Dodge Caravan, de bons arguments, mais aucun décisif

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2003

Il y a déjà dix-neuf ans, l'Autobeaucoup révolutionnait le monde de l'automobile, et par le fait même, suscitait de nombreuses émules. Au fil de ses refontes, elle est demeurée la source d'inspiration et la référence de sa catégorie, mais rien n'étant éternel ici-bas, on peut se demander si elle est finalement rattrapée par la concurrence.

S'il lui reste encore de bons arguments à faire valoir, aucun de ceux-ci n'apparaît vraiment décisif. Le secret de sa réussite s'explique en partie par l'éventail de versions qu'elle offre au consommateur : deux empattements, deux moteurs, deux rouages d'entraînement, ainsi que par une interminable liste d'équipements. D'ailleurs, les nouveautés de cette année se résument presque essentiellement à un réaménagement du jeu des options.

Deux formats

La Caravan à empattement court et la Grand Caravan plus longue de 29 cm partagent la même hauteur, la même largeur, et permettent d'accueillir sept personnes. La Grand Caravan procure 6,4 cm de dégagement supplémentaire pour les jambes à la rangée intermédiaire et près de 15 cm à la rangée arrière. En termes de volume, elle est avantagée de 144 litres avec les sièges en place, et d'au-delà de 700 litres sans les banquettes arrière. On retient de ces chiffres que l'habitabilité de la Caravan convient pour papa, maman et les jeunes enfants, mais qu'elle devient potentiellement source de gêne à mesure que la famille grandit.

Offerte uniquement en traction, la Caravan se décline en versions SE et Sport qui proposent chacune deux ensembles d'équipement. Les prix imbattables que certaines publicités font miroiter reflètent le dénuement de la dotation de base : V6 3,3 litres un peu vétuste de 180 chevaux, boîte automatiques à 4 rapports (à l'inexplicable fragilité), freins à disque et tambour tout juste passables, pneus banals en taille 15 pouces, deux portes latérales coulissantes, deux banquettes, climatisation manuelle, et simple radio avec lecteur de cassettes. Au tableau des absents « indispensables » : le régulateur de vitesse, les assistances électriques, le lecteur CD et même le volant inclinable !

La Grand Caravan, à traction ou intégrale, se conjugue pour sa part en versions Sport ou ES regroupant un total de sept versions différentes. La Sport comporte à quelques détails près les mêmes accessoires que son homonyme côté Caravan. Cette fois, les « indispensables » sont de la partie, en plus de l'ABS et d'un ensemble Tourisme sport en option (vous avez bien lu, l'ensemble « sport » est en supplément sur les versions Sport) comprenant quatre freins à disque, des pneus de 16 pouces et une suspension Tourisme plus ferme que je vous recommande chaudement. Mais il faut se tourner vers la plus luxueuse ES pour obtenir les deux portes latérales motorisées et l'antipatinage. Cette version haut de gamme partage cependant avec la Sport à traction intégrale son V6 de 3,8 litres. Quant aux commodités appréciables que sont le pédalier ajustable et le hayon motorisé, il faut les commander à la carte. Cette année, le lecteur DVD peut aussi être ajouté en supplément dans la Grand Caravan. Bref, vous voyez le principe : une fois que vous vous êtes commis pour la Dodge, vous en avez encore pour des heures à potasser les brochures.

Fonctionnelle et civilisée

L'habitacle se raffine lui aussi au fur et à mesure qu'on délie les cordons de sa bourse. À l'avant, on trouve deux baquets à accoudoirs rabattables. Ils enveloppent bien les occupants, mais leurs formes épousent mal les personnes de gros gabarit. À l'arrière, les deux banquettes dispensent un confort très moyen, et vos passagers vous sauront gré d'avoir opté pour des baquets au milieu. La banquette du fond d'un seul tenant peut être remplacée par une de type 50/50 qui se rabat, se replie ou s'enlève grâce au système de roulettes Easy Out. C'est simple, mais madame risque de trouver l'opération un peu éreintante.

Pour le reste, la fonctionnalité des aménagements fait oublier l'aspect bon marché de certains plastiques. Parmi les trouvailles qui méritent une bonne note, mentionnons des crochets fixés au dossier du siège arrière pour recevoir des sacs à poignées, une console mobile se déplaÇant d'avant en arrière entre les deux rangées des baquets et, dans le coffre à bagages, un vaste boîtier compartimenté pouvant aussi servir de tablette.

Sur la route, les occupants jouissent d'un bon silence de roulement et ne ressentent pas trop les inégalités du revêtement. Bien que surassistée, la direction est rapide et précise, et les réactions prévisibles de la caisse rendent le voyage agréable à vitesse de croisière. Par ailleurs, même en version « Sport Sport », on se rend compte rapidement que cette fourgonnette n'est pas conÇue pour faire la course. Les freins manquent un peu de progressivité et les distances d'arrêt assez longues incitent à opter pour l'ensemble à quatre disques, même s'il faut plutôt regarder du côté de l'adhérence limitée des pneus pour expliquer ce phénomène. Notons que la Caravan se révèle plus agile et maniable que sa grande s?ur plus encombrante. Elle est également mieux servie par le V6 de 3,3 litres qui risque de peiner à la tâche dans une Grand Caravan à pleine charge. Le V6 3,8 litres de 215 chevaux et 240 lb-pi de couple fournit quant à lui des performances qui sont adéquates sans être transcendantes. Il serait temps de penser à des groupes motopropulseurs plus modernes.

En définitive, la Caravan/Grand Caravan possède encore les éléments nécessaires pour demeurer attrayante, mais elle n'est plus la première de sa classe, d'autant plus que si le passé est garant de l'avenir, sa fiabilité risque de poser encore problème. Dodge pratique cependant une politique ponctuelle de rabais qui améliore considérablement son rapport qualité/prix. (À lire, le match comparatif des fourgonnettes.)

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