80 et a connu un succès immédiat. Une succession de révisions esthétiques et mécaniques en a fait un des leaders de sa classe. Mais dans la tourmente financière qu'a traversée Nissan au cours de la dernière décennie, les modifications n'ont pas été significatives. Les révisions subséquentes ont permis de maintenir ce modèle à flot, mais pas nécessairement de devancer la concurrence.

Tant et si bien que le Pathfinder devient de plus en plus vieillot. Malgré tout, comme un ancien champion qui nous laisse entrevoir de temps à autre des moments de génie, il possède toujours des qualités qui militent en sa faveur. Par exemple, son moteur V6 de 3,5 litres est encore dans le coup avec ses 250 chevaux, d'autant plus qu'il est associé à une boîte de vitesses manuelle à 5 rapports. Et contrairement à la plupart des boîtes du genre qui équipent d'autres VUS, celle-ci affiche le même raffinement que celle d'une automobile.

Et si vous êtes du genre à confier le passage des rapports à une boîte de vitesses automatique, vous serez ravi d'apprendre que celle à 4 rapports est aussi robuste qu'efficace. Par contre, elle retranche 10 chevaux à la puissance du moteur. C'est le prix à payer pour avoir adopté la loi du moindre effort.

Le reste de la fiche technique est également intéressant même si l'essieu rigide arrière paraît rétrograde. Cet essieu de type à liens multiples comprend des ressorts hélicoïdaux et des bras stabilisateurs. Il faut souligner de plus que ce véhicule est de type MonoFrame. Contrairement à ce qui est le cas avec un châssis autonome, tous les éléments sont soudés ensemble dans le but d'obtenir le confort d'une auto et la robustesse d'un camion. Ça, c'est l'opinion de Nissan. Nous verrons plus tard si c'est vrai.

Habitabilité rétro

Il est impressionnant de constater de nos jours à quel point les nouveaux véhicules possèdent une importante habitabilité par rapport à leur gabarit. Il n'y a pas si longtemps, le contraire était davantage la norme que l'exception. Le Pathfinder fait partie de cet catégorie. Revu plus ou moins modestement il y a un peu plus de six ans, il est trahi par un habitacle confortable, mais pas nécessairement très spacieux. D'ailleurs, il possède toujours certaines caractéristiques d'un aménagement intérieur d'une autre époque. Par exemple, si les sièges avant sont confortables, le dégagement pour la tête se révèle très juste dans les modèles équipés du toit ouvrant. Les places arrière permettent à deux adultes de s'y sentir à l'aise, mais l'arrivée d'un tiers parti ne sera pas la bienvenue. Enfin, la banquette arrière se rabat sans trop de problèmes, mais l'espace de chargement est l'un des plus petits de la catégorie. Soulignons au passage que la qualité des matériaux est bonne de même que la finition. Heureusement que les espaces de rangement pullulent et qu'une fiche 12 V est placée dans la soute à bagages.

Si les tableaux de bord des véhicules-concepts récemment dévoilés par Nissan sont très spectaculaires, celui de notre véhicule d'essai avait l'air de provenir d'une Lada tant la différence est grande entre le présent et le futur. Plusieurs modifications y ont pourtant été apportées l'an dernier. À défaut d'avoir su trouver un stylisme plus moderne, les concepteurs ont révisé certaines commandes tandis que les cadrans à fond blanc ou titane donnent un peu de relief à la présentation.

Hop ! Hop !

C'est surtout au chapitre du comportement routier que ce Nissan tout-usage ne peut masquer son âge. Sur une belle route en ligne droite, la suspension, bien que ferme, est adéquate et les bruits de roulement ne s'infiltrent pas dans l'habitacle. Par contre, le vent fait entendre sa présence à haute vitesse. Il faut également ajouter que les changements de voie sur la grand-route s'effectuent avec aplomb. Même le test d'évitement de l'orignal (un changement de voie subit) qui a déjà embarrassé Mercedes s'effectue sans problème. Même avec une remorque, le Pathfinder ne se fait pas prier pour atteindre sa vitesse de croisière, car le moteur offre un rendement supérieur à la moyenne. Le prix à payer est une consommation assez élevée et l'utilisation de carburant super, ce qui fait augmenter encore plus la facture d'essence. Enfin, soulignons que la direction est plutôt engourdie et son assistance mal dosée. Et comme le diamètre de braquage est assez important, les man?uvres de stationnement exigent une bonne dose de patience.

Malheureusement, les choses se gâtent davantage lorsque l'état de la chaussée se dégrade. L'essieu arrière se met à gambader et c'est très désagréable. De plus, si la route est parsemée de petites bosses, le véhicule semble flotter sur celles-ci, ce qui crée une sensation inconfortable. Assez robuste pour s'attaquer à des obstacles routiers, ce 4X4 peut être commandé avec le système à temps partiel à enclenchement à la volée ou avec une intégrale similaire à celle de l'Infiniti QX4. Dans les deux cas, le véhicule se débrouille avantageusement en conduite hors route.

Le Pathfinder n'est pas dénué de qualités. De plus, il offre une fiabilité supérieure à la moyenne. Il est cependant handicapé par une silhouette quasiment rétro et une habitabilité moyenne.

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