Mitsubishi Montero / Montero Sport, « capotant »

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2003

L'entrée en scène de Mitsubishi n'est pas banale. Attaquer le marché canadien avec une gamme complète de sept véhicules ne représente pas une mince affaire. Et comme le constructeur japonais a tenu, d'entrée de jeu, à s'inscrire dans tous les créneaux, il était clair que les camionnettes utilitaires sport allaient occuper une place de choix dans son plan de match.

Si l'Outlander constitue une nouvelle addition au sein de la gamme, les modèles Montero et Montero Sport ont déjà acquis une solide expérience. Ce qui ne signifie pas pour autant qu'ils constituent des valeurs sûres?

Nous nous sommes principalement attardés à l'imposant Montero, une camionnette un peu difforme, très large et plutôt courte. Une situation encore évidente dans le cas du modèle deux portes qui, fort heureusement, ne traversera pas les frontières canadiennes. Mitsubishi tend à le comparer à des modèles grand format comme l'Expedition de Ford ou le Toyota Sequoia, mais si vous voulez notre avis, elle n'a pas de compétition directe. Ses formes controversées, comme sa réputation d'ailleurs, en font une camionnette à part.

Trois rangées

L'habitacle nous est apparu vaste, surtout à l'avant. Le dégagement est illimité. Le Montero dispose d'une troisième rangée de banquettes, mais étrangement, l'espace pour la tête y est beaucoup plus restreint. Si cette banquette n'offre pas la polyvalence de celle d'un Acura MDX, on peut toutefois la retirer ou tout au moins la rabattre pour maximiser l'espace cargo. La cabine nous a semblé correcte, sans plus. Bonne note pour la qualité des matériaux proposés dans la version Limited. Les commandes sont bien placées, à la portée des doigts.

Le Montero fait camion, très camion. Le pare-brise, disposé à angle droit ou presque, défie les lois de l'aérodynamique. Et, on le verra plus tard, c'est l'agrément de conduite qui en souffrira.

Le plus dangereux

Au Guide de l'auto, on vous dit la vérité et on ne peut passer à côté de la très mauvaise réputation que s'est bâti le Montero depuis la réfection du modèle en 2001.

Le sérieux Consumer Reports, redouté par tous les constructeurs automobiles mais aussi utilisé comme référence par ceux qui en obtiennent une bonne appréciation, lui a décerné la pire des notes lors d'un test visant à évaluer sa stabilité. On connaît la vulnérabilité des véhicules utilitaires sport au capotage, vu leur centre de gravité très élevé, mais cette fois le Montero, soumis à un exercice de slalom sur circuit fermé, s'est avéré particulièrement instable, voire dangereux. Les images publiées dans une récente édition du magazine prouvent hors de tout doute que le Montero n'est pas le plus sécuritaire des véhicules tout-terrains. Au contraire, c'est le pire. L'organisme américain a d'ailleurs fait la recommandation suivante à son lectorat. « Si vous projetez l'achat d'un VUS, nous vous suggérons de rayer de votre liste le Montero, tant et aussi longtemps que le constructeur n'apportera pas les correctifs pour en améliorer la stabilité lors de man?uvres d'évitement. »

Ces tests ont été menés au volant d'un Montero 2001, mais depuis, Mitsubishi n'a pas modifié sa camionnette, prétextant qu'elle n'est pas un danger pour ses utilisateurs?

Que dire de plus du Montero qui, malgré ses défauts, est un vrai véhicule tout-terrain. Massive et corpulente, la camionnette est habile en condition hors route, appuyée par un dispositif électronique unique qui l'assiste dans ses montées et ses descentes.

Le moteur V6 de 3,8 litres (225 chevaux) procure des accélérations honnêtes, mais un peu plus de puissance, en reprises particulièrement, serait appréciée. La boîte de vitesses automatique à 5 rapports peut fonctionner en mode manuel grâce au système Sportronic. Pas mal.

En condition normale, le Montero se tire bien d'affaire. Sa suspension complètement indépendante assure un comportement routier sain, mais évidemment, vu les dangers de capotage, tous les excès sont interdits. Notre pire reproche sur la route ? Ce que le Montero peut être bruyant, mais bruyant?

Une version plus sportive

Le deuxième membre de la famille, le Montero Sport, se révèle plus civilisé et plus discret. Dans la lignée des Nissan Pathfinder et Toyota 4Runner, il paraît toutefois désavantagé lorsqu'on le compare à ces géants difficiles à ébranler. Sa construction dépassée (carrosserie non monocoque et essieu rigide à l'arrière) peut constituer un irritant même si le Montero Sport affiche un comportement plus agréable que son grand frère. Sa cabine est entre autres plus silencieuse.

Par contre, la banquette arrière est trop basse. Le seuil de chargement trop élevé exige par ailleurs des efforts soutenus lors de la manipulation d'objets lourds.

Le Montero Sport est animé par le V6 de 3 litres qu'on retrouve aussi dans d'autres produits de la marque. Son rendement est adéquat, mais on serait tenté de vous recommander le 3,5 litres optionnel inscrit au catalogue des versions XLS et Limited.

Mitsubishi a beau nous vendre son expertise dans le segment des camionnettes, la gamme Montero ne nous a pas convaincus. L'arrivée dans quelques mois du nouveau Endiavor, un concurrent direct, semble-t-il, du Ford Explorer, devrait nous donner un autre son de cloche.

Cette fois, Mitsubishi promet une camionnette adaptée aux critères du marché nord-américain, ce qui n'est pas le cas actuellement avec les deux variantes du Montero?

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