Jaguar XJ8 / XJR / Vanden Plas, cure d'amaigrissement

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2003

Après avoir consacré les dernières années à exploiter de nouveaux créneaux, avec l'avènement des modèles S-Type et X-Type, Jaguar oriente maintenant ses efforts vers la gamme XJ, véritable symbole de ce constructeur britannique. La nouvelle année marque ainsi un pas important dans l'histoire de cette berline anglaise alors que la 7e génération du modèle se pointera le bout du nez au printemps comme modèle 2004.

Dévoilée au cours des derniers jours de septembre au Mondial de Paris, la nouvelle XJ respecte ses origines, bien sûr. La ressemblance est là, toujours là. Et personne ne s'en plaindra. Son style ne se démode pas malgré le poids des années. Jaguar a beau être passée dans le giron de Ford, il reste au moins un petit quelque chose de britannique dans cette voiture. Cette Jaguar ressemble encore à une Jaguar.

Apparue en 1968 ? eh oui ! ?, la XJ a réussi, malgré tout, à traverser les tempêtes. Elle a toujours su imposer un certain respect, symbole de richesse, de chic et de bon goût. Mais il fut une époque, pas si lointaine, où il aurait été préférable de la regarder passer plutôt que de la conduire? tellement sa fiabilité était exécrable.

Jaguar reconnaît que cette période de misère lui a été néfaste, que son image en a pris un coup et que ces années noires lui ont fait perdre une clientèle pourtant gagnée d'avance.

Aujourd'hui, Jaguar repart à neuf, fouettée par les résultats obtenus par les autres modèles de sa gamme dans le plus récent sondage de J.D. Powers & Associates. Cette entreprise très sérieuse a souvent malmené la marque britannique, mais cette fois, elle vient de reconnaître ses progrès importants. Espérons que la nouvelle XJ suivra la tendance et fera oublier sa mauvaise réputation.

Allons, passons au présent, et voyons de plus près ce que Jaguar a de nouveau à proposer.

Si les formes de la XJ tardent encore à évoluer (les phares ronds sont maintenus, tout autant que le capot plongeant et son imposante bosse au centre), le reste se met au diapason des nouvelles exigences d'un marché qui n'accepte pas les compromis.

Tout en aluminium

Au c?ur de la refonte du modèle qui, incidemment, sera identifié au millésime 2004, figure sa construction en aluminium. Et la carrosserie et la plate-forme en sont fabriqués.

La XJ n'a jamais aussi bien paru face à ses concurrentes directes comme l'Audi A8 (remaniée elle aussi), qui fait aussi bon usage de l'aluminium. Grâce à ce matériau, la XJ vient, tout d'un coup, de se libérer de son plus grand tracas, le poids. Cet allègement de plus de 200 kilos lui fait, vous vous en doutez, le plus grand bien.

La XJ fait appel à une toute nouvelle technologie, une première, dit Jaguar : la caisse est réalisée par une méthode de rivetage et de collage. Des rivets perforants et des adhésifs époxy, selon une méthode préconisée en aéronautique, permettent d'assembler les panneaux emboutis et les pièces moulées en aluminium. Cette méthode renforce la robustesse et la durabilité de la caisse monocoque. Le châssis est non seulement plus léger (de 40 %), mais sa rigidité est augmentée de 60 % !

Dans le cas de la XJ, on ne parle plus de gros carrosse sans passion, mais d'une vraie voiture amusante à conduire? La gamme comptera sur les variantes XJ8 et XJR, toutes deux animées par le moteur V8 de 4,2 litres issu des ateliers de Ford. La XJ8 se verra confier la version atmosphérique qui produira 294 chevaux, soit quatre de plus que le modèle actuel.

La XJR, elle, promet des sensations encore plus vives, appuyée par la version suralimentée du V8 dont la puissance est fixée à 390 chevaux. Avec 20 chevaux de plus sous le capot et toutes les améliorations apportées à son châssis, il faudra le dompter ce félin? D'autant plus que vous pourrez la chausser de pneus de 20 pouces, si les 19 pouces d'origine (18 pouces pour la XJ8) ne vous conviennent pas.

Et c'est sans compter sur la contribution de la S-Type, avec laquelle la XJ partage désormais ses suspensions avant et arrière. Ces suspensions, à pneumatique, viennent parfaitement s'intégrer au concept à double triangulation avec pièces en aluminium.

Ajoutez à cela les nombreux dispositifs à assistance électronique, comme le contrôle de stabilité et le régulateur de vitesse automatique et de distance avec fonction Forward Alert, et vous avez là une voiture très perfectionnée qui éloigne enfin la XJ de ses origines. Enfin !

Un intérieur plus généreux

Quant à sa cabine, plus invitante, elle profite des dimensions accrues du modèle. La nouvelle XJ est plus imposante que sa devancière et ce, à tous les points de vue (longueur, largeur, hauteur et empattement). Cela rend son intérieur un peu plus spacieux et le confort comparable à celui de ses adversaires, A8, BMW Série 7 et Mercedes Classe S.

De cet habitacle, on retient également le fameux sélecteur de vitesses en J qui, à notre avis, n'a plus sa place. Jaguar maintient cette disposition dans sa nouvelle livrée malgré toutes les critiques dont elle a été l'objet. Le bois et le cuir sont encore très présents dans l'habitacle. De qualité supérieure, ils rehaussent le prestige du modèle. On dira ce qu'on voudra de Jaguar, cette marque a un quelque chose de particulier. Rouler en Jaguar, c'est pas pareil. C'est flatteur !

Mais cette fois, en plus, le nouvel exercice donne de sérieux résultats. La XJ nous montre sa face cachée. C'est comme si, 30 ans plus tard, on avait enfin réussi à exprimer tout son potentiel. Soudainement, l'agrément de conduite prend toute sa signification.

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